Taché, Henri, Gilbert

Biographie


Né le 23 mai 1770 à Romagnac (Puy-de-Dôme). Ancien officier. Le 24 octobre 1830, il adressait la lettre suivant à la Commission des récompenses nationales : « Retenu depuis plusieurs mois sur un lit de souffrances, par suite des combats auxquels j’ai concouru dans les trois mémorables journées de Juillet, je n’ai pu jusqu’à présent faire valoir moi-même les droits que j’ai à une part dans les récompenses nationales dont la distribution a été confiée à votre sage impartialité. Messieurs les commissaires, ce n’est pas avec un dévouement de circonstance que j’ai l’honneur de m’adresser à vous. Le patriotisme est inné dans ma famille. Mon père fut le premier maire de sa commune, il sacrifia une partie de sa fortune pour la cause de la liberté. J’héritai de son ardent amour pour elle et je suis tout fier de pouvoir dire que cet héritage je l’ai transmis à mes enfants. Le 27 juillet, en effet, mon fils aîné, qui était sergent au 3e de la garde royale, quitta ses rangs, qui se battaient contre la nation et vint à mes côtés défendre, en bon Français, l’indépendance de son pays. Pour moi, dès l’année 1792, je m’empressai de faire partie d’un bataillon de volontaires de mon département. Dans les immortelles campagnes de la République et de l’Empire, j’ai obtenu différents grades. J’ai été nommé adjudant de place pendant le siège de Wesel en Prusse. J’ai reçu cinq blessures graves et au bout de cela j’ai comme plusieurs de mes camarades été impitoyablement congédié et traité de brigand pour avoir conservé la ville de Wesel et ces nobles couleurs qui font notre gloire, pendant deux mois après l’avènement de Louis XVIII au trône. Du reste, je n’ai pas rempli seulement des emplois dans l’armée. A la mort de mon père, la confiance de mes concitoyens m’appela à le remplacer et je fus obligé d’interrompre ma carrière militaire jusqu’à ce que des revers de fortune me forcèrent à la reprendre. Cependant, après vingt-six années de service civils ou militaires, j’ai été éloigné de tout emploi sous l’ancien gouvernement. Aussi le 26 juillet, me trouva-t-il plus disposé que beaucoup d’autres à renverser un état de choses sous lequel l’honneur et l’indépendance étaient des motifs d’exclusion. Dans cette glorieuse semaine, je n’ai pas fait plus que mon devoir, mais j’ai fait mon devoir et s’il ne m’a pas coûté la vie ou la perte d’un membre, il m’a valu une maladie de deux mois, à laquelle je n’ai échappé que par les soins empressées que m’a prodigués avec le désintéressement le plus absolu, M. Biett, l’un des médecins les plus distingués de Paris. Vous êtes trop justes, messieurs les commissaires, pour ne pas me classer au nombre de ceux qui ont bien mérité de la patrie et me refuser la médaille et mon admission à l’hôtel des Invalides ou une pension pour en tenir lieu. » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants le quartier de la Madeleine à Paris, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que M. Taché, officier de la vieille armée, demeurant avec ses enfants rue de la Ferme-des-Mathurins, n° 3, a, pendant nos trois glorieuses journées de Juillet, combattu entre nous, ayant son fils, sergent au 3e régiment de la garde royale à ses côtés ; qu’armé d’une carabine, il n’a, malgré son âge avancé, cessé de nous encourager et de donner des preuves d’un dévouement digne d’éloges. Dans la journée du 28, soutenu par cinq de ses voisins, il a enlevé le poste de la Madeleine, dont un attroupement survenu s’est emparé des armes. Nous certifions en outre qu’il est à notre connaissance que M. Taché, par suite des fatigues du combat, a fait une très grave maladie, qui l’a retenu plusieurs mois au lit. » Signé le 22 octobre 1830 : Levalton, A., P., libraire, demeurant 1, bd de la Madeleine ; Du… illisible, élève de l’Ecole polytechnique ; Caufunez, B. illisible, charcutier illisible, demeurant 2, rue de la Ferme ; Gaillardon, limonadier, demeurant 2, rue Caumartin ; Desjardins, tapissier, demeurant 1, bd de la Madeleine ; Daynes, bottier, demeurant 3, rue de la Ferme ; Vallet (peut-être Auguste et demeurant peut-être à Sèvres) ; Rey, demeurant 3, rue de la Ferme-des-Mathurins ; Leloir, A., demeurant 6, impasse du passage Sandrier ; Dutrosne, demeurant 58 ? rue Basse-du-Rempart ; Guérin, marchand de vin, demeurant 20, rue Caumartin ; Jullin, marchand de vin, demeurant 2, rue de la Ferme ; Mélinaud, demeurant 22, rue Godot-de-Mauroy ; Boivin, libraire, demeurant 1, bd de la Madeleine ; Beauvalet, loueur de carrosses, demeurant 50, rue Basse-du-Rempart ; Barault, négociant, demeurant rue et hôtel Vantadour ; Chedehoux, pharmacien, chasseur à la 2e compagnie du 2e bataillon de la Ire légion de la garde nationale ; Braun, tailleur, demeurant rue de la Ferme. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 30 juin 1831, et son brevet le 17 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 3, rue de la Ferme-des-Mathurins en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/77.

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