Sénéca, Achille, Henry
Biographie
Né le 31 août 1783 à Abbeville (Somme), fils de Sénéca, François, Emmanuel, marchand épicier, et de Buiret, Marie, Elizabeth, Victoire, son épouse. Ebéniste. Il fut blessé de cinq coups de sabre, deux à la figure, un à l’avant-bras gauche et deux à l’épaule, le 28 juillet rue Saint-Paul. Il reçut (sous le nom de Sénecat) un secours de cent francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Goubet, Nicolas, Joseph (voir ce nom), peintre en bâtiments, demeurant 55, rue de Charonne ; Motteau, Cyriaque (voir Motteau, Michel, Cyriaque), élève en médecine, demeurant 3, impasse Guéménée ; Juë, Edouard, Stanislas (voir ce nom), ébéniste, demeurant 20, rue Saint-Bernard. Ils attestèrent parfaitement connaître Sénéca, Achille, Henry et « savoir qu’il a été blessé de sept coups de sabre, au bras gauche et sur la tête, le 28 juillet rue Saint-Paul ». Le 9 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Gavot, Cyprien (voir ce nom), ébéniste, demeurant 84, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Frétigny, Cyr, Auguste (voir ce nom), menuisier, demeurant 68, rue de Charenton. Ils attestèrent parfaitement connaître Sénéca, Achille, Henry et, sur leur attestation, le maire certifia que Sénéca avait « à sa charge sa femme et trois enfants en bas âge, dont un est infirme ; que le père n’avait pour faire exister sa famille que le produit de son travail, ressource qui lui est enlevée en partie par suite de sa blessure ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 10 février, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme blanche (coups de sabre), l’un à la partie supérieure de la face dorsale, l’autre à la partie supérieure du bord cubital de l’avant-bras gauche ; deux autres à l’épaule du même côté, une dernière au front ; toutes cicatrisées sans infirmité, excepté celles de l’avant-bras gauche qui ont déterminé de la raideur, des douleurs et des difficultés permanentes dans les mouvements. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé (sous le nom de Séneca, Achille, Henri) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Brunet, Jean, « facteur à la poste aux lettres (sic), demeurant rue Charonne n° 105, et savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 ». Il comparut, le 12 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Chavignot, Jean-Baptiste et « savoir qu’il a été blessé place de l’Hôtel de ville le 28 juillet 1830 ». Il comparut, le 9 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Frétigny, Cyr, Auguste et « savoir qu’il a été blessé le 28 juillet rue Saint-Antoine ». De la même manière, il comparut, le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Frétigny, Cyr, Auguste et « savoir qu’il est sans fortune et qu’il n’a que son état pour vivre ». Il comparut, le 12 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Gavot, Cyprien « et savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 ». De la même manière, il comparut, le 12 avril 1831, devant le maire du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester connaître parfaitement Gavot, Cyprien « et savoir qu’il est sans fortune et qu’il n’a pour vivre que le produit de son travail ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Goubet, Nicolas, Joseph « et savoir qu’il a été blessé le 28 juillet 1830 place de l’Hôtel-de-Ville et le lendemain 29, rue Saint-Honoré ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Jue, Edouard « et savoir qu’il a été blessé par un coup de feu à la jambe le 28 juillet 1830 ». Il comparut, le 8 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Meunier, Louis, Joseph et « savoir qu’il a été blessé le 29 juillet 1830 à la caserne des cuirassiers, rue du Petit-Musc ». Il comparut, le 7 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Motteau, Michel, Cyriaque « et savoir qu’il a été blessé dans les journées de Juillet ». Il comparut (avec Meunier, Joseph, Louis et Frétigny, Cyr, Auguste [voir ces noms]) 12 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, pour attester parfaitement connaître Wiesser, Louis, Antoine et « savoir qu’il a été blessé le 3 août 1830, sur la route de Paris à Rambouillet ». Il signa, en août 1831, le certificat suivant en faveur de Peltier ou Pelletier, Louis, Michel quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés déclarent et se font un devoir sur l’honneur de rendre justice au sieur Louis, Michel Peltier (sic), ouvrier sur le port de La Rapée, domicilié rue de Bercy n° 27, quartier des Quinze-Vingts. Il est à notre connaissance que le 28 il s’est réuni à nous à l’Hôtel de ville pour repousser l’attaque de l’ennemi, que par son zèle et son dévouement il a contribué au désarmement des cuirassiers, au Louvre il a fait éprouver aux Suisses la valeur de son bras et l’usage de son arme. Plusieurs ont cédé à son intrépidité. Il est aussi à notre connaissance qu’il a montré un courage et un dévouement sans borne et qu’il a repoussé et abattu grand nombre d’assaillants au coin de la rue de Rohan. Au Châtelet, il a désarmé un garde royal malgré grand nombre d’assaillants qui voulaient s’y opposer. Le 28 et 29, il s’est porté sur tous les points et a déployé le même zèle et le même dévouement. Son exemple n’a pas peu contribué à ranimer le courage abattu. C’est une justice que nous nous plaisons à lui