Simon, Pierre, César

Biographie


Né le 3 janvier1800 (mais en février 1800 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Paris. Compagnon maçon. Il travaillait dans la fabrique de Payen (voir Payen, Anselme) depuis 1828. Payen lui délivra, en date du 2 novembre 1830, le certificat suivant qui témoignait de sa participation aux combats : « Nous, soussignés, certifions véritable que le nommé Simon, Pierre, César a quitté ses travaux le mardi 27 juillet pour la défense de la liberté et, le 28, est venu prêter la main à barricader le pont de Grenelle, sous les ordres de M. Salmon. Le 29, il est allé avec une cinquantaine d’hommes faire partie d’un rassemblement à Vaugirard, où ils se sont réunis au nombre de cinq cents, se sont ensuite dirigés à la place de l’Odéon et à Babylone, où il a montré une intrépidité sans égale, étant un des premiers pour enfoncer les portes de cette caserne, à coups de haches et y mettre le feu ; il a en outre procédé à la prise de l’Ecole militaire ainsi qu’au Louvre et aux Tuileries et, le 30 au matin, est parti avec une quantité de braves pour Saint-Cloud et le lendemain prêter la main à enterrer près le pont de Grenelle une cinquantaine de braves qui avaient succombé dans les mémorables journées et qu’il est resté l’espace de trois jours et trois nuits consécutifs à les garder. » (Calle, Noël, Arsène a le même certificat délivré par Salmon, Louis… in Archives de la préfecture de police AA 376) Il eut le bout du pouce écrasé par un coup de crosse de fusil. A cause de sa blessure, il resta quelques jours après la révolution sans travailler. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Payen (voir Payen, Anselme) lui délivra en outre, le 7 juin 1831, le certificat suivant : « Je, soussigné, chimiste manufacturier, capitaine commandant la garde nationale de Grenelle, commissaire de la Commission des récompenses nationales pour le canton de Sceaux, certifie que le nommé Simon, Pierre, César a travaillé dans ma fabrique en qualité de compagnon maçon, depuis le mois de février 1828 jusqu’à la fin de mars dernier ; qu’il s’y est toujours bien comporté et que le manque de travail est le seul motif de son renvoi. J’affirme en outre qu’il s’est distingué dans les journées de Juillet, particulièrement à l’attaque de la caserne de Babylone, où il a été blessé ; qu’il s’est occupé les 30 et 32 dudit à enterrer les morts déposés à la tête du pont de Grenelle ; enfin que la Commission des récompenses nationales l’a placé sur ses états parmi ceux qui ont bien mérité. » Il reçut un total de cent quatre-vingt-dix francs de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 7 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par contusion à l’extrémité du pouce de la main gauche, attribuée par lui à un coup de crosse de fusil, blessure guérie sans difformité et sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la 1re classe des blessés auprès du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il apostilla, comme « blessé de Juillet », la demande présentée auprès de la Commission des Réclamants par Martinet, Ange, Marie, afin d’obtenir la décoration de Juillet. Il signa, comme blessé des trois jours, le certificat suivant en faveur de Calle, Noël, Arsène, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, sise rue Bourg-Labbé puiis rue Dalayrac : « Nous, soussignés, certifions véritable que le nommé Calle, Noël, Arsène a quitté ses travaux le mardi 27 juillet pour la défense de la liberté et, le 28, est venu prêter la main à barricader le pont de Grenelle, sous les ordres de M. Salmon. Le 29, il est allé avec une cinquantaine d’hommes faire partie d’un rassemblement à Vaugirard, où ils se sont réunis au nombre de cinq cents, se sont ensuite dirigés à la place de l’Odéon et à Babylone, où il a montré une intrépidité sans égale, étant un des premiers pour enfoncer les portes de cette caserne, à coups de haches et y mettre le feu ; il a en outre procédé à la prise de l’Ecole militaire ainsi qu’au Louvre et aux Tuileries et, le 30 au matin, est parti avec une quantité de braves pour Saint-Cloud et le lendemain prêter la main à enterrer près le pont de Grenelle une cinquantaine de braves qui avaient succombé dans les mémorables journées et qu’il est resté l’espace de trois jours et trois nuits consécutifs à les garder. » Il signa, le 5 septembre 1831 et comme « blessé de Juillet », le certificat suivant en faveur de Dreveaux, Jean, Henry, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Jean, Henry Dreveaux, domicilié à Javelle chez M. Salmon, était avec nous à la Grève le 28 juillet 1830, où