Sauer, Jean, Gaspard (Gérard selon l’acte de naissance)
Biographie
Né (par erreur sous le nom de Sauren, Jean, Gérard) le 17 septembre 1793 à Loewenich, arrondissement d’Erkelenz, (Aix-la-Chapelle), fils de Sauer, Jacques et de Cüster, Anne, Catherine, son épouse. Forgeron. Le témoignage suivant sur sa vie avant la révolution de Juillet nous reste, ainsi parvenu : « Il y a environ cinq ans [1825, N.D.A] que le serrurier Sauer, demanda un passeport pour Paris, pour y chercher de l’ouvrage. Mais on le lui refusa ici, parce qu’on avait appris qu’il était marié et avait une famille, qui risquait d’être sans pain et sans ressources pendant son absence. Néanmoins, ledit Sauer se mit en route pour Paris avec sa belle-mère (ladite Catherine Hamacher), l’enfant de celle-ci et l’enfant de Sauer, nommée Anne, Catherine Sauer, qui était alors âgée de huit ans. Je crois ici devoir citer la déclaration faite par cette enfant, actuellement âgée de treize ans, devant le bourgmestre de Loewenich, relativement à cette circonstance et laquelle est littéralement ainsi qu’il suit : “Il y a environ cinq ans que je partis d’ici pour Paris en passant par Luxembourg avec mon père, Catherine Hamacher, épouse de mon grand-père (Jacques Sauer) et un enfant de ladite femme et nous logeâmes chez un certain cordonnier nommé Simon Schlossmacher, natif de cette commune de Loewenich, où nous demeurâmes trois semaines. Après ce temps, mon père y loua lui-même une maison et y établit un atelier de serrurier. Mais ce loyer lui devenant trop onéreux, il repartit avec moi et ladite Catherine Hamacher et ledit enfant de cette dernière en passant par Trèves pour Coblence où mon père obtint un passeport dans lequel il avait fait désigner ladite Catherine Hamacher et l’enfant de celle-ci comme son épouse et son enfant légitime. Après avoir reçu ce passeport, mon père se rendit à Trèves avec les susdites personnes et avec moi. Et, comme je demandais à retourner chez moi, mon père se rendit seul avec moi de Trèves à Ahrweiler, en laissant Catherine Hamacher avec son enfant à Trèves. Enfin mon père me quitta à Ahrweiler, sans que je puisse dire quelle route il a prise pour s’en retourner et pour moi, je me rendis seule d’Ahrweiler à Rheinbach, où je me présentai chez M. le conseiller de la province, qui me fit transporter par la gendarmerie et, de cette manière, je parvins, de brigade en brigade, jusqu’à Erkelenz et de là à Loewenich.” Je dois seulement ajouter que, […] sur la réclamation de la mère, je lui ai rendu sa dite fille. » A Paris, Sauer était forgeron et fut tué sur le coup le 28 juillet vers 20 h 30 alors qu’il combattait, armé d’un fusil, à la porte Saint-Martin. Le dossier des droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Sa femme reçut un secours provisoire, sauf justification était-il inscrit sur les listes, de quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le 6 août 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Benard, Pierre, Dominique (voir ce nom), né vers 1798, cocher de cabriolet, demeurant 3, rue de la Tour ; Michel, Jean (voir ce nom), né vers 1776, charpentier, demeurant 27, rue de la Goutte-d’Or ; Steyer, Simon (voir ce nom), né vers 1769, cocher de voitures de place, demeurant 201, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Leroux, Louis, Désiré, né vers 1800, conducteur de voitures dites favorites, demeurant à La Chapelle n° 37 ; Leblanc, Alexandre, Nicolas, né vers 1798, barbier, demeurant 4, rue Bellefond ; Fourneau, Vincent (voir ce nom), né vers 1793, cocher de cabriolet, demeurant 10, rue Marcadet à La Chapelle ; Lecor, Claude, Marin, né vers 1795, fruitier, demeurant 45, rue du Faubourg-Montmartre. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Sauer, Jean-Pierre (sic) et savoir qu’il a « concouru activement à la défense de la liberté dans les mémorables journées de juillet 1830 et qu’il a perdu la vie par suite de son dévouement puor cette noble cause ; qu’en effet ils l’ont vu le 28 dudit mois environ sur les 8 heures et demie du soir, armé d’un fusil, tomber en combattant, atteint d’un coup de feu qui lui a donné la mort à l’instant ». Il laissait un père, Sauer, Jacques, né le 24 juillet 1759 à Freyaldenhoven (Prusse) (bien à Freyaldenhoven dans son acte de baptême ; parfois mais par erreur à Loevnich) (lui-même fils de Saur, Jean [sic] et de Johuen, Anne, Christine, son épouse), veuf de Custer, Anne, Catherine (elle-même fille de Custer, Gérard et de Thelen Sybille), cultivatrice, décédée le 14 janvier 1814 à Loewenich, qui produisit un certificat d’indigence et d’incapacité de travail par suite de rhumatisme. Il fut pensionné et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes POURQUOI N’EST-IL PAS sur les listes des