Schonen, Augustin, Jean-Marie

Biographie


Né le 12 février 1782 à Saint-Denis (Seine). Ancien carbonaro. Député. Il fut l’un des participants aux réunions de députés qui eurent lieu dès le 26 juillet (avec Delaborde, Perier, Vassal, Villemain, J. Lefebvre, Daunou, Bernard, Bérard, Bavoux, Chardel, Mauguin, Persil), au domicile de l’un ou de l’autre des députés. Chronique de juillet 1830 retrace ainsi son activité au début de la révolution de Juillet : « [Le 26 juillet, un peu avant 20 heures et la réunion chez le député Laborde] En même temps, il se tenait au bureau du National une assemblée d’électeurs, sous la présidence de M. Treilhard d’abord, et ensuite de M. Mérilhou, pour organiser le refus de l’impôt, presser et appuyer la résistance des députés, enfin pour voir s’il convenait de tenter la réorganisation de la garde nationale. M. de Schonen, qui s’y trouvait avant de se rendre chez M. de Laborde, prit impétueusement la parole, et dit : “Que le moment était venu de traduire en actions les principes qu’ils avaient proclamés jusqu’à présent ; qu’il fallait, au jour du danger, justifier le mandat qu’ils avaient reçu en des temps plus heureux, et repousser la force par la force.” Comme c’était un député, les électeurs, charmés de ces dispositions, l’applaudirent avec enthousiasme. » Membre de la commission municipale, l’un des plus compromis et des plus ardents selon Alexandre Dumas, ce fut lui qui, après la prise du Louvre, quand de Sémonville fut introduit auprès d’elle pour faire entendre les propositions de Charles X de révoquer les ordonnances et de nommer de nouveaux ministres, eut ces mots terribles, prononcés d’une voix ferme : « Il est trop tard !... Le trône de Charles X s’est écroulé dans le sang !... » Alexandre Dumas ajoute que, quand les négociateurs voulurent insister, Audry de Puyraveau renchérit : « Allons, allons ! assez comme cela, messieurs, ou je fais monter le peuple, et nous verrons ce qu’il veut ! » Et le 31 juillet, à l’arrivée du duc d’Orléans à l’hôtel de ville : « A l’hôtel de ville même, l’agitation était grande. Ce fameux gouvernement provisoire, si invisible d’habitude, s’était enfin matérialisé : Mauguin, de Schonen, Audry de Puyraveau, Lobau étaient antiorléanistes ; Lobau surtout, lui qui, la veille, refusait de mettre sa signature au bas d’un ordre, était furieux.

– Je ne veux pas plus de celui-ci que des autres ! s’écriait-il ; c’est un Bourbon !

M. Barthe, l’ancien carbonaro, était là ; il s’agissait de rédiger une proclamation républicaine : il s’offrit, prit une plume, et commença d’écrire.

Pendant qu’il écrivait, le général Lobau, de plus en plus exaspéré, s’approchait de M. de Schonen.

– Nous jouons notre tête, lui dit-il, mais qu’importe ! Voici deux pistolets, un pour vous, un pour moi... C’est tout ce qu’il faut à deux hommes qui ne craignent pas la mort ! » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. En 1831, il était procureur général à la Cour des comptes. Dans le récit que fit Godron, Auguste de sa propre participation aux combats de Juillet, il laissait les indications suivantes sur l’activité de Schonen : « [… Le 28] Nous arrivâmes cependant chez M. de Schonen, qui nous dit bien positivement qu’il était bien décidé, si quelque ancien général ne prenait le commandement à se mettre, lui magistrat, à la tête des mouvements populaires mais que dans tous les cas sa vie était la chose à laquelle il attachait le moins d’importance, qu’il fallait que de ces troubles jaillit une liberté pleine et entière. De là, nous nous rendîmes chez le général Lafayette, à qui je rendis compte de tout ce dont j’avais été témoin […]. » Il signa en faveur de Baudry, Auguste, Pierre le certificat suivant : « Une des premières personnes que nous avons vues à l’Hôtel de ville le 29 juillet était le capitaine Baudry, attaché au colonel Zimmer, commandant, en ce moment qui s’y trouvait et y donnant des preuves de zèle et de dévouement à la cause de la liberté. » Il signa, le 7 mai 183, le certificat suivant en faveur de Bonnellier, Hippolyte : « Je, soussigné, membre de la commission municipale provisoire de Paris, certifie à tous ceux à qui il appartiendra que M. Hippolyte Bonnellier a été nommé le 29 juillet dernier en arrivant à l'Hôtel de ville secrétaire adjoint de ladite commission et que, pendant le temps que j'ai exercé les fonctions de commissaire, c'est-à-dire depuis le 29 juillet à 2 heures de relevé jusqu'au 2 août suivant matin, jour où je suis parti pour Rambouillet avec MM. le maréchal Maison, Odilon-Barrot et Jacqueminot, la commission municipale a été satisfaite du zèle et du patriotisme de M. Bonnellier, qui l’a assistée dans la plupart des actes en sa dite qualité. » Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 16 mai 1831 à la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Teste (voir Teste, Charles, Antoine), qui fut l’un des témoins pendant le procès en janvier 1832 intenté contre les principaux membres de la Société des amis du peuple, et à l’issue duquel tous les accusés furent déclarés non coupables par le jury, répondit ainsi à la question de l’existence d’une organisation secrète de municipalité qui travaillait, avant 1830, au renversement de la dynastie déchue : « L’existence de cette municipalité m’était parfaitement connue, et cela ne doit pas vous étonner, puisque j’ai pris part à toutes les conspirations contre les Bourbons… Je connaissais aussi le règlement de cette organisation, et je me rappelle d’en avoir fait dans le temps diverses copies ; mais si vous vouliez vous assurer encore mieux de ce fait, vous n’auriez qu’à faire appeler et interroger en ma présence votre ancien collègue, M. le baron de Schonen, qui faisait partie d’une des municipalités et qui conspirait avec nous… Quant à M. Barthe, il était carbonaro et il défendait les carbonari quand ils étaient accusés. M. le président, il vous est très facile d’entendre M. de Schonen, et il ne pourra nier qu’il n’ait été maire du (ancien) septième arrondissement, où il s’était chargé d’organiser la municipalité occulte ; la manière dont il agit dans cette circonstance nous prouva bientôt qu’il ne méritait pas notre confiance. Ce qui fut encore plus évident pour nous, lorsque plus tard et comme par échange de confidence, il vint s’ouvrir à nous sur des projets qui répugnaient à nos principes. En effet, conspirateur à double main, M. de Schonen, qui conspirait avec nous pour la république conspirait en même temps, ou peu après, pour d’Orléans. » Nous empruntons au Nouveau Dictionnaire des girouettes la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Fils de Gaspard baron de Schonen lieutenant-colonel d’infanterie, chevalier de Saint-Louis et de Marie-Louise de Salis-Samade, l’un et l’autre d’origine helvétique et de familles très anciennes.

