Subé, François, Alexandre
Biographie
Né vers 1810 à Paris, fils naturel de Subé, Françoise. Garçon limonadier depuis huit mois chez Massénot, 17, rue de Vaugirard près de l’Odéon. Les circonstances de sa participation aux combats et celles de son décès furent ainsi rapportées, en date du 23 décembre 1830, par Thomas, peintre d’histoire et propriétaire, rue Neuve et place Saint-Georges : « Aux mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet, impatient de combattre pour la cause de la liberté, il prit un fusil, quitta le domicile de son patron et fut rejoindre ceux qui marchaient avec le drapeau tricolore. Après les trois jours de combat, il revint souffrant mais, sans se plaindre ni rien avouer, voulut reprendre son service. Dans l’impossibilité de le continuer il obtint de sortir pour se faire voir à un médecin et se rendit de suite chez sa mère, à laquelle il laissa ignorer l’état réel dans lequel il se trouvait, afin de ne pas l’affliger ; puis, le lendemain, il partit pour Viarmes [Seine-et-Oise]. C’est à Viarmes que résident sa nourrice, son père nourricier et leurs enfants, que Subé appelait ses frères, car il avait vécu au milieu d’eux jusque passé l’âge de dix-sept ans. Sa mère, nourrice bonne et humaine, avait gardé si longtemps le jeune Subé parce qu’elle l’aimait et qu’elle connaissait la gêne dans laquelle déjà à cette époque se trouvait madame Subé. A son arrivée à Viarmes, Subé, malade, se mit au lit ; le médecin vint le visiter. Il tira de lui l’aveu qu’il avait reçu des coups violents (un coup de crosse de fusil à la tête et un coup de pied de cheval dans le flanc). Mais il était trop tard ; l’abcès dans la tête vint à aboutir et Subé expira [le 6 septembre 1830, chez Pierre Poulet, jardinier rue aux Fées à Viarmes N.D.A.]. On rendit au corps du jeune défunt les mêmes honneurs que l’on rendait à ceux des victimes de Juillet qui mouraient à Paris. Son convoi fut accompagné de la garde nationale du pays, commandée par le médecin qui en fait partie et suivi de ses amis ainsi que de plusieurs habitants de Viarmes. Sur sa sépulture, on fit plusieurs décharges de fusil et on planta un drapeau tricolore qui flotte encore aujourd’hui dans le cimetière. Tel est le récit qu’en ont fait les personnes de Viarmes qui sont venues à Paris depuis cet événement, entre autres M. Floury, qui tient en ce pays une maison d’éducation et la nourrice de Subé, femme de Pierre Soulet, jardinier à Viarmes. » Le médecin qui soigna Subé délivra le certificat suivant, pour constater les causes de son décès : « Je, soussigné, officier de santé, demeurant à Viarmes, canton de Luzarches, arrondissement de Pontoise, département de Seine-et-Oise, certifie que le nommé Subé, François, Alexandre, natif de Paris, est décédé à Viarmes le 6 septembre, en la demeure du sieur Poulet, Pierre, son père nourricier, d’abord par suite d’une balle qui lui fit une forte contusion à l’avant-bras droit, de plus un violent coup de pied de cheval vers le grand trochanter du côté droit, qui lui occasionna un dépôt considérable mais ce qui lui donna principalement la mort fut un coup de crosse de fusil, qui lui fut porté sur la tête et lui occasionna également un dépôt, qu’il rendit par le nez quelques heures après sa mort. » Le 25 avril 1831, un autre certificat médical, signé du même officier de santé, donnait les mêmes conclusions : « […] Mort par suite d’un épanchement au cerveau, dont le résultat dépendait de violents coups de pieds de chevaux et de coups de crosse de fusil, qui lui ont été assenés sur la tête dans les trois jours mémorables de Juillet. Il avait en outre une forte contusion à la partie supérieure et externe de la cuisse droite, qui a abcédé ; de plus une balle morte dans la face interne de l’avant-bras gauche, qui n’était entrée que très légèrement […]. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Massénot, limonadier, délivra le certificat suivant : « Je certifie que le nommé Alexandre Subé était garçon limonadier chez moi à l’époque de notre révolution et qu’il est sorti dans la journée du 27 et 28 pour se battre pour la liberté ; qu’ayant eu des contusions, il souffrait beaucoup et n’a pu continuer son travail et que c’est pour cette cause seule que je l’ai renvoyé car je n’ai eu qu’à me louer de sa conduite et de son service. » Et cet autre : « Je certifie que le nommé Alexandre Subé est resté huit mois chez moi et qu’il n’était pas malade puisqu’il faisait son service ; qu’à l’époque des événements de Juillet, il est sorti avec le groupe d’ouvriers qui descendait la rue de Vaugirard et allait à la caserne de Babylone ; qu’il est rentré en se plaignant de contusions qu’il avait reçues dans la mêlée. C’est après l’avoir soigné un mois chez moi que je l’ai renvoyé, ne pouvant plus faire son service. » Signé, le 14 avril 1831 : Massénot, limonadier, demeurant 17, rue de Vaugirard. La mère fournit le certificat suivant : « Je, soussigné, prêtre administrateur des sacrements en la paroisse Saint-Germain-l’Auxerrois, atteste que madame Subé, demeurant rue de Betizy n° 20, est dans la plus profonde indigence et qu’elle a, tant de ce côté que sous le rapport de la religion, des droits incontestables à la bienveillance du bureau de charité. » Signé, le 14 avril 1831 : Paravey. La Commission des récompenses nationales rejeta cependant la demande de pension présentée par la mère de Subé, Subé, Françoise, née le 12 mars 1772 à Châlons-sur-Marne (elle-même fille de Subé, Pierre, marchant tanneur, et de Gobet, Marie-Louise, sa femme), celle-ci n’ayant pu fournir les pièces attestant des circonstances de la mort de son fils. Il lui fut cependant accordé (sous le nom de Subée, Françoise) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (et sans doute aussi diverses sommes puisque son nom apparaît dans la liste nominative du IIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, sous le nom de Subée, Françoise, demoiselle). Subé, Françoise travaillait chez Devin, pour laquelle elle s’occupait de l’éducation de ses jeunes enfants, et chez qui elle demeurait 3, rue Poissonnière en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels d’ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement, p. 97, liste nominative du IIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des ascendants ayant droit à une pension ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (inconnue à l’adresse indiquée, est-il précisé) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Badès, F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels d’ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement (sans indication du motif de l’attribution de la rente) (sous le nom de Subée, Françoise).