Suireau, Henri

Biographie


Né le 6 avril 1800. Libraire. Ses droits furent examinés par la Commission des récompenses nationales de la préfecture de Nantes. Il reçut la médaille de Juillet, sur la proposition de la ville de Nantes par l’ordonnance du 17 juillet 1832. Le 3 mars 1833, il adressait la lettre suivante au roi : « Je fus le premier à prendre les armes à Nantes, le 30 juillet 1830, pour soutenir la cause sacrée de la liberté. Je faisais le sacrifice à ma patrie non seulement de ma vie, mais encore de ma fortune car, si notre cause n’eût pas triomphé je perdais mon établissement, seule fortune que je possède, ayant la plus forte librairie de Nantes, mon brevet m’eût été retiré, ce qui enlevait à ma famille ses moyens d’existence. En juin 1832, je n’ai pas balancé une minute à quitter ma nombreuse famille pour voler à la défense de mon pays et combattre les chouans. Pour prix de mon dévouement dans les journées de juillet 1830, on m’a décoré de la médaille, que M. de Saint-Aignan, alors notre préfet, m’engagea d’accepter en me donnant l’assurance qu’elle me serait échangée contre la croix. Je crois l’avoir méritée et je viens, Sire, prier Votre Majesté de m’accorder l’autorisation de porter la Croix de Juillet en place de la médaille. Je suis, etc. » Le 21 juillet 1831, il adressait la lettre suivante au ministre de l’Intérieur : « Je fus un des premiers qui, le 30 juillet 1830, prit les armes à Nantes pour résister au gouvernement despotique que le courage des Français a plongé dans le néant ; nous nous trouvions cinq seulement en armes sur la place Royale, mais notre exemple fut suivi et promptement nous nous sommes trouvés en force de rendre nulle la volonté des soutiens de l’ancien pouvoir. Aucune considération n’a pu me faire réclamer à me mettre en avant ; tout ce que je fis alors a été fait avec réflexion, je savais bien que si nous eussions succombé on n’aurait point oublié que mon exemple avait contribué à faire armer les citoyens ; je savais la peine qui m’était réservé, ma famille et mes enfants perdaient leur avenir, car ayant une des premières librairies de Nantes mon brevet m’eût été retiré et je perdais non seulement la liberté, la vie peut-être mais encore les moyens de faire vivre ma famille. Des Croix de Juillet ont été décernés le 30 de ce mois et j’ai eu la douleur de me voir oublié. J’ai fait part de ma surprise à l’ex-président de la commission d’enquête, qui m’a répondu Vous n’avez rien demandé dans le temps vous ne pouvez rien avoir. Lorsque la commission a été instituée, j’étais en voyage et à mon retour et ayant eu connaissance de l’avis adressé aux citoyens qui avaient les droits à la récompense nationale de les faire valoir dans un délai fixé, l’époque étant passée et l’avis étant construit de manière à me faire croire qu’il s’agissait de récompenses pécuniaires je ne m’en suis point occupé. Aujourd’hui, je viens près de vous, Monsieur le ministre, réclamer l’honneur de cette décoration si vous croyez que le sacrifice que je faisais à la cause sacrée de la liberté de tout ce que je possédais est un titre à mériter cette honorable récompense. Veuillez, Monsieur le ministre, m’honorer d’une réponse et me dire si vous désirez que je vous adresse les preuves de ce que j’ai l’honneur de vous exposer. Agréez, Monsieur le ministre, etc. » Il demeurait à la librairie de la place Royale à Nantes en 1830-1831.Archives nationales F/1dIII/80, dossier Loire-Inférieure et Etat des citoyens auxquels la médaille de Juillet a été décernée par l’ordonnance du 17 juillet 1832.

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