Sempoil
Biographie
Etudiant en médecine. Il était l’un des fondateurs et des chefs de l’Association de janvier 1830, société républicaine créée par Fabre, Auguste, Danton, Jean-François, Divel, Amand, Adolphe, dont le commandement fut confié à Lafayette, pour répondre à un coup d’Etat dont on prévoyait que les libertés étaient menacées et pour préparer les mesures de défense contre ce même coup d’Etat quand il éclaterait. Il fut blessé de deux balles à la prise du Louvre (ou d’une balle morte, en passant sur le pont qui mène au Louvre dans le peu fiable et qui n’est que de seconde main Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen Age jusqu’à 1850). Morrhéry devait écrire au sujet de l’Association de janvier 1830 dans Réponse aux outrages et aux calomnies dirigées contre moi : « Au commencement de janvier 1830, prévoyant le coup d’Etat dont la liberté était menacée, et voulant organiser des moyens de défense contre les mesures sanglantes que préparait le pouvoir, quelques patriotes, parmi lesquels je citerai MM. Danton) (voir Danton, Jean-François), Sempoil, Divel (voir Divel, Amand, Adolphe), Guérin (nom à retrouver), tous combattants de juillet, arrêtèrent en commun avec moi le projet de former une association ayant pour but de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui. Nous fîmes à ce sujet des ouvertures à plusieurs généraux qui nous donnèrent de belles promesses, mais ne voulurent jamais rien entreprendre. Enfin M. Danton (voir Danton, Jean-François) nous proposa d’en parler à l’auteur de la Guerre nationale, qu’il connaissait particulièrement, M. Auguste Fabre, et il avait un titre bien glorieux encore, celui de frère du grand écrivain, de l’illustre patriote dont la France déplorera longtemps la perte, de Victorin Fabre. Nous acceptâmes. M. Danton lui fit part de nos desseins. On convint qu’il commanderait en second l’association, et qu’il nous mettrait en rapport avec le général Lafayette que nous choisîmes pour commandant en chef. MM. Danton, Sempoil et moi, promoteurs de cette société patriotique, en formions le comité supérieur. Seuls nous avions des rapports directs avec les deux commandants. En très peu de temps nos ventes se répandirent parmi les citoyens de toutes les classes, députés, militaires, ouvriers et étudiants. Je pourrais donner les noms d’un grand nombre de pompiers qui livrèrent leurs armes à leurs coassociés au moment du combat de juillet ; mais je crains d’être taxé d’indiscrétion ; et pour le même motif je passe sous silence le nom de plusieurs députés et d’un grand nombre de militaires. Qu’il me suffise pour le moment d’appeler en témoignage quelques-uns de mes compatriotes qui tous, moins les absents, ont pris une part active à notre révolution. Tels sont MM. Emile Lebreton (voir ce nom), Guilhem (voir ce nom), fils du député, et le brave Kersausie (voir Kersausie, Guillard de, Joachim, René, Théophile) qui, à la première nouvelle des ordonnances, insurgea le 4e régiment de hussards dans lequel il était capitaine. Faut-il ajouter à ces patriotes MM. Le Calvé (voir ce nom), de Saint-Brieuc, qui s’est si bien montré en juillet ; Martin (voir ce nom), Genest (voir ce nom), Boullé (voir Boulay, Séverin, Constant) de Saint-Malo ; Richard (voir ce nom), Bertrand (voir Bertrand, François), décoré de juillet ; Jules Bernard (voir ce nom), fils du député ; son père (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), maintenant conseiller en Cassation ; son oncle (voir ce nom), ex-préfet des Hautes-Alpes, et le malheureux Papu (voir Papu, Nicolas, François), de Rennes qui remplaça dans ma vente mon compatriote Sébilot (voir Sébillot, Pierre), maintenant médecin à Matignon ; enfin Mestivier (voir ce nom), Chauveau (voir ce nom), Henri, de Lavalle (voir ce nom) ; Potier (voir ce nom), de la Mayenne ; Barnio (voir ce nom, fiche à faire), de Pongibaud (voir Barnicaud, Jourdain, Antoine) ; Vimal (voir ce nom), de Clermont, tous les deux décorés de juillet ; Roger (voir ce nom), de la Vendée ; Bouvier (voir ce nom), du Jura et tant d’autres enfin qu’il serait trop long de nommer et qui se sont consacrés au triomphe de notre révolution. » Toujours dans son Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen Age