Simon, Pierre, Noël

Biographie


Né le 30 mai 1782 à Chenevières (Seine-et-Marne), fils de Simon, Noël, domestique chez M. Didelot, et de Rodien, Marie, Jeanne, son épouse. Marchand de vin à la barrière du pont Saint-Maur, où « sans faire de bonnes affaires, il pouvait gagner sa vie », selon l’appréciation d’un ancien maire de la commune de Saint-Maur. Il partit de Saint-Maur pour Paris le 28 juillet et participa aux combats du faubourg Saint-Antoine. Il fut blessé d’un coup de feu qui lui traversa le côté droit de la poitrine et mourut des suites de sa blessure le 10 août suivant, à l’hôpital Saint-Antoine. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales des anciens VIIe, VIIIe arrondissements de Paris et par celle de l’arrondissement de Sceaux. Le 19 mars 1831, devant le juge de paix du canton de Charenton, comparurent : Lheureux, Alexandre, Gaspard, né vers 1798, entrepreneur de maçonnerie, demeurant à Saint-Maur ; Pinson, Charles, Hippolyte, né vers 1794, entrepreneur de maçonnerie, demeurant à Saint-Maur ; Lucot, Jean-Louis, Nicolas, né vers 1796, marchand de vin, demeurant à Saint-Maur. Ils attestèrent savoir que Simon, Pierre, Noël avait « reçu, le 28 juillet, en combattant ledit jour dans la grande rue du faubourg Saint-Antoine contre la garde royale une balle dans la poitrine ; qu’il a été transporté aussitôt après le combat à l’hospice Saint-Antoine, où il est mort le 10 août suivant des suites de cette blessure ». Simon laissait des parents, Simon, Noël, né le 25 février 1755 à Charency ou à Vesin (Moselle), domestique, et Rodien, Marie, Jeanne, née le 21 septembre 1764 à Chennevières, marchande de vins ; le père reçut sitôt après la révolution un bon d’habillement de trente-trois francs puis les parents furent pensionnés. Les parents présentèrent le certificat suivant : « Nous, soussignés, maire de la commune de la Branche-du-Pont-Saint-Maur, département de la Seine, certifions que M. Noël Simon, et dame Marie, Jeanne, Rodien, son épouse, jouissaient de dix actions de la tontine d’épargne 1re société, classe des jeunes, enregistrées sous les numéros 140.037 à 140.046, dont deux portant rente, savoir les numéros 140.037 et 140.042 sur la tête de Pierre, Noël Simon, leur fils, né le 31 mai 1782. Que ledit Pierre, Noël Simon ayant succombé à l’hôpital Saint-Antoine à Paris le 10 août dernier à la suite des blessures qu’il a reçues en combattant pour la cause des lois dans les glorieuses journées de juillet dernier, il y a lieu d’indemniser M. Noël Simon et la dame Rodien son épouse de la perte que leur fait éprouver la mort de leur fils et de tous les avantages que sa sortie aux tirages annuels des huit numéros portant rente pouvait leur procurer et de leur accorder une pension conformément aux articles 1 et 2 de la loi du 30 août 1830. » Il fut accordé à la mère par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 30 avril 1782 à Chennevières-sur-Marne ; sur l’acte de mariage, Simon, Noël, est indiqué comme fils de feu Simon, Jean et de feu Vadin, Elisabeth ; Rodien, Marie, Jeanne est indiquée comme fille de Rodien, Pierre, maître d’école, et de Fromencourt, Magdelaine, son épouse. Il laissait une veuve, Boisseau, Hippolyte, Emilie, Etiennette, née le 22 mars 1789 (bien le 22 mars 1789 dans son acte de baptême ; le 25 mars 1789 ; le 23 mars 1789 in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise) (elle-même fille de Boisseau, Charles, François, maçon, et de Versogne, Susanne, Clémence, son épouse), qu’il avait épousée le 26 mai 1812 à Villiers-sur-Marne ; sur l’acte de mariage, Simon, Pierre, Noël est indiqué comme né le 31 mai 1782 (sic), fils de Simon, Noël, bourgeois, demeurant 106, rue du Bac, et de Rodien, Marie, Jeanne, et comme étant marchand cabaretier ; Boisseau, Hippolyte, Emilie, Etiennette est indiquée comme ouvrière en robes. La veuve présenta le certificat : « Nous, maire de la commune de Branche-du-Pont-de-Saint-Maur, soussigné, certifie qu’il est à sa parfaite connaissance que le sieur Simon, Pierre, Noël, âgé de quarante-huit ans, domicilié en cette commune, est parti pour Paris le 28 juillet dernier pour se joindre aux braves qui combattaient dans ces brillants instants pour la cause de la liberté ; qu’à l’attaque du faubourg Saint-Antoine il reçut une balle qui lui traversa la poitrine et que, porté à l’hospice de ce nom, il y est décédé le 10 août courant par suite de cette même blessure. Certifions en outre qu’il laisse une femme et un vieillard de soixante-dix-neuf ans, son beau-père, sans aucune espèce de ressources si ce n’est un petit commerce de marchand de vin débitant dont il était la cheville ouvrière, ce qui fait que, vu notamment son dévouement à la patrie et que d’ailleurs il jouissait à juste titre de l’estime générale, je recommande spécialement sa veuve à la bienveillante équité de la Commission chargée de recueillir les renseignements pour subvenir au secours des veuves et orphelins de ces mémorables journées. » Signé, le 30 août 1830 : Brimon. Elle reçut soixante-six francs de secours après la révolution (aussi deux fois cinquante francs de secours à la mairie du ancien VIIIe arrondissement, le maximum possible selon le maire de cet arrondissement, la veuve ne dépendant pas de cet arrondissement ; aussi cinquante francs à Vincennes par M. Lezentel), puis qui fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et une enfant adoptive, Petit, Louise, Mélanie, née vers 1817 (pas vu ce nom sur les listes du Bulletin des lois), dont le père avait été tué vers 1820 et la mère restée dans la misère. Dans un certificat délivré en faveur de Frison, Jacques, Marie, Victor, on trouve cette indication concernant aussi Simon : « Nous, soussignés, déclarons que le sieur Frison était avec nous dans les trois mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, armé d’un fusil ; qu’il s’est beaucoup distingué dans la lutte que nous avons eu à soutenir contre les ennemis de la liberté. Nous certifions en outre que de cinq du même pays Billot département de la Haute-Marne, deux ont succombé dans le combat, les nommés Simon Noël, ancien officier de l’ex-garde de Napoléon et Paul, Marcel Bouvenot (voir Bouvenot, Paul, Marcel). » Le 24 juillet 1840, les restes de Simon furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Simon demeurait à Ormesson en 1812 ; à la branche du pont Saint-Maur en 1830 ; ses parents barrière de Saint-Maur en 1831 ; sa veuve, à Saint-Maur-le-Pont en 1831. Le nom de Simon (P.-N. Simon) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 14 ; Archives de Paris DM13 1, état nominatif des personnes domiciliées dans les cantons de Charenton et de Vincennes (arrondissement de Sceaux) qui ont succombé lors des événements de juillet 1830, soit sur la voie publique, soit à leurs domicile, ou dans les hospices de Paris, par suite de leurs blessures ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Frison, Jacques, Marie, Victor ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux, veuves, et ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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