Suais, Joseph
Biographie
Né le 20 mars 1795 à Rennes (Ille-et-Vilaine). Limonadier en 1830, serrurier en 1831. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En juin 1835, il fit une demande de secours auprès du ministère de l’Intérieur : « Le sieur Suais, Joseph, grenadier au 2e bataillon de la Ve légion, décoré de Juillet, a l’honneur de solliciter de votre haute bienveillance la faveur d’un secours dans la position fâcheuse où il est réduit, ayant perdu, par suite de la révolution de Juillet, un bel établissement de café, que le malheur des temps ne lui a pas permis de pouvoir conserver. Le suppliant n’a jamais rien demandé, quoique sa conduite ait été toute dévouée au roi et son auguste famille. […] Père de famille, honnête homme, de fonctions honorables. […] » Il joignait à sa demande deux certificats. Le premier, délivré en septembre 1830 par Thevelin, Pierre, François, chef de bureau, contrôleur des dépenses à la maison du roi : « Je certifie que M. Suais m’a très puissamment secondé pour le maintien du bon ordre dans la journées du 29 juillet au Palais-Royal au moment le plus périlleux. C’est à son concours et à l’intrépidité dont il a donné des preuves que nous sommes parvenus à prévenir de graves et funestes accidents. Je dois ajouter aussi, pour rendre hommage à la vérité, que M. Suais s’est montré disposé à se sacrifier pour sauver la vie à un garde royal réfugié dans les appartements et qu’il s’et dépouillé de ses habits pour faciliter son évasion. De tout quoi, je donne avec un grand plaisir le présent certificat. » Le deuxième, signé en novembre 1832, de son capitaine au 2e bataillon de la Ve légion, Favrel, Auguste : Je soussigné […] certifie que M. Suais, décoré de Juillet, a, dans la soirée du 14 juin 1831, faisant son service de garde national et étant à la porte Saint-Denis, vis-à-vis le café, reçu une forte pierre à la cheville du pied gauche et a boité pendant plus de vingt jours. Il est aussi mentionné dans le rapport du 31 juillet 1831. M. Suais a toujours fait son service avec zèle et exactitude. » Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Ancien limonadier, qui, par suite de pertes éprouvées après la révolution, a été obligé de vendre son établissement. Il est aujourd’hui ouvrier serrurier et sa position est loin d’être heureuse. C’est un homme de quarante ans, marié, ayant un enfant et jouissant d’une bonne réputation sous le rapport de la conduite et de la moralité. » Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. Il reçut un secours en 1850, un secours de cinquante francs en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. Son dossier est aux secours à divers titres. Il demeurait 31, rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur en 1830-1831 ; 19, rue Sainte-Appoline en 1835 ; cour des Petites-Ecuries en 1849 ; 224, rue Saint-Honoré en 1850-1851 ; 34, rue de la Grande-Truanderie en 1851-1852 ; 20, rue d’Enghien en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Vr arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853. Il y a in Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Riondé, Jean-François un Suais « décoré de Juillet, demeurant 12, rue Bourbon-Villeneuve » qui signait, le 17 août 1831, le certificat suivant en faveur de Riondé, Jean-François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Les soussignés déclarent être voisins du sieur Riondé et le connaître de temps immémorial et certifient, comme ils l’ont déjà fait, que ledit Riondé fut un des premiers à sortir de son domicile avec fusils et munitions et qu’il s’est battu contre les gardes royales dans les trois journées de Juillet, pour la défense des lois et de la liberté nationale ; qu’il a fait preuve d’un patriotisme et d’un dévouement dans l’acquit de sa dette envers la patrie, qui lui ont véritablement mérité les droits qu’il réclame à juste titre à la récompense décernée par la loi du 13 décembre 1830. » Il ajoutait : « Je certifie que j’étais à côté de M. Riondé au moment qu’il faisait feu sur les gardes royaux. »