Souquet, Gustave
Biographie
Né en avril 1805 à Etaples (Pas-de-Calais). Imprimeur du Propagateur, journal politique, littéraire et commercial du Pas-de-Calais à Arras. Le 29 juillet à 5 heures du matin, son imprimerie, 17, rue Saint-Jean-l’Estrée, fut perquisitionnée par un commissaire de police et deux agents, afin d’y saisir le matériel d’imprimerie pour le déposer à la mairie. Ils étaient accompagnés des ouvriers nécessaires pour opérer l’enlèvement ainsi que les caractères. Le procès-verbal de la saisie contient les informations suivantes sur les tentatives de Souquet de s’opposer à la confiscation de ses presses : « […] Le sieur Souquet […] nous a dit qu’il protestait contre la saisie et l’enlèvement du matériel entier de son imprimerie, qu’il ne se soumettait qu’à la force et qu’il considérait comme auteurs d’actes arbitraires ceux qui avaient ordonné ou qui exécutaient les mesures actuelles en violation de son droit de propriété ; il nous a de plus observé qu’une requête avait été présentée au président du tribunal pour obtenir l’autorisation d’appeler en justice M. Le préfet du Pas-de-Calais, M. le maire d’Arras et nous pour voir déclarer nulle et illégale la saisie et le séquestre de son imprimerie et que, par respect pour les tribunaux, on devait différer jusqu’à la décision à intervenir à procéder à l’enlèvement de sa propriété, ajoutant que la charte constitutionnelle et les lois de l’Etat condamnaient les actes dont l’autorité se rendait coupable que, dans sa soif d’arbitraire, elle outrepassait même les dispositions de l’ordonnance inconstitutionnelle qu’elle invoquait, en saisissant tout le matériel de l’imprimerie lorsque les seuls caractères servant à la composition du Propagateur pouvaient aux termes de cette ordonnance être séquestrés ; ledit sieur Souquet a ajouté que les mesures qu’on exécutait aujourd’hui étaient non seulement illégales mais inutiles, qu’hier les presses et les caractères avaient été mises sous le scellé, qu’on ne devait pas craindre qu’il pût s’en servir, que l’enlèvement que l’on opérait aujourd’hui ne pouvait se faire sans les plus grands dommages pour sa propriété, les ouvriers employés à cette mesure étant inaccoutumés au démontage des presses et au transport des casses remplies de lettres et des formes, que la précipitation que l’on mettait dans ce déménagement allait mêler toutes les sortes de caractères, au point de ne plus pouvoir s’en servir ; qu’un pareil mode de déménagement équivalait à la perte de tout le matériel, qu’il rendait en conséquence l’autorité responsable de tous les dégâts et de toutes les pertes que pouvait occasionner cette mesure. » Ayant reçu la simple médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux, il écrivit dans ces termes à la Commission des récompenses nationales : « Messieurs, Imprimeur depuis 1825, j’ai consacré mes presses à l’impression d’un journal qui proclamait les principes de l’opposition constitutionnelle. Le Propagateur, journal du département, excitait les alarmes du gouvernement. Quand les ordonnances liberticides du 25 juillet furent connues à Arras, M. Blin de Bourdon, préfet du Pas-de-Calais, m’en défendit la publication. Je résistai à cette mesure illégale et malgré ma protestation et l’opposition de M. Dégeorge, rédacteur en chef, mes presses furent enlevées et presque détruites. Les pièces ci-jointes démontrent quelle influence ma résistance a pu exercer sur l’esprit public et à quel point j’ai exposé ma fortune et ma vie dans cette lutte douteuse. Vous avez accordé à M. Dégeorge, rédacteur du Propagateur, la croix et à moi, l’imprimeur, la médaille de Juillet. J’ai rendu les mêmes services que M. Dégeorge et il est évident que son opposition devenait illusoire si je lui eusse refusé les secours de mes presses. Cette inégalité de récompense ne peut être que le résultat d’une erreur, qu’il suffira de signaler à votre attention pour qu’elle soit réparée. » Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il demeurait 17, rue Saint-Jean-l’Estrée en 1830 ; à Arras en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 52 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/76.