Sorot, Guillaume
Biographie
Né le 20 mai 1802 à Chaillot (Seine) (mais à Paris in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main). Garçon maçon ou journalier (par erreur marchand de marée, sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main). Dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, il donnait le récit suivant de sa participation aux combats de Juillet : « […] Le 28, accompagné de trois autres de ses camarades, il a attaqué quatre gardes royaux qui leur ont rendu leurs armes, au bas de Chaillot. De là, ils se sont dirigés sur la barrière de Passy et en ont désarmé le poste. Entrés dans Passy, pour y réunir d’autres défenseurs, ils ont eu à essuyer le feu de la gendarmerie, commandée par le maire. Le 29, il a combattu sous le commandement de M. Destains, de Chaillot. Il a marché seul sur le 6e bataillon de la garde, placé aux Champs-Elysées, l’a attaqué en tirailleur et lui a tué trois hommes. Revenu de Passy avec ses camarades, ils firent près de quatre cents prisonniers. […] Après les fatigues de ces deux journées, n’a point quitté ses camarades. Il a resté dix jours à la caserne et a pris part au service que commandaient les circonstances. » Les faits étaient attestés par les signatures de Destains, Victor (voir ce nom) et de Canuet, Louis, Urbain (voir ce nom). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Dans une lettre que Denis, Lucien, Paul, Marie, le commissaire de police de Chaillot, adressa à la Commission des récompenses nationales, pour faire valoir ses propres droits à une récompense nationale, on trouve le concernant les faits suivants : « [Le 28 juillet] Les ouvriers de Chaillot ayant à leur tête Guillaume Sorot, ouvrier maçon, demeurant rue de Chaillot n° 25, aussi audacieux que mauvais sujet et contre lequel j’avais instruit plusieurs fois, venant de désarmer le poste des Bonshommes, voulurent fermer la barrière et se faire renforcer par les habitants de la commune voisine ; mais, là, l’autorité avait donné ordre de tirer sur les citoyens armés et plus tard on la vit elle-même venir faire ouvrir la barrière de Passy. » Sorot reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. En 1830, il était marié, père de deux enfants en bas âge et le soutien de son père. Il reçut sa médaille le 4 juillet 1831, et son brevet le 22 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1835, marié et père de trois enfants en bas âge, son vieux père à charge, sans travail depuis trois mois, sortant de l’hospice après une maladie longue et douloureuse, se trouvant « dans la position la plus critique », il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Marié, a deux jeunes enfants et son père septuagénaire à sa charge. Il exerce la profession de journalier. Son travail est son unique ressource et, comme il a été pendant six semaines sans occupation, sa position est des plus gênées. Il doit deux termes de son loyer. On dit du bien de cette famille, sous tous les rapports. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1835. En 1837, sans ouvrage depuis quatre mois, sa femme malade, père de deux enfants, son père à charge, il sollicita des secours. La police donna comme renseignement sur son compte qu’il était maçon, l’été, et que, l’hiver, il vendait des légumes dans les rues, ajoutant : « On n’a rien à lui reprocher sous le rapport de la probité mais sa conduite n’est pas très régulière : il s’enivre habituellement les dimanches et fêtes et, dans cet état, il est tapageur et cherche dispute à tout le monde. » Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1838, l’administration renseignait sur son compte : « Le faible produit de son commerce est son unique ressource pour faire subsister sa femme et ses deux enfants. Il est dans une position très gênée. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de trente francs en 1839. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1839 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Son nom est inscrit sur une liste de décorés de Juillet appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Il reçut un secours de trente francs et un autre de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, dans l’impossibilité de travailler, par suite d’une chute sur la glace, qui lui avait provoqué un engorgement inflammatoire du genou, « réduit à la plus affreuse misère », il sollicita un secours et obtint vingt-cinq francs. En 1842, sa femme était blanchisseuse et il ne paraissait pas malheureux, selon les mêmes sources administratives ; il reçut pourtant un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs pour cette année-là, un de quarante francs en 1844, de quarante francs en 1847. En 1848, il sollicita de nouveau des secours, précisant dans sa demande : « J’ai combattu en juin 1848 dans les rangs de la garde nationale pour la cause de l’ordre […]. Pendant trois jours de combat, j’ai toujours été sous les armes. Un de mes fils a reçu à la main une blessure qui le met hors d’état de pouvoir travailler. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1851, les mêmes sources de police rapportaient : « N’est pas heureux n’ayant pas d’ouvrage de son état ; il vend des légumes dans la rue, afin de pourvoir à l’existence de sa famille. Sa conduite morale et politique est à l’abri du reproche. » Il reçut un secours de soixante francs en 1851. En 1852, toujours selon les mêmes sources, ses deux fils lui venaient en aide, il tenait une « bonne conduite » et était « digne de la bienveillance de l’administration ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, au titre de médaillé de Juillet. En 1857, les mêmes sources renseignaient : « Exerce l’état de garçon maçon. Pendant la saison d’hiver, il vend des quatre-saisons. Sa femme est blanchisseuse et gagne dix francs par semaine. Le sieur Sorot manque d’ouvrage depuis trois mois et se trouve momentanément dans une position précaire. Sa conduite morale et politique ne donne lieu à aucune remarque défavorable. Ce pétitionnaire paraît digne de quelque intérêt. » Il fut condamné à dix jours de prison le 22 juillet 1824 pour rébellion, et conduit aux Madelonnettes le 6 mars 1840 pour vol, renvoyé par jugement du 5 mai suivant. A partir de 1858, les secours lui furent supprimés « condamné plusieurs fois, même pour vol » était-il apostillé sur son dossier. Sorot demeurait 25, Grand-Rue à Chaillot en 1830-1835 ; 7, rue de Longchamp à Chaillot (mais 9, rue de Chaillot in Archives de Paris VK3 25 référence Décorations de Juillet 1837) en 1837 ; 18, Grande-Rue à Chaillot en 1839 ; 18 bis, rue de Chaillot en 1840 ; 16, rue de Chaillot en 1841 ; 18, rue de Chaillot en 1842 ; 47, rue de Chaillot en 1847 ; 45, rue de Chaillot (pourtant 47, rue de Chaillot en 1850 et en 1851 deux fois in Archives de la préfecture de police AA 369 mais une fois 45, rue de Chaillot dans la même référence) de 1848 à 1853 (pourtant 18, rue de Chaillot en 1849 in Archives de la préfecture de police AA 369) ; 12, rue du Bouquet-de-Longchamp de 1854 à 1858 ; 12, impasse du Bouquet-de-Longchamp en 1861. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831, idem liste des médaillés du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet, idem même référence une liste, établie en 1840, de décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement, et appelés à recevoir une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), en 1840 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution ; Archives de Paris VK3 52 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 (sous le nom de Sauve, Guillaume) ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.