Schoen, Frédéric, Guillaume

Biographie


Né à Lissa (Pologne). Il servit dans le 3e régiment de lanciers polonais et se retira du service en 1816. Facteur de piano. Il fit parvenir à la Commission des récompenses nationales une lettre, le 2 juillet 1831, ainsi rédigée : « […] J’avais adressé à M. de Saint-Firmin, chef de la Commission des récompenses nationales, un mémoire en date du 26 mai, où je lui exposais que dans les glorieuses journées de Juillet j’avais combattu en véritable Polonais, il a combattu pour la cause de la liberté ! N’ayant reçu aucune réponse, je m’adressais à M. le général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales, qui jusqu’à ce jour ne m’a de même pas répondu. J’ose vous faire observer, messieurs, que le 28, j’entrai le troisième dans le corps de garde du Châtelet, après le désarmement des gendarmes, je fus un des premiers à l’Hôtel de Ville, et combattis toute la journée sur la place de Grève et dans les rues adjacentes. Le 29, je fus à la prise du Louvre et des Tuileries, et de là rue Saint-Honoré, et ne cessai de faire feu sur l’ennemi au coin des rues Richelieu, Rohan, de l’Echelle et toutes les rues contiguës. Je fus de garde toute la nuit et, le lendemain, en transportant les morts et les blessés, je fus atteint d’une pierre qui me blessa au pied gauche, ce qui m’obligea à me retirer pour me faire panser. Aussitôt ma guérison, quoique ouvrier, animé par le plus pur patriotisme et mon amour pour les Français, armé et équipé à mes frais, j’entrai dans la garde nationale, où jusqu’à ce jour je fais mon service avec le plus grand zèle dans le 1er bataillon, 1re compagnie de grenadiers, VIIe légion. Je n’avais jamais rien sollicité, n’ayant pas été guidé par un vil intérêt mais jaloux de porter la décoration de Juillet accordée aux braves, c’était la seule récompense que j’ambitionnais, espérant qu’elle ne me serait pas refusée ; mais trompé dans mon attente, ma demande est ensevelie dans l’oubli, n’ayant pas été jugée digne d’une réponse quelconque. C’est donc à vous, messieurs, qu’un Polonais, l’admirateur et l’ami des Français qui a combattu et exposé sa vie pour une si noble cause, ose avoir recours ; il réclame votre justice pour obtenir la décoration de Juillet ; la copie du certificat que j’ai eu l’honneur de vous remettre et dont l’original est en mes mains pourra vous convaincre que j’en suis digne. Cette noble récompense me rappellerait sans cesse que je dois être prêt au moindre signal à verser mon sang pour le salut de la France. Vous priant, etc. » Il lui fut répondu par la circulaire faisant valoir que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’il ne pouvait, en conséquence, pas être donné suite à sa demande. Il apostilla la demande que fit Delin, Jean-Baptiste, auprès du roi, en septembre 1830, pour obtenir une place de garde forestier. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Schoen, Frédéric, Guillaume, natif de Lissa en Pologne, facteur de pianos, demeurant rue de la Coutellerie n° 27, a pris les armes dans les glorieuses journées de Juillet pour le salut de la patrie et la défense de la bonne cause. Nous l’avons vu combattre vaillamment à la prise du Louvre auprès du jeune Trouvé (voir Trouvé, Jean-Baptiste, Simon, Théodore), qui tomba percé et criblé de balles ennemies à ses côtés et à ceux de son père, le sieur Trouvé (voir Trouvé, Charles, Antoine, Théodore), qui lui-même presque au même moment fut blessé d’un coup de feu. Ce brave Polonais, en transportant les morts et les blessés fut atteint au pied gauche d’une pierre, qui arrêta son ardeur guerrière ; mais à peine fut-il rétabli qu’il fit le service de garde national, s’étant armé et équipé à ses frais, quoique simple ouvrier, et depuis ce temps il continue son service avec le même zèle et la même activité. Cet intrépide défenseur de nos droits, guidé par son patriotisme et son amour pour les Français n’a jamais rien sollicité et n’a fait aucune réclamation quelconque. Le jugeant digne à tous égards d’être récompensé, nous nous faisons un devoir de solliciter pour lui la glorieuse décoration de juillet, qu’il a si dûment méritée en le recommandant avec instance à la bienveillance et à la justice d’un gouvernement qui apprécie et récompense les hauts faits et les actions d’éclat. » Signé, le 25 mai 1831 : Trouvé (voir Trouvé, Charles, Antoine, Théodore), demeurant 16, rue des Arcis ; Quillier (voir Quillier, Jean-Baptiste), demeurant 16, rue des Arcis ; Monnot (voir Monnot, Antoine), demeurant 11, rue du Plâtre-Saint-Avoye ; Poifol (voir Poifol, Pierre), demeurant 13, rue du Plâtre-Saint-Avoye ; Bildé (voir Bildé, Antoine), demeurant 28, rue de la Cossonnerie. Il demeurait 27, rue de la Coutellerie en 1830-1831. Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Delin, Jean-Baptiste, idem AA 413.

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