Stoffel, Ignace
Biographie
Né le 17 juin 1799 à Haguenau (Bas-Rhin). Maître bottier, qui tenait la boutique Au Premier Venu, 19, passage du Saumon. On trouve de nombreux témoignages de sa participation aux combats de Juillet dans la chronique de l’époque. In Le Temps, 3 août 1830, La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 4 août 1830, et Histoire de la mémorable semaine de juillet 1830, avec les principaux traits de courage, de patriotisme et d’humanité qui ont brillé au milieu de ces grands événements, et un appendice de ce qui s’est passé jusqu’à la proclamation de Louis-Philippe Ier, par Ch. Laumier, seconde édition, Paris, Blanchard, 1830, p. 154-155 : « M. Stoffel, maître bottier, caporal de la 3e légion de la garde nationale, a été vu dans la rue du Lycée désarmant au milieu du feu dix hommes de la garde royale ; et ce brave homme, après avoir ainsi risqué sa vie, s’est jeté à genoux devant ses camarades pour les supplier de ne pas massacrer ses prisonniers, qui ont été épargnés à sa prière. Le matin, ce digne citoyen s’était déjà emparé d’un cheval de lancier, qu’il avait conduit à l’Hôtel de ville. » In Le Courrier français, 3 août 1830 et Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 214-215 : « M. Stoffel, bottier, passage du Saumon, qui avait été arrêté pour avoir pris une part active dans les troubles qui ont accompagné l’expulsion de M. Manuel [pour avoir pris une part trop grande dans la résistance que quelques jeunes gens essayèrent d’opposer aux gendarmes Foucault, lors de l’expulsion de notre grand Manuel selon Fayot, N.D.A.], se battit avec un grand courage pendant les journées des 27 et 28 juillet. Il a, entre autres belles actions, contribué à désarmer dix hommes de la garde royale, qu’il a empêchés ensuite d’être massacrés par le peuple, irrité de l’odieuse conduite de ces troupes. C’est à tort qu’un journal a attribué à M. Stoffel la mise hors de service du télégraphe des Petits-Pères ; c’est l’œuvre de M. Petit, imprimeur, aidé d’un seul homme. Nous savons encore que dans le même instant son frère et une autre personne sonnaient le tocsin. » Il fit partie avec Ternaux Mortimer, Liskenne Antoine Arnold, Plaut Maurice, Vicard Louis, Alcan Léon, Geibel Antoine Benoit, Boullet Damiens, Foucault Adolphe des neuf membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement. Il fit partie avec Liskenne Antoine Arnold, Vicard Louis, Alcan Léon, Geibel Antoine Benoit, Plaut Maurice, Foucault Adolphe, Lefèvre Jean-Louis (voir ces noms), des huit membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Maître bottier. Il signa comme « volontaire », le certificat suivant en faveur de Bonnard, Louis, Guillaume : « Nous, soussignés, déclarons qu’il est à notre connaissance que, dans les journées des 28 et 29 juillet 1830, M. Bonnard, Louis, Guillaume […] s’est transporté sur divers points de réunion des citoyens armés dans Paris, qu’il les organisait et les encourageait à prendre des armes et à marcher contre la troupe qui tirait sur le peuple. Que, le 29, il contribua à la prise de la pièce de canon défendue par les Suisses au coin de la rue de Rohan, qu’il marcha deux fois sur la pièce, à la tête de citoyens et qu’il eut deux hommes tués à ses côtés. Qu’il était à la prise des Tuileries, où il est entré un des premiers. » Un Stoffel, Adolphe (et dont la signature est très approchante), lui aussi bottier 19, passage du Saumon, délivra, le 6 août 1830, le certificat suivant en faveur de Casamiglia, François, Antoine : « Je, soussigné, Adolphe Stoffel, certifie et me plais à dire que le sieur Francisco Carsamiglia (sic) s’est conduit d’une manière qui ne mérite que des éloges pendant les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, où il a eu l’honneur de recevoir trois fortes blessures. Ce brave ne m’a pas quitté dans les moments les plus chauds et n’a cédé qu’à ses amis qui l’ont porté à l’ambulance. Ce n’est que par sa bonne conduite que je lui délivre le présent certificat pour qu’il lui serve envers qui de droit. » En 1831, il était maître bottier dans la garde municipale. Il était l’une des personnes (orthographié Stopptel) dont le chapelier Moizard (voir ce nom) invoquait le témoignage sur la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de juillet et auprès desquelles la Commission des réclamants, devant laquelle Moizart tentait de faire valoir ses droits, pouvait prendre des renseignements. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. Il reçut un secours de vingt-cinq francs chaque année de 1841 à 1846. Il demeurait 19, passage Saumon en 1830-1831 (les deux frères Kelsch, Charles, Frédéric et Maximilien, George, ainsi que Risler, trois médaillés de Juillet, demeuraient chez lui en 1831). Le National, 2 août 1830 ; Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 80-81 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 276 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 114 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 41 in dossier Bonnard, Louis, Guillaume ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIIe arrondissement, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIIe arrondissement (Kelsch frères et Risler) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Casamiglia, François, Antoine ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Moizard ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires.