Souplet, Alexandre
Biographie
Horloger. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il fit parvenir, le 23 juillet 1831, la lettre suivante à cette Commission : « […] Sollicite sa présentation pour la décoration de la Croix de Juillet. Le premier anniversaire des glorieuses journées, en réveillant tant de nobles souvenirs, est venu réveiller aussi dans le cœur du postulant, une étincelle de cette honorable émulation que sa retenue seule avait laissée assoupie jusqu’ici. Il s’est rappelé avec orgueil que le 28 juillet il avait éminemment concouru au désarmement des gendarmes qui se trouvaient au ministère des Affaires étrangères et que le même jour et suivant, il ne cessa de s’exposer au sort qu’eurent tant d’illustres défenseurs des libertés publiques, en s’associant sur différents points à leur dévouement. Le zèle et l’activité remarquable qu’il prouva en ces occasions solennelles le firent désigner, quelques jours après, à l’exploration de l’esprit des troupes dont Charles X était encore entouré à Rambouillet (??). Dans cette circonstance, le postulant courut de graves dangers et fut arrêté à plusieurs reprises. A l’expédition qui eut lieu quelques jours plus tard pour le même Rambouillet, il fut chargé de plusieurs détails d’exécution, dont il s’acquitta avec toute l’intelligence, l’activité et la délicatesse qu’on lui connaissait. Maintenant, messieurs, après une année durant laquelle il eût peut-être dû articuler quelques-uns de ces faits pour devenir l’objet d’une impartiale sollicitude, le postulant ne se décourage pas du silence qu’il a observé et ose espérer que s’il le rompt aujourd’hui, vous n’apprécierez pas moins son patriotisme et ses services et que la récompense de la Croix de Juillet qu’il sollicite lui sera décernée. » Sa lettre était apostillée par Jacquemin (voir Jacquemin, Antoine, Achille ?), qui précisait : « Ayant été témoin des services rendus par M. Souplet, je me plais à en rendre ici témoignage ainsi que de sa conduite patriotique dans les événements de juillet 1830. » Suivait aussi la signature de Krouch (voir Krouch, Jean-Baptiste), décoré de Juillet, qui approuvait la lettre. Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie que le sieur Souplet était avec moi au ministère des Affaires étrangères et qu’il s’est emparé d’un gendarme à cheval, qu’il a désarmé avec moi, dont il m’a aidé à conduire les chevaux chez M. Casimir Perier et que nous nous trouvâmes encore aux Tuileries ensemble. » Signé, le 3 août 1831 : Krouch (voir Krouch, Jean-Baptiste), décoré de Juillet, demeurant 33, rue Plumet. Souplet demeurait 10, rue Neuve-de-la-Ferme-des-Mathurins en 1831. Archives de la préfecture de police AA 414.