Simon, Marie, Auguste, Simon

Biographie


Né le 30 mars 1786 à Vincennes (Seine). Maréchal des logis au 10e régiment des hussards, congédié le 12 août 1814 à la chute de l’Empire, il reprit du service en 1815 au 2e régiment des corps francs de la Moselle comme lieutenant sous les ordres du général Gérard et participa à la bataille de Waterloo, où il fut trois fois blessé puis fait prisonnier par les Bavarois au passage de la Sarre à Sarrebruck ; conduit à la citadelle de Vesbourg, il s’évada le 12 août 1815 et retourna en France. Il s’établit loueur de cabriolets. F. B*** relata ainsi sa participation aux combats : « [rue de Fourcy, N.D.A.] Les pavés, les balles pleuvaient de toutes parts sur les soldats. Nous les voyons hésiter, ce moment me paraît favorable : “En avant, camarades ! m’écriai-je, ils sont à nous.” Je saute par-dessus la barricade. Un grand diable, en blouse bleue, ancien militaire, me suite de près, et vingt autres imitent notre exemple. Mon camarade et moi (et je crois un troisième avec nous) nous nous dirigeons sur le détachement le pistolet au poing. Notre audace atterre nos ennemis ; ils mettent bas les armes, nous nous mêlons à eux, nous leur serrons la main, nous nous embrassons, tout va le mieux du monde. » Il fit partie avec Villeret Antoine Médéric, Marzolff, Martrou, Pierre, Versigny François Michel, Chinouffre Charles, Perès Vincent, Hindenlang Aimé, Hérard-Devillier Denis Aimé Marie, Charles Henri Bernard, Mohler Jean-Louis, Renette Albert Pierre Marie et Manteau Lucien des treize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour les (anciens) Ve et VIIIe arrondissements. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut (sous le seul nom de Simon) un total de mille deux cents (!!) francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 4 octobre 1831, le certificat suivant en faveur de Benoist, Jean-Marie, quand ce dernier tenta de faire valoir, auprès de la Société des réclamants de la rue Bourg-Labbé, ses droits à une récompense honorifique : « Nous, soussignés, reconnaissons que le nommé Benoist, Jean-Marie, s’est distingué en brave citoyen dans les journées mémorables de juillet 1830, qu’à cet égard il mérite, comme nous, la récompense accordée aux braves. Nous attestons l’avoir vu combattre, armé d’un fusil, le 27 au soir à la Bourse, le 28 à l’Hôtel de ville, où son frère (voir Benoist, Jean, Brutus) a été tué à ses pieds, le 29 présent à la prise du Louvre et des Tuileries […]. » Le 7 septembre 1831, conjointement avec Thiellement, Pierre, Louis (voir ce nom), Kreuder (voir Krender, Henri, Louis), Audille (voir Audille, Louis), Falotte (voir Fallotte, Simon, François), Bonnin (voir Bonnin, Jean-Baptiste), Vicini (voir Vicini, Joseph, Albert), Petit, Armand (voir ce nom), il adressait la lettre suivante à Laborde, député de Paris : « Nous avons appris avec plaisir que vous étiez chargé près la Chambre des députés du rapport concernant les combattants de Juillet qui se sont rendus dignes de la récompense nationale en donnant des preuves de leur attachement pour le maintien de nos droits de citoyens, en s’opposant par la force des armes au parti contraire. Nous, décorés de la croix de ces trois mémorables journées, reconnus pour tels par la Commission chargée de recueillir les belles actions, nous soussignés, vous supplions de prendre pour agréable les observations qui nous paraissent mériter votre attention. Il est de fait, monsieur, que la Commission a été induite en erreur, qu’il y a eu beaucoup de décorés qui ont été blessés en combattant, d’autres qui l’ont été qui n’étaient que spectateurs, sans être munis d’armes. Enfin, on peut le dire et l’assurer il en est de ces décorés qui étaient absents de la capitale et d’autres chez eux, etc. Il serait bien dur, monsieur, de voir de ces individus profiter des dons patriotiques tandis que des braves en seraient privés, surtout après avoir encouru sans désemparer les plus grands dangers ; il en est parmi les soussignés qui ont reçu de légères blessures, qui ont commandé pendant ces mémorables