Simon, François
Biographie
Porteur à la halle. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 31 mars 1848, il sollicitait en effet une distinction honorifique comme « ayant combattu dans toutes les affaires républicaines depuis 1830 jusqu’à ce jour ». Il joignait à sa demande la lettre suivante : « J’affirme, moi Jacquier, républicain de la veille, du jour et du lendemain, avoir vu se conduire en bon et loyal citoyen notre compatriote François Simon, porteur aux halles, demeurant 14, rue Galande, honnête et bon père de famille, qui malgré les instances de cette famille, six enfants et sa femme, au premier signal de ses frères en combat, courut dans leurs rangs. D’ailleurs toutes les fois que les braves et infatigables républicains risquèrent leur vie dans les années précédentes, Simon fut toujours présent à leurs combats : en 1830 dès le 26 juillet il était au Palais-National [lire le Palais-Royal, N.D.A.], le 27, barricadant la rue de l’Arbre-Sec, apportant les étaux de la halle à la viande pour renforcer la barricade. Enfin, il fut au fort des différents combats de Juillet. En juin [1832, pendant l’émeute républicaine des 5 et 6 juin, N.D.A.], il se battit contre le 12e léger, qui fit reculer les républicains, alors malheureusement peu soutenus. En avril [1834, autre soulèvement républicain, N.D.A.], Simon était rue Transnonnain et là tout le monde connaît l’infortune de nos frères du peuple. En mai [1839, autre soulèvement républicain, N.D.A.], il se trouva dans une assemblée marchant pour secourir leurs frères, même que son propre frère, Simon, fit trois mois de prison à Sainte-Pélagie. Enfin, Simon se battit dans les journées de février dernier. Le 23, place de la République (pas sûr... illisble), le 24 au matin il contribua à la prise de la caserne Saint-Victor et Mouffetard, où un municipal mit traîtreusement sa vie en danger. Quant à moi, ayant eu l’occasion de passer au poste du Petit-Pont de l’Hôtel-Dieu, je vis Simon, quoique accablé de fatigues, se maintenir toujours fidèle à son poste, voulant même m’accompagner en m’escortant le 24 au soir, chargé d’un mission importante à l’Hôtel de ville, venant de l’Ecole polytechnique. Je rappellerai aussi que Simon empêcha un marchand de vin de recevoir une balle car un mauvais citoyen le couchait en joue. Simon jusqu’à ce jour n’a pas réclamé, même en 1830, parce qu’alors il n’était pas malheureux et que tout citoyen, ajoutait-il, doit sa vie à sa patrie. Il est aujourd’hui père de six enfants et se trouve manquant [de tout] par suite de la crise commerciale. Il est toujours disposé à prêter secours à notre république mais je pense que le citoyen Simon est dans son droit, qu’il est de toute équité de lui accorder des secours affectés pour les hommes qui se sont généreusement battus et qui ne demandent qu’à soutenir leur famille et ménage, une vie dont la France peut avoir bientôt besoin. J’espère que nos dignes représentants actuels sauront apprécier la réclamation qu’est forcé de faire le citoyen susnommé. » Signé : Jacquier, Eus., demeurant 50, rue de la Harpe. Suivaient les apostilles de : Guillaume, demeurant 29, quai de Montebello ; Bonneville (voir Bonneville, Louis, Antoine), demeurant 28, rue Travers..., qui certifiait que Simon était présent avec lui à la barricade de la rue de l’Arbre-Sec et au Louvre. Suivait aussi l’apostille suivante, signée d’Hamard « enfant de Paris », qui précisait : « Je certifie que la copie est conforme car j’ai combattu avec le sieur Simon dans les barricades de la préfecture et du pont de l’Hôtel-Dieu, dont est témoin d’une balle qui m’a froissé le genou droit et même le coup parti j’ai sauté sur un homme de la troupe qui me couchait en joue et que j’ai désarmé. Après la bataille nous nous sommes rendus auprès du lieutenant-colonel qui était à notre tête. Alors nous avons été désarmer avec nos camarades la caserne Saint-Victor et caserne Mouffetard et de là le maire est venu nous trouver à la place du Panthéon dont nous reconduisîmes un escadron de cuirassiers et dragon, deux bataillons de troupe, un bataillon du 55e de ligne et un bataillon du 7e léger, que nous avons conduits à Lourcine avec leurs armes et que la cavalerie qui a entré dans la cour. Aussitôt rentrés le maire a demandé Vous me jurez de ne pas tirer sur la troupe ? Nous avons répondu que nous la respecterons mais s’ils bougeaient malheur, c’est la république que nous voulons. Et depuis j’ai mérité la garde illisible de Saint-Victor et engagé dans les Enfants de Paris. » Sa demande fut rejetée par la Commission, Simon ne s’étant pas présenté aux convocations de la Commission. Il était père de six enfants en 1848. Il demeurait 14, rue Galande (adresse où il est dit inconnu par la Poste) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 414.