jusqu’à 1850, Watripon rapporte au sujet de Sempoil : « [29 juillet] Sempoil, membre de la première vente, se trouvait au premier rang de la colonne qui s’avançait de la place de l’Odéon vers le Louvre. En passant sur les ponts, il fut atteint d’une balle morte à la poitrine. Dans la rue des Prouvaires, cette colonne fut lâchement fusillée par l’ordre d’un officier de la garde nationale (!! lire sans doute garde royale, N. D. A.), qui après avoir donné la main aux insurgés, commanda le feu inopinément. Ils se rallièrent néanmoins et parvinrent jusque sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois. Au moment où Sempoil entrait sur cette place, il fut renversé par la commotion d’une décharge, sans cependant être blessé. Reprenant ses forces, il se releva aussitôt, commanda le feu contre la colonnade, et soutint l’attaque jusqu’à ce qu’une balle qui avait frappé contre les grillages de l’église vînt se loger entre ses deux yeux, dans le sinus frontal, et le renversa évanoui. Sempoil fut aussitôt transporté chez son compatriote, M. Bernard (de Rennes) (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), député, qu’il connaissait particulièrement. On lui prodigua des soins, et comme il faisait entendre qu’on se battait pour la République, M. Bernard lui répondit : “Oui, mon cher Sempoil, cette fois, c’est pour la République.” Cinq jours après, M. Bernard se promenait dans les voitures du lieutenant-général et Sempoil était désigné comme suspect. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il devait adresser la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales le 14 avril 1831 : « La peine que vous vous êtes donnée de m’inviter trois fois à passer à votre jury me fait espérer que vous voudrez bien avoir la complaisance d’obtenir de monsieur le ministre de l’Instruction publique la remise des droits universitaires des inscriptions que j’ai à prendre et des examens qui restent à passer. Je pense, monsieur, que vous ne trouverez aucune contradiction entre cette demande et le refus que j’ai fait d’accepter la décoration, surtout lorsque vous saurez que les distinctions et les honneurs sont contraires à mes principes et, qu’en outre, je considère la remise que je sollicite comme un droit qu’a tout individu de ne pas payer ce qu’en bonne justice il ne croit pas devoir et je suis convaincu qu’en bonne justice aucun étudiant ne devrait payer de droits universitaires. J’ose aussi espérer que la publication qui a été faite dans plusieurs journaux des blessures que j’ai reçues devant l’Hôtel de ville et à la prise du Louvre me tiendra lieu du certificat exigé. » Il fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales du paiement des frais universitaires pour parvenir au grade de docteur en médecine. Il signa, le 5 août 1830, le certificat suivant en faveur de Boulay, Séverin, Constant : « Nous, soussignés, attestons que M. Boulay, Séverin, Constant a combattu pour la cause de la liberté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier et qu’il a par son dévouement et sa bravoure bien mérité de la patrie et de ses concitoyens. » Le Dictionnaire biographique de Maitron donne l’indication suivante à son sujet : « Désillusionné sans doute, peut-être mal remis de ses blessures, Sempoil s’exila aux Etats-Unis fin décembre 1831 avec un autre Breton, blessé trois fois en Juillet, Mahé. » Il demeurait 21, rue Monsieur-le-Prince en 1830. Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen-Age jusqu’à 1830, Antonio Watripon, précédée d’une préface par Louis Blanc, première partie 1815-1830, Paris, Michel et Joubert éditeurs, 1850, p. 128-129, 134, 150 ; La Revolution de 1830, et le véritable parti républicain, Auguste Fabre volume 1, p. LVII, 134, chez Thoisnier-Desplaces 1833 ; Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen Age jusqu’à 1850, Watripon, Paris, chez Michel et Joubert, 1850, p. 128-129, 135, 149 ; Biographie des hommes du jour, par Sarrut et Saint-Edme, Paris, chez Krabe, 1835, p. 92 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, ministère de l’Instruction publique, état de demandes de dispenses de droits universitaires, aussi état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Boulay, Séverin, Constant.