rendre. » Il apostilla la demande de secours présentée en juillet 1831 par Vautrin, François, Casimir, en certifiant qu’il y avait bien identité entre lui et le nom du médaillé Vautrin, Louis, François. Il signa, le 16 août 1831, le certificat suivant en faveur de Godard, Théodore : « Nous soussignons que M. Théodore Godard a combattu avec courage dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, qu’il y a constamment donné des preuves de courage, de modération et d’humanité ; de courage, en payant de sa personne partout où il y avait du danger ; de modération, en protégeant les ennemis qui imploraient protection ; d’humanité, en prodiguant des secours aux blessés, en aidant à les transporter aux ambulances et en payant des rafraîchissements à ceux des combattants qui en avaient besoin. Enfin, nous certifions qu’il s’est comporté de manière à mériter notre estime et notre considération pour la vie. » Il était l’un des décorés de Juillet signataires de la lettre, rédigée le 27 juillet 1831, afin de faire obtenir la décoration de Juillet pour Mannÿ François, et ainsi rédigée : « Dans les journées mémorables du mois de juillet 1830, au moment où tout bon Français se présenta pour requérir une liberté due à la grande nation (sic), nous avons reconnu le zèle, le courage du sieur Mannÿ, François, ex-militaire, qui constamment au milieu de nous, depuis le faubourg Saint-Antoine, où il demeurait alors, nous a constamment suivis et fait ses efforts pour réaliser le grand œuvre des Français ; soit dans la journée du 27 juillet sur la place de Saint-Antoine et l’Hôtel de ville, la prise du pont d’Arcole, comme le 28 au Palais-Royal (sic), et la rue Saint-Honoré (sic) et le 29 à l’investissement (sic) du Louvre et château des Tuileries […]. » » Si le désintéressement seul de Mannÿ, François l’avait empêché, selon ces décorés, de faire les démarches nécessaires devant la Commission des récompenses nationales, ils demandaient pour lui cette décoration que eux-mêmes portaient et dont ils le jugeaient digne. Il avait épousé Lepilleur, le 25 juillet 1809 à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris, avec laquelle il eut au moins trois enfants, dont une infirme dès sa naissance. Le 18 juillet 1831, il fut compris dans la liste des quarante-huit décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, désignés par le sort pour représenter le (ancien) VIIIe arrondissement aux cérémonies du premier anniversaire de la révolution. En 1837, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié, père de deux enfants en bas âge. Il est admis à l’Hôtel des Invalides, comme ancien militaire blessé et il exerce l’état d’ouvrier menuisier, mais il a très peu d’ouvrage et ses blessures l’empêchent de travailler. Sa position n’est pas heureuse. Il doit trois termes de loyer. Sa conduite est régulière. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838 et de vingt francs en 1839. En 1839, le chevalier Moithe avait apostillé ainsi sa demande de secours : « Je, soussigné, Moithe, principal locataire des maisons rue de Grenelle n° 156, certifie que madame Sénéca réside dans la susdite maison ; qu’elle est dans la plus grande nécessité ; que les blessures de son mari le retiennent à l’hôtel des Invalides ; que je lui ai déménagé me devant trois termes. Je lui ai délivré le présent pour qu’elle puisse obtenir quelque secours. » En 1841, la même administration ajoutait : « Il est resté sans occupation une partie de l’été et se trouve dans le besoin. Bonne réputation. » Cette même année, il avait en plus recueilli une jeune enfant âgée de quatre ans, qui avait perdu sa mère et que son père avait abandonnée. Il reçut un secours de quarante francs en 1841, de vingt-cinq francs en 1843, et de la même somme en 1845. Il demeurait 68, rue de Charenton en 1830-1831 (mais 1, rue Saint-Sébastien sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36 ; mais bien 68, rue de Charenton in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension) ; 156, rue de Grenelle au Gros-Caillou de 1837 à 1839 ; 68, rue de Charenton de 1841 à 1847. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 45 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 50 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 105 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 3e classe) ; Le Moniteur universel, 20 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/47 in dossier Brunet, Jean ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chavignot, Jean-Baptiste ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Frétigny, Cyr, Auguste ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gavot, Cyprien ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Goubet, Nicolas, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/59 in dossier Juë, Edouard, Stanislas ; Archives nationales F/1dIII/65 in dossier Many ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Meunier, Joseph, Louis ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Motteau, Michel, Cyriaque ; Archives nationales F/1dIII/75 ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Vautrin, François, Casimir ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Wiesser, Louis, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Godard, Théodore, idem AA 406 in dossier Peltier ou Pelletier, Louis, Michel.