»Nommé, en 1808, juge-auditeur à la Cour d’appel de Paris, et en 1811 substitut du procureur-général près la cour impériale.

»“Adhésion des magistrats du parquet près la cour impériale, le 4 avril 1814. Pressés du besoin d’énoncer librement toute leur pensée, ils expriment en même temps leur vœu formel pour que la royauté héréditaire soit déférée au chef de la maison de Bourbon. Suivent les signatures parmi lesquelles, celle de M. de Schonen.” (Moniteur.)

»Cent-Jours. “27 avril 1815. M. de Schonen, substitut du procureur-général, est nommé avocat-général, en remplacement de M.Girod de l’Ain, promu à d’autres fonctions.” (Ibidem.)

»La seconde Restauration le suspendit et ne lui laissa que le titre de substitut; mais il fut créé conseiller en 1819. Plus tard, il suffit de l’énergique discours qu’il prononça sur la tombe de Manuel pour le signaler à l’attention des électeurs de Paris. En novembre 1827, il avait l’honneur de prendre place dans cette députation parisienne que Villèle et Peyronnet saluèrent par les fusillades de la rue Saint-Denis. On ne conteste pas plus à M. de Schonen son patriotisme d’alors, que son titre de baron de 1813.

»Pourquoi donc a-t-il renié les principes de Manuel ? Gendre de M. de Corcelles pourquoi est-il l’adversaire politique de son beau-père ? Une place de procureur-général près la Cour des comptes peut-elle changer à ce point un homme de cœur ? En 1827, sur la tombe d’un martyr de la liberté, il faisait jurer au peuple de défendre ses droits imprescriptibles, et aujourd’hui il s’étonne que le peuple ne soit pas satisfait de l’abaissement du cens à 200 f ! En 1827, il risquait son éloquence tribunitienne sous les pieds des chevaux de la gendarmerie, et aujourd’hui, colonel de la garde nationale il s’écrie tout radieux : Nous avons pincé soixante étudiants. Arrêtons-nous ! le cœur se déchire à l’aspect de l’une des défections les plus éclatantes du parti patriote. »

Il était procureur général près la Cour des comptes en 1831. Il demeurait 5, rue de Clichy (mais 5, rue du Colisée in Archives de Paris VK3 27) en 1831. Chronique de juillet 1830, Rozet, Paris, Barrois et Duprat, 1832, tome 1, p. 1àç-110 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, sixième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1868, p. 183 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Godron, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/81 Commission des récompenses nationales pour le département de Seine-et-Oise in dossier Bonnellier, Hippolyte ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baudry, Auguste, Pierre ; Chronique de juillet 1830, Rozet, Paris, Barrois et Duprat, 1832, tome 1, p. 6 ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832, p. 23-24 ; Nouveau Dictionnaire des girouettes, Nos grands hommes peints par eux-mêmes, pairs, hommes d’Etat, hommes de lettres, généraux, évêques, chansonniers, préfets, journalistes, statuaires, ministres, députés, ambassadeurs, vaudevillistes, etc., par une girouette inamovible, à Paris, Lerosey, libraire, Palais-Royal, 1831, p. 504-505. Voir Dubois, René ? l’adresse de Schonen en 1830 serait 5, rue du Colisée… ne consulter que si j’ai une confirmation de l’adresse.

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