il s’est comporté avec zèle et intrépidité pour la défense sacrée de la liberté, qu’il nous a suivis à la prise de Babylone et de l’Ecole militaire, où il fut un des premiers à s’emparer de la pièce de canon et à la conduire à Vaugirard, en conservant le même courage et n’a cessé de faire preuve des sentiments d’un bon patriote. » Il signa, le 5 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Petit, Jean-François quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions véritable que le nommé Petitjean-François (sic) a quitté ses travaux le mardi 27 juillet pour la défense de la liberté et le 28 est venu prêter la main à barricader le pont de Grenelle, sous les ordres de M. Salmon ; le 29 au matin, il est allé avec une cinquantaine d’hommes faire partie d’un rassemblement à Vaugirard, où ils se sont réunis au nombre de cinq à six cents, se sont ensuite dirigés à la place de l’Odéon et à Babylone, où il a montré une intrépidité sans égale, étant un des premiers pour enfoncer les portes de cette caserne à coups de crosse de fusil et y mettre le feu ; il a en outre procédé à la prise de l’Ecole militaire, ainsi qu’au Louvre et aux Tuileries ; et le 30 au matin est parti avec une quantité de braves pour Saint-Cloud et de là à Rambouillet, d’où il n’est revenu que le lendemain. » Il apostilla, en 1831, la lettre de Hemard, Louis, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants. Il resta dans la fabrique de Payen, comme compagnon maçon, jusqu’en mars 1831. Il signa, le 5 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Ratel, Jean-Baptiste et que cette dernière présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions véritable que le nommé Ratel, Jean-Baptiste a quitté ses travaux les mardi 27 juillet pour la défense de la liberté et le 28 est venu prêter la main à la barricade sur le pont de Grenelle, sous les ordres de M. Salmon (voir Salmon, Louis). Le 29 au matin, il est allé avec une cinquantaine d’hommes faire partie d’un rassemblement à Vaugirard, où ils se sont réunis au nombre d’environ cinq à six cents, sous les ordres de M. Constant (voir Constant, Georges, Jean, Louis), et se sont ensuite dirigés sur la place de l’Odéon et à Babylone, où il a montré une intrépidité sans égale, étant un des premiers pour enfoncer les portes de cette caserne à coups de crosse de fusil et y mettre le feu Il a en outre procédé à la prise de l’Ecole militaire ainsi qu’au Louvre et aux Tuileries, et le 30 au matin est parti avec une quantité de braves pour Saint-Cloud et de là à Rambouillet, d’où il n’est revenu que le lendemain. » En 1836, père de trois enfants, journalier, indigent, il vint habiter Chargey-lès-Gray (Haute-Saône) ; il reçut cette année soixante-quinze francs de secours. Le 12 juillet 1836, le maire de la commune de Chargey-lès-Gray lui avait délivré un certificat pour attester qu’il était venu habiter la commune, il y a avait environ quinze mois, venant de Paris et « dans un état d’indigence la plus complète à leur arrivée dans la commune ; et comme le travail journalier du sieur Simon n’a pu suffire à l’entretien de sa famille il en resulte qu’actuellement il se trouve dans la misère et n’a d’autres moyens d’existence que de réclamer les secours de la charité publique ». En 1838, il était ouvrier terrassier, et la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Le prix de son travail est son unique ressource. Il a une femme et quatre enfants en bas âge à sa charge ; il n’est pas marié avec cette femme, mais on assure qu’il a l’intention de l’épouser. Sa position est extrêmement malheureuse. Il est d’une très mauvaise santé. Sa condutie est régulière. » Il reçut un secours de trente francs en 1839. En 1840, il était retourné à Paris, était père de quatre enfants et toujours « dans une grande nécessité ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1843, les mêmes sources administratives ajoutaient : « Pauvre ouvrier maçon, dont les ressources ne peuvent suffire aux besoins de sa nombreuse famille. Il a quatre enfants, dont le plus jeune à neuf mois et l’aîné n’a que onze ans. Il est malade depuis six semaines et ne sera pas en état de reprendre ses occupations avant quelque temps. Le sieur Simon est, dit-on, digne d’intérêt sous tous les rapports. » Il mourut vers 1844, après être resté six mois alité, laissant sa veuve, Mathieu, Jeanne, Sophie, née le 2 février 1799 à Crépy (Oise), blanchisseuse, seule avec quatre enfants en bas âge et « dans une grande misère et sans aucune ressource » selon son logeur et selon les renseignements de police. Elle reçut un secours de quarante francs en 1844. En 