journaux? Les parents s’étaient mariés le 26 novembre 1791 à Loewenich ; sur l’acte de mariage Saur, Jacques (sic) Küster, Anne, Catherine (sic). Il laissait une veuve, Speen, Marie, Sybille, née le 17 octobre 1778 à Holzweiler (Aix-la-Chapelle en Prusse), qu’il avait épousée le 18 septembre 1815 à Hottorf ; sur l’acte de mariage, Sauren, Jean, Gérard (sic et par erreur selon un certificat de notoriété rectificatif) est indiqué comme né à Loewenich, département de Rhur, fils de Sauren, Jacques (sic et par erreur selon un certificat de notoriété rectificatif), serrurier-forgeron, et de feue Custer, Anne, Catherine, comme étant serrurier-forgeron et comme demeurant à Hottorf ; Speen, Marie, Sybille est indiquée comme la fille de feue Speen, Marie et comme étant journalière (servante dans l’acte de naissance de sa fille en 1815). Le mariage légitima la filiation de Anne, Catherine, née le 26 mars 1815 (sic dans l’acte de mariage). Elle reçut un secours de trente francs auprès de la mairie du (ancien) Vr arrondissement, et fut pensionnée. Il lui fut accordé (sous le nom de veuve Sauer, née Speen, Marie, Sibille) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes POURQUOI N’EST-ELLE PAS PENSIONNÉE sur les journaux ? elle est pourtant bien in Archives nationales F/1dIII/38 B. En 1831, un rapport de la préfecture de police précisait sur Speen, Marie, Sibille : « […] Demeure depuis deux ans rue du Faubourg-Saint-Martin, n° 201. […] La femme Speen a eu de son union avec Sauer six enfants, dont il ne lui reste qu’une fille de onze ans et demi, à l’existence de laquelle elle ne peut pourvoir qu’avec la plus grande peine. Cette femme est dans un état voisin de la misère, depuis la mort de Sauer […]. Elle tient une conduite irréprochable et est digne de l’intérêt de la commission. » Elle était illétrée et ne savait pas signer. Il laissait deux enfants : Anne, Catherine, née le 26 mars 1815 à Hottorf (Belgique) (bien le 26 mars 1815 dans son acte de naissance ; parfois le 28 mars 1815 ; le 21 mars 1815 à Loevenich en Prusse in Archives nationales F/1dIII/35 B) et Jean, né le 11 janvier 1822 à Loewenich vivaient encore. Ils furent pensionnés et il leur fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Küppers, François, Vyt, cultivateur à Loewenich, avait été nommé subrogé-tuteur des deux enfants. En 1832, Anne, Catherine et Jean étaient confiés à leur famille, sous la surveillance du bourgmestre de Loewenich. En 1835-1836, Jean était placé dans une maison d’éducation en Prusse. La belle-mère, Hamacher, Catherine fut l’objet du rapport suivant : « […] Ladite Catherine Hamacher est l’épouse du père du défunt et d’après les renseignements qu’on a reçus sur son compte c’est une femme sans mœurs, qui vivait, pendant son mariage, avec toutes sortes de mauvais sujets […]. » La veuve avait choisi Lameyer, Frédéric, interprète près la Cour de cassation et demeurant à Paris, pour la représenter ainsi que ses enfants dans les démarches à faire auprès des différentes commissions. Le nom de Sauer (J.-G. Sauer) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Sauer demeurait 201, rue du Faubourg-Saint-Martin (201, rue du Faubourg-Saint-Denis en septembre 1830 sur les listes du Constitutionnel mais sans doute par erreur) ; sa veuve, à Inmeraits (Belgique) ou trois fois 201, rue du Faubourg-Saint-Martin in Archives nationales F/1dIII/35 B ; son père, à Freyaldenhoven (Belgique) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, liste nominative des orphelins et listes nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ve arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 99-100 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-35 ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (en retard de production des pièces, est-il indiqué en face de son nom) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municiapale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (citée deux fois dont une fois avec la mention : Ne peut justifier du décès) et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Vr arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (douze veuves) et Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (30 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Ve arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 Ve arrondissement ; année 1839 Ve arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Sauer, Jean, Girard) idem F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ve arrondissement, veuves, orphelins et ascendants ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien Ve arrondissement) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85 (sous le nom de Sauer, Jean, Girard), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.