journées, d’autres qui se sont fait remarquer par leur intrépidité. Il serait bien dur, dis-je, de ne pas participer à ces récompenses. Les blessés ne sont pas les seuls qui se sont rendus dignes de cette récompense nationale. Ceux qui ont tenu jusqu’à ce que la tranquillité soit rétablie ne doivent-ils pas être autant considérés (sic). Les soussignés, monsieur, ont l’espoir que vous prendrez en considération leur justes observations, qu’indistinctement ces récompenses seront partagées à tous les décorés qui les ont méritées en défendant la charte constitutionnelle et nos droits de citoyens, observant de plus que pour secours nous n’avons reçu que les vingt-cinq francs qui ont été donnés le 27 juillet dernier. Veuillez, etc. P.S. Les signataires observent qu’ils sont pères de famille et qu’ils ont un besoin extrême de secours. » En 1839, il était, selon les renseignements de police, depuis plusieurs années attaché au service des halles et marchés, en qualité de gardien et ne paraissait pas être dans le besoin ; « sa conduite est bonne », précisaient les mêmes sources. En 1844, toujours gardien aux halles, 30, rue du Marché-Saint-Honoré, il gagnait quatre francs par jour, était marié mais séparé depuis longtemps d’avec sa femme, et « assez bien famé sous tous les rapports ». Cette même année, il sollicita pour la première fois des secours, disant sortir d’une longue maladie et être le seul soutien d’une nièce restée veuve avec cinq enfants, dont l’aînée n’avait pas quinze ans. Il reçut quarante francs de secours en 1844, la même somme en 1846, et vingt-cinq francs en 1847. En septembre 1848, père de deux enfants en bas âge, sa femme sans ouvrage depuis cinq mois, et lui-même gagnant « beaucoup moins qu’avant les journées de Février », il sollicita des secours. La police donna alors comme renseignement sur son compte qu’il gagnait mille deux cents francs par an comme gardien du marché Saint-Honoré et ajoutait : « Marié, il vit en concubinage avec une femme dont il a deux enfants à sa charge. Du reste sa conduite est bonne. Sa position est gênée. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet, et de cinquante francs en 1851. En 1852, « dévoué à notre digne prince-président, et la preuve c’est qu’il n’a pas voulu servir sous les Bourbons, il sollicita des secours. Les mêmes sources administrativres renseignèrent sur son compte : « Des renseignements favorables sont recueillis sur son compte. Il a un enfant malade à sa charge et est obligé de faire beaucoup de sacrifices. Malgré son emploi, sa position est assez précaire. On peut continuer à ce vieillard le secours qu’il a reçu jusqu’alors. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, et de la même somme en 1853. En 1854, « dans une position plus gênée, plus triste que jamais », père d’un enfant en bas âge, « dévoué de cœur et d’âme à nos dignes empereur et impératrice », il sollicita un nouveau secours et obtint cinquante francs, puis quarante francs en 1855 et en 1856. Il demeurait 46, rue de la Roquette en 1831 (mais 48, rue de la Roquette in Archives de Paris VD3 1-2 et in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/15/2557-2559 et aussi in Trois journées d’un bourgeois de Paris. Juillet 1830) ; 30, marché Saint-Honoré en 1844 ; 8, rue Saint-Hyacinte-Saint-Honoré puis 51, rue Lemercier aux Batignolles en 1848 ; 51, rue Lemercier aux Batignolles de 1848 à 1852 ; 57, rue Lemercier aux Batignolles en 1852 ; 17, rue d’Orléans aux Batignolles en 1854 ; 21, rue du Vert-Bois en 1856. Trois journées d’un bourgeois de Paris. Juillet 1830, F. B***, officier porte-drapeau de la 9e légion, Paris, imprimerie de Dondey-Duprey, 1830, p. 12, 19 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 80 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement (sous le seul nom de Simon) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Benoist, Jean-Marie ; Archives de la préfecture de police AA 415 in dossier Thiellement, Pierre, Louis. C’est sans doute lui le capitaine la Blouse ?

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.