Schopin, Henri, Frédéric
Biographie
Né le 12 juin 1804 à Lubeck (Allemagne). Peintre d’histoire. Nous empruntons au Dictionnaire des artistes de l’école française du XIXe siècle de Charles Gabet, les indications biographiques suivantes : « Peintre d'histoire et de paysages, […] élève du baron Gros. Il a obtenu, en 1829, une mention honorable au concours de l’Institut, et a remporté le prix de la demi-figure peinte, fondé par M. Latour. En 1830, il a également remporté le deuxième grand prix de peinture ; le sujet était Méléagre prenant les armes à la sollicitation de son épouse. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. On trouve cette note le concernant dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « S’est vaillamment battu pendant les trois glorieuses journées ; il a reçu à la main une blessure peu grave (tous ses voisins). » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Schoppin, Henri, Frédéric sur les listes du Bulletin des lois). Son nom (sous le numéro 882 et le nom de Chopin) est sur une liste alphabétique du (ancien) XIIe arrondissement de blessés qui comparurent devant le jury médical. Il sollicita, en 1840, la décoration de la Légion d’honneur. Sa demande était appuyée par Cambacérès, pair de France, et par le peintre Horace Vernet, dont Schopin affirmait que Vernet avait pour lui « une amitié de père ». Son dossier contient sur lui cette notice biographique extraite de l’Annuaire historique et biographique des souverains et de personnages distingués dans les diverses nations. Année 1844. A la Direction des Archives, rue Richelieu 95 à Paris, et ainsi rédigée : « Né le 4 juillet 1804 (sic). M. Schopin, né en Russie de parents français, fit ses premières études l’Académie des beaux-arts de Saint-Pétersbourg. Arrivé à l’âge de quinze ans à Paris, il entra dans l’atelier du baron Gros, il remporta successivement tous les prix et les médailles à l’académie de Paris, fut reçu cinq fois au concours pour le grand prix de Rome, eut la mention honorable en 1829, le second grand prix en 1830, et le premier grand prix en 1831. Il exposa pour la première fois, en 1835, au musée du Louvre, un grand tableau représentant les derniers instants de la Famille Cinci ; un second, Charles IX, sollicité par sa mère, signe le massacre de la Saint-Barthélemy ; un troisième, un Faune jouant avec sa chèvre ; le portrait de Jules Janin et une Albanaise auprès d’une fontaine. A la suite de cette exposition, il remporta la grande médaille d’or dite de première classe. Le premier tableau est dans le musée royal à Douai, le troisième, à l’Académie de Valenciennes. Il reçut cette même année la commande de trois portraits pour le Musée de Versailles, après quoi, il fut chargé d’agrandir de plus de trois cents pieds carrés de peinture les deux batailles de M. Horace Vernet (Fontenoy et Bouvines). L’année d’après, il reçut la commande de la Bataille de Hohenlinden, gagnée par le général Moreau, pour la grande Galerie des batailles, à Versailles. Il fit, cette même année, un épisode de cette bataille, et représentant le Général Richepanse chargeant l’armée autrichienne. Ce tableau est à Metz, ville natale du général. Il exposa, en 1837, un portrait en pied du prince vice-connétable Berthier et les Martyrs de Cilicie. Ce tableau, acheté par le ministre, est au musée à Nîmes. En 1838, il exposa au Louvre une grande toile représentant l’Extase de saint François d’Assises, acheté par le ministre pour la ville du Puy. La Prise d’Antioche, pour le Musée de Versailles. Une Nymphe endormie et le Jeu de la Morre, dans la galerie du comte de Pourtalès. En 1839, il mit au Louvre un grand tableau : la Vierge et l’enfant Jésus ; Charlemagne et Hildegarde (acheté pour la ville de Lyon) ; une Bergère endormie, à M. le comte de Pourtalès ; Saint Jean prêchant dans le désert. En 1840, il exposa une grande toile représentant Jacob, demandant à Laban sa fille Rachel pour femme (acheté par le ministre pour le Musée de Toulouse) ; il fut chargé cette même année des travaux de peinture devant orner une salle entière, dite de réception, à l’Hôtel de ville. Cette salle, des Saisons et des Eléments, est composée de trente-deux morceaux de peinture. En 1841, il fit Rebecca quittant sa famille pour aller rejoindre Isaac, son fiancé ; Rebecca arrivant chez Isaac ; Ruth et Boog. En 1842, il fut chargé de trois portraits en pied de l’archichancelier Cambacérès ; le premier pour la grande salle du Conseil d’Etat, le deuxième pour Versailles, et le dernier pour sa ville natale. En 1843, il exécuta un grand tableau représentant le Jugement de Salomon. Un Moïse sauvé des eaux ; Moïse protégeant les filles de Madian (ce dernier appartient à la reine des Belges) ; deux tableaux représentant Paul et Virginie. En 1844, deux sujets de Manon Lescaut, deux sujets des Mystères de Paris ; un Don Quichotte servie par des filles d’auberge et une Virginie au bain. Quatorze tableaux qui n’ont pas paru sont entre les mains des graveurs et seront exposés avec les planches terminées ; quarante-deux ouvrages sont déjà gravés et publiés d’après les œuvres de M. Schopin ; plus de vingt, lithographiés. Vingt-deux médailles en or et en argent sont les encouragements qu’il a obtenus jusqu’à ce jour. Il fut chargé cette même année de la décoration de la grande salle du tribunal de commerce à Rouen. Ce travail se composait de trois grandes pages représentant, la première, l’installation de la juridiction consulaire, la deuxième, la création de la chambre, et la troisième, la réception du roi des Français à l’Exposition de l’industrie en 1833 à Rouen. » On trouve dans les Souvenirs d’un médecin de Paris de Poumiès de la Siboutie, le témoignage suivant sur Schopin pendant l’émeute de juin 1848 : « Frédéric Schopin, un de nos peintres distingués, me disait que le 24 juin, ayant à la tête de sa compagnie attaqué une barricade, il se trouva seul au milieu des insurgés, qui le saisirent à bras le corps, le conduisirent derrière la barricade, le désarmèrent et lui enlevèrent son habit de lieutenant ; il allait être fusillé lorsque, s’adressant à un homme qui écrivait, placé à un bureau dans la rue : “Il me semble, dit-il, qu’on ne condamne pas un homme sans l’entendre. – Eh bien ! qui es-tu ? – Je suis Schopin, peintre d’histoire. – Es-tu marié ? – Oui, et père de quatre enfants, que ma mort jettera mourant de faim sur la rue. – On ne te fera aucun mal, tu resteras prisonnier ; ta femme saura que tu es en sûreté.” Peu d’instants après, la barricade fut emportée, et Schopin fut rendu à la liberté. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, en date du 5 août 1854. Il mourut à Montigny-sur-Loing le 21 octobre 1880. Il demeurait 213, rue Saint-Jacques en 1830 ; 5, rue de l’Est en 1831. Dictionnaire des artistes de l’école française du XIXe siècle de Charles Gabet, Paris, Vergne, 1831, p. 628 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Chopin) ; Archives de Paris VK3 29 (sous le nom de Chopin) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/S/4 Récompenses honorifiques ; Archives nationales LH/2485/76 ; Souvenirs d’un médecin de Paris, Dr Poumiès de la Siboutie, Plon et cie, Paris, 1910, p. 329.