Stoffer, Alexis
Biographie
Né en 1810 à Paris. Enrôlé volontairement après la révolution dans le 41e de ligne, il ne put faire les démarches auprès de la Commission des récompenses nationales pour obtenir la Croix de Juillet. Quand il les fit, il récapitulait ainsi sa participation aux trois journées : « Le 27 juillet, je fus le premier à arborer les couleurs nationales dans mon quartier, la Chaussée-d’Antin, malgré les menaces du parti carliste. Les 28 et 29 juillet, je fus, après avoir donné des preuves de mon courage et de mon amour pour la liberté, fait prisonnier sur la place du Palais-Royal ; là, je fus conduit au poste de la place, où je fus maltraité avec plusieurs autres braves. Dans la nuit l’on nous conduisit à l’hôtel du ministre des Affaires étrangères, où là, nouvelle cruauté, car l’on proposa de nous fusiller. Ce projet aurait été mis à exécution si ce n’est qu’un rassemblement de nos braves patriotes vint pour forcer l’hôtel du ministre. Je profitai de l’attaque pour me sauver dans le jardin où je sautai par-dessus le parapet qui donne sur le boulevard des Capucines et me ralliai de suite pour me venger des cruautés que l’on nous avait fait souffrir. Aussi parvînmes-nous à chasser de Paris tous nos ennemis et quelques jours après à Rambouillet nous les chassâmes pour toujours de la France. Le 30 juillet, je fus me faire incorporer dans la garde nationale où partout j’avais donné des preuves de courage pour la liberté. J’assistai la compagnie lorsque Votre Majesté lui fit présent d’une croix de la Légion d’honneur en témoignage de sa satisfaction. Etant au régiment lorsque les troubles de la Vendée éclatèrent, l’on nous fit partir pour combattre les éternels ennemis de notre gloire et de notre liberté. Après avoir séjourné pendant plusieurs mois à faire la poursuite des bandes l’on nous fit partir pour Caen, où nous avons tenu garnison. Là de nouveau au moment des processions de la Fête-Dieu j’arrachai un drapeau et plusieurs cocardes blanches que les carlistes avaient placés sur un reposoir dans la rue des Capucins, sans calculer le danger qu’il y avait et au grand désappointement des carlistes qui cherchaient à soulever le peuple. Cette conduite me valut de la part de mes chefs des félicitations. » Il fut répondu à sa demande qu’elle était présentée trop tardivement. En 1832, il était soldat au 41e de ligne, en garnison à Caen ; en 1833, dans l’armée du Nord en Belgique. Archives nationales F/1dIII/76.