Simon, François
Biographie
Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « Parti de Paris immédiatement après les événements mémorables de Juillet et retenu par mes affaires en province, plusieurs mois loin de la capitale, il ne m’a pas été possible de faire les démarches nécessaires pour être compris sur la liste des personnes portées pour les récompenses nationales. Aujourd’hui que, sur la réclamation d’un grand nombre de citoyens, vous voulez bien, messieurs, leur faciliter les moyens de faire valoir leurs droits méconnus, je prends la liberté de vous exposer qu’un des premiers à prendre les armes pour la défense de nos libertés, j’ai été aussi un des derniers à les déposer, après avoir combattu à la porte Saint-Martin, au Louvre et aux Tuileries, suivi le commandant Bacheville (voir ce nom) dans ses nombreuses excursions et enfin fait partie du camp de Rambouillet. Si tous ces faits, qui seront attestés par des témoignages dignes de foi peuvent me mériter, messieurs, votre intérêt, j’ose vous prier de vouloir bien me comprendre au nombre des citoyens réclamants sous vos auspices la décoration de Juillet comme l’unique récompense de leur dévouement et de la part réellement active qu’ils ont prise dans une lutte aussi sanglante qu’elle a été glorieuse et heureuse dans ses résultats. P.S. J’aurai l’honneur de remettre à la Commission le certificat du commandant Bacheville ainsi que celui de deux autres officiers, aussitôt qu’ils me seront parvenus [le certificat de Bacheville est absent du dossier, N.D.A.]. » Il joignait plusieurs certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, A. Plater, ancien capitaine de carabiniers au 15e léger, chevalier de la Légion d’honneur, atteste que M. François Simon, demeurant avec moi dans la même maison rue de l’Echaudé n° 6, faubourg Saint-Germain, l’a quittée dans la matinée du 27 juillet de l’année passée, armé d’un fusil, pour se réunir aux défenseurs de la patrie et n’a reparu un instant le lendemain dans son logis que pour se procurer de nouvelles munitions, qu’il avait épuisées. Je certifie en outre l’avoir revu dans la journée du 29 près du Pont-Neuf, suivant le quai et se rendant à l’attaque du Louvre, et l’avoir encore rencontré dans la même journée à l’entrée de la rue Mont-Blanc faire partie d’un nombreux détachement commandé par le capitaine Bacheville (voir ce nom) et se rendant (selon ce qu’il me dit alors) pour occuper la butte à Montmartre. » Signé, le 22 juin 1831 : Platers. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Daniel Zaborski, ancien capitaine de l’ex-7e de lanciers, chevalier de la Légion d’honneur, certifie, sur la réclamation de M. François Simon, que le 29 juillet de l’année passée, je l’ai vu armé d’un fusil à deux coups, se rendant à l’attaque des Tuileries avec plusieurs autres combattants. » Signé, le 16 juin 1831 ; Zaborski. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, N., F. Roger, médecin en chef de la Maison centrale des nourrices, rue du Temple n° 36, atteste qu’il est à ma connaissance que le nommé François Simon a pris une part très active aux combats qui se sont livrés au Louvre, aux Tuileries et dans la rue Saint-Honoré. Je certifie en outre qu’il est parti pour Rambouillet et que de retour de cette expédition il n’a cessé de faire les plus généreux efforts pendant huit jours pour concourir au maintien de la tranquillité publique. » Signé, le 3 juin 1831 : Roger, médecin. Suivaient les signatures de Delaunay (voir Delaunay, Clément, Prosper), demeurant 307, rue Saint-Denis, qui certifiait « que les faits détaillés dans cette pétition sont exacts » ; de celle de Rousseau, demeurant 305, rue Saint-Denis, qui certifiait avoir vu Simon, dans les journées de Juillet, « sortir de chez son frère en armes ». Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, déclare que M. François Simon s’est glorieusement conduit pendant les trois immortelles journées et que je l’ai vu prendre des munitions pour assister aux combats du Louvre et des Tuileries. » Signé : Masaurie, Esre en phie, demeurant 201, rue Saint-Honoré chez son frère. Le cinquième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur François Simon était à l’attaque du Louvre. » Signé : Lejoindre, demeurant 109, rue du Temple. Le sixième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants de Saint-Arnoult, arrondissement de Rambouillet, certifions avoir rencontré sur le route de Rambouillet à Saint-Arnoult, le 4 août 1830 de grand matin, M. François Simon, armé d’un fusil de munitions, et qu’il nous a dit être parti de la ville de Paris dans l’intention d’obliger Charles X à quitter Rambouillet. » Signé, le 18 juin 1831 : Melier, médecin ; Chagot, propriétaire. Simon apostilla, le 18 octobre 1830, la demande de Delaunay, Clément, Prosper, quand ce dernier déposa un dossier à la Commission des Réclamants afin de faire valoir ses droits comme combattant de Juillet. Il signa, le 3 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Marvy, Blaise quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits de combattant de Juillet auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie avoir rencontré le 28 juillet le nommé Blaise Marvy à l’attaque de la porte Saint-Denis. » Il demeurait 6, rue de l’Echaudé, dans le faubourg Saint-Germain, en 1831. Archives de la préfecture de police AA 383 in dossier Delaunay, Clément, Prosper ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Marvy, Blaise ; Archives de la préfecture de police AA 414.