Simon, Jean-Baptiste, Nicolas
Biographie
Né vers 1777 à Marle (Aisne). Serrurier. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa la lettre suivante à la Commission : « […] A l’honneur de vous exposer qu’aussitôt après les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, il a été dans différents endroits de l’intérieur travailler de son état, ce qui est cause que pendant longtemps il a ignoré que le gouvernement avait limité le temps pour donner des récompenses aux braves défenseurs de la liberté. S’honorant de faire partie de ce nombre, il croit et à juste titre, messieurs, quoique ses réclamations [soient] un peu tardives, ce qui provient seulement de n’avoir pas été à même de savoir ce qui se passait à cet égard. Il est persuadé que vous ne voudrez pas le priver de ses droits et il vient aujourd’hui avec confiance et les preuves les plus convaincantes vous exposer les faits ci-après. Savoir. Le 27 juillet 1830, il s’est occupé et accompagné de différents bourgeois, à faire dans les rues du Four, Dauphine et environnantes des barricades. Le 28 suivant, entre midi et 1 heure, accompagné du sieur Henri, Joseph Hulin (voir ce nom), décoré de la médaille, tailleur, demeurant rue Lafayette n° 6, à Paris et avec près de deux cents bourgeois, aidé à désarmer le poste de l’Abbaye ; il a même pris des mains d’un jeune homme un fusil parce qu’il ne savait pas s’en servir. Il a été obligé de couper les balles en quatre afin de pouvoir charger l’arme qui était d’un petit calibre. Nous avons renvoyé les militaires à la caserne et les prisonniers ont été mis en liberté. De là, tous ensemble et conduits par un homme que nous appelions notre capitaine aux lunettes (voir Prost, Claude, Marie, Frédéric), nous avons gagné le Pont-Neuf, où un poste du 5e régiment de ligne nous empêcha de le traverser. Nous fûmes obligés de replier sur le pont Notre-Dame, où nous avons encore trouvé une partie de ce même régiment qui voulait nous faire rétrograder mais nous le forçâmes et nous nous rendîmes la Grève par la rue de la Vannerie et nous avons, allant et venant dans les rues aboutissant à la place de Grève lâché quelques coups de fusil. J’ai vu plusieurs Suisses tués et à la fin du jour nous fûmes obligés d’évacuer par la force. Notre capitaine susnommé aux lunettes a été blessé à côté de moi ; les camarades l’ont transporté dans une maison et nous nous séparâmes. Le 29, vers les 7 heures du matin, nous sommes partis de Vaugirard avec les camarades d’Issy, de Vanves, de Grenelle, etc. au nombre de trois à quatre cents hommes et nous nous rendîmes à la place de l’Odéon, où nous nous trouvâmes plus de mille deux cents réunis. Là, il nous a été distribué des cartouche ; j’en avais douze et sous le commandement d’élèves de différentes écoles, nous nous rendîmes par les rues du Four, Grenelle et Saint-Germain à la caserne de Babylone. J’ai mis le feu à la porte et à la rue Mademoiselle un de nous a été tué à côté de moi. Je me suis rendu rue Plumet, où j’ai de nouveau bouché la porte de la caserne donnant ce de côté avec une paillasse, que j’ai trouvée, et j’ai lâché quelques coups de feu au moment où les Suisses cherchaient à faire une percée et nous les avons mis en fuite jusqu’aux boulevards. J’ai rétrogradé sur mes pas avec plusieurs de mes camarades et nous sommes entrés dans la caserne, où dans la cour nous avons vu des Suisses blessés, qui demandaient grâce. J’étais accompagné des sieurs Jendré, François, Claude, menuisier, demeurant à Vaugirard rue Copreaux n° 6 ; Raby, Pierre, Joseph, restaurateur, à Vaugirard rue de Sèvres n° 28 ; et de Maugon, ouvrier journalier, demeurant à Paris, rue Traverser-Saint-Germain n° 10. Voilà, messieurs, les faits réels et exacts et pour lesquels je demande pour ce que j’ai fait à être récompensé comme mes frères sauveurs de la liberté l’ont été. Je serai fier et satisfait d’être du nombre. » Sa lettre était apostillée par Hulin (voir plus haut) ; Mougon ou Mangon ou Mongon (il semble plutôt signer Mongon) ; Jendré ou Jindré, demeurant 6, rue Copreaux ; Raby, voltigeur de la garde nationale, qui certifiait avoir armé Simon d’un fusil le 29 et que ce dernier en avait fait usage. Il demeurait 63, rue de Sèvres à Vaugirard en 1831. Archives de la préfecture de police AA 414.