Soulé, Joseph

Biographie


Né le 25 février 1807 à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Etudiant en médecine. Dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, il relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 27 au soir, peu après la fusillade de la rue Saint-Honoré, je me rendis avec deux jeunes gens chez le général Lafayette pour lui demander ce qu’il fallait faire. Sur son avis, nous nous dispersâmes dans les faubourgs de Paris, pour engager les gardes nationaux à prendre les armes ; je choisis le faubourg Saint-Marceau.

»Le 28, vers les 10 heures du matin, je me trouvais en armes à la place du Châtelet, où nous essuyâmes les fusillades des gendarmes à pied et les charges des gendarmes à cheval. Vers midi, je revins au faubourg Saint-Marceau, d’où je ne tardai pas à repartir avec quelques autres personnes, dont le nombre augmenta en chemin. Arrivés à la place de l’Odéon, nous nous réunîmes à un détachement formé en partie de gardes nationaux, qui nous guidèrent vers l’Abbaye. Nous les quittâmes peu après et notre détachement se porta à la place Maubert pour désarmer le poste. Il fut trop tard. Je conduisis la petite troupe à la caserne de vétérans, rue du Jardin-des-Plantes, j’entrai le premier et ces vieux soldats, sur notre sommation, nous rendirent leurs armes sans résistance. Notre détachement se divisa en deux portions, celle dont je fis partie se porta au pont d’Austerlitz, défendu par un fort détachement de cuirassiers, soutenu par de l’infanterie. Nous attaquâmes mais nous fûmes obligés de battre en retraite. Nous n’eûmes qu’un homme tué, deux ou trois blessés. Nous nous dispersâmes et, le soir, je fus seul me battre à la Grève.

»Le 29, je me suis porté à l’attaque du Louvre, où je suis entré un des premiers par la porte de la Seine. J’y pansai quelques blessés et je me joignis à une colonne qui se rendit au Palais-Royal, où des gardes royaux qui occupaient la première cour nous livrèrent armes et munitions. Tout à coup, nous fûmes assaillis par une vive fusillade, qui partait des maisons où des gardes royaux étaient embusqués. Nous répondîmes et le combat dura près de deux heures. Enfin, nous les débusquâmes. Je faillis être victime de mes efforts peu ménagers pour empêcher quelques hommes de se livrer au désordre dans un magasin au-dessus du café de la Régence, car, en sortant, plusieurs fusils furent braqués contre moi. J’étais mort sans le secours de quelques braves gens. Quelques minutes après, sous prétexte d’y chercher des gardes royaux, la boutique d’un chapelier (au coin de la rue de Rohan) fut enfoncée. A l’instant, un grand nombre de chapeaux fut enlevé ; mais mes efforts, réunis à ceux de quelques inconnus, parvinrent à arrêter les pillards. J’arrachai les chapeaux à plusieurs, non sans grands dangers puisqu’une de nos camarades tomba, tué d’un coup de sabre qui lui ouvrit la tête. On ne put trouver l’assassin.

»On proclamait le gouvernement provisoire. Les soldats ne tenaient plus nulle part. Excédé de fatigue et de besoin, je me retirai, lorsqu’en passant devant le poste de Sainte-Pélagie, on me requit pour renforcer le poste. J’y passai la nuit et la journée du 30. Le soir, je fus envoyé pour garder le poste de la Salpêtrière. J’y restai jusqu’au samedi dans la matinée. » Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier, signé de Cancal, Jules, Claude, François (voir ce nom), étudiant en médecine à l’hospice de la Salpêtrière, était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Soulé s’est conduit en brave pendant les 27, 28 et 29 juillet 1830. J’atteste qu’un des premiers il est entré au Louvre par la grille en face le pont des Arts et qu’il a continué à se battre sur la place du Palais-Royal et dans la rue Saint-Honoré. » Le deuxième, signé d’Evrard, Jean-Baptiste (voir ce nom), demeurant 143, rue Mouffetard, était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Soulé, Joseph, de Bagnères (Hautes-Pyrénées), est entré des premiers à la caserne des vétérans que nous avons désarmés ; qu’après nous être emparés de la poudrière, il s’est battu avec nous au pont d’Austerlitz contre les cuirassiers et le 50e de ligne. » Druiole illisible, apostillait ce dernier certificat en ajoutant avoir vu Soulé « au Louvre, au moment où les Suisses l’évacuaient et l’occupaient encore en partie ». Dans l’exposé qu’il fit de sa propre conduite, Bois, Alexandre précisait que, déserteur du 15e léger, il rejoignit les insurgés et que ce fut Soulé qui cacha ses vêtements militaires chez le propriétaire de cabinet de lecture qui est sur la place de l’Odéon. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. En 1832, demeurant à Bagnères-de-Bigorre, il demanda qu’on lui fît parvenir son brevet sa décoration à la mairie de Bagnères. Sa médaille et son brevet furent envoyés le 22 février 1832 au préfet de la Seine pour les lui faire parvenir. Il demeurait 20, rue Censier en 1830-1831 ; à Bagnères-de-Bigorre en 1832. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Bois, Alexandre ; Archives de Paris VK3 44 (par erreur classé à Foulé, Joseph) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement. Il y a un Soulé, Joseph dans l’inventaire de la Cour des pairs procès politiques, monarchie de Juillet CC 546 à 670, voir l’inventaire aux AN.

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