1846, elle était inscrite au bureau de bienfaisance de Grenelle, et reçut quarante francs de secours. Cette année-là, le maire de Grenelle avait attesté que, blanchisseuse, elle « participait aux secours qui sont distribués pendant la mauvaise saison, d’octobre à avril [et était] dans une position extrêmement malheureuse, n’ayant pour subsister et faire subsister ses trois enfants que le produit de son travail journalier ». la même somme en 1848 et en 1849, cette année-là à titre de veuve d’un médaillé de Juillet. En 1851, elle était journalière à la Manufacture des tabacs, gagnait un franc par jour et la police rapportait sur elle : « On ne recueille que de bons renseignements sur la conduite et la moralité de la femme Simon. […] C’est une brave femme, digne d’intérêt et qui est dans le besoin. » Elle reçut deux ou trois secours de cinquante francs en 1851, en 1852, en 1853 et en 1854. En 1855, les même sources administratives précisaient : « Elle a deux enfants, une jeune fille âgée de onze ans, et un garçon âgé de seize ans ; ce dernier est un mauvais sujet, ne voulant pas travailler. La veuve Simon est ouvrière à la Manufacture des tabacs ; cette femme gagne un franc par jour, elle n’a que cette modique somme pour soutenir sa fille, trop jeune pour travailler. Cette femme est dans la misère ; c’est un acte de charité de venir au secours de cette malheureuse mère de famille. Dans le quartier qu’elle habite, elle passe pour une honnête femme. » Elle reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt francs en 1855, et deux de quarante francs en 1856. En 1857, elle était toujours dans la même « triste position, avec sa fille qui est atteinte de la poitrine, ne pouvant pas lui donner les soins ni même le nécessaire, vu qu’elle ne peut autant dire pas travailler. » Elle reçut deux secours de quarante francs en 1857, deux secours de la même somme en 1858, deux secours de trente francs en 1859, les mêmes sommes en 1860, trois secours de trente francs en 1861, trois secours de trente francs en 1862. En 1863, les mêmes sources administratives précisaient : « Ne possède aucune ressource personnelle. Elle est entièrement à la charge de sa fille, la dame Puhl, chez laquelle elle demeure depuis trois mois. Elle a travaillé pendant seize ans à la Manufacture impériale des tabacs ; mais par suite de l’affaiblissement de sa vue, a dû renoncer à ce genre de travail et se trouve depuis longtemps condamnée à l’inaction. Son gendre et sa fille gagnent ensemble trois francs et soixante-quinze centimes par jour ; ils ont des enfants et leur position est très précaire. Cette famille est représentée favorablement sous tous les rapports. » Elle reçut deux secours de trente francs chaque année entre 1863 et 1870. Simon demeurait à Grenelle en 1830-1831 ; à Chargey-lès-Gray (Haute-Saône) en 1836 ; 27, rue Croix-Nivert de 1838 à 1843 ; sa veuve 9, rue Letellier à Grenelle en 1846 ; 31, rue de la Croix-Nivert à Grenelle en 1849 ; 32, rue Mademoiselle en 1850-1851 ; 47, bd de Grenelle en 1852 ; 13, rue de Grenelle, une chambre de soixante francs par an, de 1855 à 1861 ; 14, rue Letellier en 1862 ; 25, bd de Grenelle chez sa fille en 1863 ; 10, rue Lelont de 1864 à 1865 ; 7, rue Ruelle ou Rouelle à Grenelle en 1865 ; 60, rue du Commerce en 1866 ; 11, rue du Marché en 1867 ; 16, passage de Grenelle de 1868 à 1870. Son dossier est aussi aux secours à divers titres. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 1re classe de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 91 (sous le nom de Simon, César, Pierre) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux, blessés de la 1re classe (sous le nom de Simon, César, Pierre) ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes ; Archives de la préfecture de police AA 369, Emploi d’une somme de 350 francs, provenant d’allocations non retirées par des décorés ou blessés de Juillet, exercice 1849, minutes 51-56, idem Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 376 in dossier Calle, Noël, Arsène ; Archives de la préfecture de police AA 386 in dossier Dreveaux, Jean, Henry ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Hemard, Louis, François ; Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Hubert, Martin, Pierre, Claude (où il atteste un certificat délivré en faveur de ces deux combattants) ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Martinet, Ange, Marie ; Archives de la préfecture de police AA 407 in dossier Petit, Jean-François ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Ratel, Jean-Baptiste.

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