Suisse, Jean-Louis
Biographie
Né vers 1815 (mais vers 1817 in Archives de Paris DM13 1) au Gros-Caillou à Paris, de Suisse, Jean-Baptiste, journalier, lui-même né le 10 juin 1772 à Paris, et de Roussi, ou Roussy, ou Rousse, Marie-Antoinette, son épouse, (elle-même née le 19 décembre 1781 à Versailles [Yvelines], fille de Roussi, Jean, chaudronnier, et de Baf, Antoinette). Employé aux tabacs, âgé d’environ quinze ans. Il fut tué d’un coup de feu dans la poitrine alors qu’il combattait le 28 juillet dans « l’affaire de la ferme aux tabacs », rue de la Boucherie-des-Invalides. Le certificat suivant constatait les circonstances dans lesquelles il avait été tué : « Nous soussignons et certifions que le nommé Jean-Louis Suisse, natif du Gros Caillou, âgé de quinze ans, a été tué d’un cou de balle qui lui a traversé le corps à l’affarie qui a eu lieu à la ferme au tabac, rue de la Boucherie, Gros-Caillou, le 28 juillet 1830, dont il a été reporté au corps de garde et de là chez ses père et mère, rue de la Vierge n° 13 au Gros-Caillou. » Signé, le 6 août 1830 : Ronat ; Decaux, propriétaire, demeurant 60, rue Saint-Dominique ; Bidaut ; Languechard, demeurant 51, rue Saint-Dominique ; Laurent, boulanger, demeurant 39, rue Saint-Dominique ; Henriet ; Megret ; Bouvier, distillateur, demeurant 39, rue Saint-Dominique. Ses parents reçurent un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 16 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Gilbert, Pierre, Charles, matelassier, demeurant 60, rue Saint-Dominique ; Ronat, Jean, fruitier, demeurant 13, rue de la Vierge ; Police, Jean, Nicolas, chevalier de la Légion d’honneur, demeurant 72, rue Saint-Dominique. Ils attestèrent que Suisse, Jean-Louis avait « été tué d’une balle dans la poitrine, en combattant rue de la Boucherie-des-Invalides, le 28 juillet 1830 ». Les parents étaient inscrits, depuis le 15 décembre 1822, au livre des pauvres du bureau de charité du (ancien) Xe arrondissement. Le père présenta le certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur en médecine, certifie que le sieur Jean-Baptiste Suisse est atteint d’une affection rhumatismale chronique, qui se renouvelle assez fréquemment pendant les saisons froides. Le dénommé est en outre atteint premièrement de deux cicatrices parallèles à la jambe droite, lesquelles paraissent dépendre de l’effet d’une balle qui aurait traversé cette extrémité ; deuxièmement d’une autre cicatrice adhérente à la main droite face palmaire, laquelle paraît produite par un instrument tranchant, cette dernière cicatrice gêne les mouvements de la main. » Signé, le 22 mars 1831 : Garon, médecin. Les parents furent pensionnés et reçurent de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. En 1831, ils donnèrent procuration à Grenier, Pierre, marchand de toilettes, demeurant 13, rue Mandar, pour toucher en son nom les arrérages échus et à échoir leur revenant de la part de la Commission des récompenses nationales. Les parents s’étaeint mariés le 16 mars 1815 à Paris (ancien) Xe arrondissement. Suisse demeurait 13, rue de la Vierge, chez ses parents ; ses parents, à la même adresse en 1831. Le nom de Suisse (J.-L. Suisse) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris DM13 1, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 4 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, et une feuille volante avec la liste des ascendants du Xe arrondissement, idem dossiers individuels, idem Citoyens dont les noms ne sont point inscrits au Panthéon et dont l’acte de notoriété constate la mort dans les combats ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/76 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.