Soudée père
Biographie
Marchand de vins, patenté,. Il présenta une demande, conjointement avec Baillard fils, Soudée fils, Thorin, Gaulthier père, Gaulthier fils, et Lemonnier, afin de faire valoir leur conduite pendant les journées de Juillet et d’obtenir la récompense que la Commission des récompenses jugerait bon d’accorder. Cette demande était ainsi rédigée : « Les soussignés Baillard fils, marchand de vins, rue de Sèvres, n° 9 ; Soudée père, aussi marchand de vins, rue de Sèvres, n° 32 ; Soudée, son fils, marchand de vins ; Thorin, marchand de vins rue de l’École Militaire, n° 17 ; Gaulthier, ancien notaire, ex-militaire de la garde impériale, rue de Sèvres, n° 35 ; Gaulthier, son fils, âgé de seize ans ; et Lemonnier, marchand charcutier, rue de Sèvres, n° 25.
»Tous habitants de la ville de Vaugirard.
»Ont l’honneur de vous exposer qu’ils ont concouru à la gloire des mémorables journées de Juillet, combattu particulièrement à la place de l’Odéon, à la caserne de Babylone et à l’Ecole militaire, que le fait qui pourrait leur donner [le] plus de droits aux récompenses nationales est celui-ci :
»Le 29 juillet au soir, les militaires et les différents corps de la garde refugiés à l’Ecole militaire en firent fermer toutes les issues, dans l’intention de se défendre. Assaillis de différents côtés par nous et nos concitoyens faisant feu à travers les grilles, ils abandonnèrent une pièce de canon et un caisson et prirent le parti de sortir sur trois rangs par le boulevard extérieur. Nous fûmes à leur rencontre au nombre de trente environ et nous nous élançâmes sur la colonne en la sommant de se rendre. Elle tira spontanément ses armes en l’air aux cris mille fois répétés de Vive la Charte ! Vive la liberté ! promettant de ne plus résister à ses défenseurs. Cette colonne défila devant notre faible groupe, prenant la direction du pont de Sèvres et nous laissa maître de l’Ecole militaire, où nous trouvâmes encore environ une douzaine de soldats, que nous avons désarmés. Nous distribuâmes aux défenseurs de la liberté les cartouches qui se trouvaient dans le caisson et nous emmenâmes la pièce de canon, qui était chargée à mitraille, au maire de Vaugirard.
»Ce ne sont point des récompenses pécuniaires que les soussignés entendent réclamer mais bien toute autre dont la Commission pourra les juger dignes.
»Ils vous prient de croire à leur inviolable attachement pour les libertés publiques, consacrées par la Charte et à leur amour pour l’auguste et brave souverain que nous possédons. Ils ont l’honneur, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIVe arrondissement. On trouve mention de Soudée père, dans une arrestation opérée contre Contesenne, Isaac, Justin, le 24 février 1834, dont il fut l’objet avec Contesenne, Joseph (voir ce nom), et qui fut l’objet du procès-verbal suivant : « Hier matin, les deux susnommés entrèrent dans le cabaret du sieur Dantant, rue du Quai-d’Orsay à Vaugirard, et se mirent à chanter deux refrains de chansons ainsi conçues : l’un En avant braves chiffonniers, Marchons les premiers, Braves chiffonniers, Marchons à la victoire ; et l’autre Philippe a trahi son serment, Ce n’est plus notre roi, Ce n’est plus qu’un tyran, Aux armes, vengeons-nous ou mourons. La garde nationale ayant été requise, Isaac fut arrêté et son camarade prit la fuite. Ils s’étaient présentés auparavant chez le sieur Soudée, marchand de vins, rue de Sèvres n° 32, membre du conseil municipal de Vaugirard, envers lequel ils s’étaient livrés à des injures et des menaces. Isaac se disait agent secret de la police et menaçait le sieur Soudée qu’il le lui paierait vingt-cinq francs la livre. Interpellé, l’inculpé a nié tous les faits qui lui sont reprochés et a dit que l’individu qui l’accompagnait était son beau-frère. » Le maire de Vaugirard devait donner l’avis suivant sur la conduite de Contesenne, avis qui mentionnait encore Soudée : « La conduite du sieur Contesenne est d’autant plus reprochable qu’elle a excité le mécontentement parmi la garde nationale. Cet homme qui se dit républicain et agent secret de la police, connu ici pour un mauvais sujet et à craindre, mérite une punition sévère. Il vous sera réclamé par sa famille, qui est déjà venue ce matin, mais il mérite une sévère punition illisible. M. Sudée, membre du conseil municipal, homme recommandable par sa conduite et ses mœurs, a été indigné de la conduite de ce misérable. » Soudée demeurait 32, rue de Sèvres à Vaugirard en 1830-1834. Archives de Paris VK3 41 ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossier Contesenne, Isaac, Justin.