Tacherat, François, Claude
Biographie
Né le 1er prairial an IX (21 mai 1801) à Pacy-sur-Armançon (Yonne), fils de Tacherat, Nicolas, laboureur, et de Jullien, Catherine, son épouse. Garçon marchand de vin (journalier in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives de Paris DM13 1 dans le registre qu’il signe), exempté de la conscription comme conscrit de la classe 1831, pour avoir tiré un bon numéro. On trouve dans la chronique de l’époque la relation suivante des faits le concernant, in Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, par Auguste Imbert : « François Claude Tacherat, garçon marchand de vin chez M. Hardelay, avenue du Théâtre Montmartre, était, dans la journée du, jeudi, rue Saint-Honoré, à la tête d’une troupe de braves comme lui. Le feu de la garde royale cessant un instant, Tacherat s’approcha de l’officier commandant et le somma de mettre bas les armes. Ce dernier lui demanda d’attendre que les pourparlers entre les chefs supérieurs de la garde et ceux du peuple fussent terminés. Plein de confiance dans la loyauté militaire, Tacherat allait reprendre la position qu’il avait occupée toute la journée ; mais à peine eut-il fait un mouvement rétrograde, qu’une balle royale lui fracassa l’épaule. Ce courageux. citoyen, indigné de cette perfidie, se retourne, arme son fusil, et étend à ses pieds l’indigne chef qui venait de le trahir. Il court aussitôt sur lui et lui arrache sa croix d’honneur, aux applaudissements de la multitude. Ce trophée, suspendu au lit de douleur, de Tacherat, l’aide à supporter ses souffrances avec résignation ; mais nous savons de bonne part que ce brave citoyen est estropié pour toute sa vie. » Le premier adjoint au maire de Montmartre, en date du 3 septembre 1830, délivra le certificat suivant : « Nous, premier adjoint provisoire au maire de Montmartre, commandant en second de la garde naitonale (IIe légion extra-muros, 2e bataillon) attestons à tous qu’il appartiendra la réalité des faits contenus dans le certificat joint [absent du dossier, N.D.A.] aux présentes. Il est en outre à notre connaissance personnelle que Tacherat, François, Claude a combattu bravement durant les glorieuses journées de Juillet et que, dans celle du 29, il a été blessé grièvement, victime d’un acte de trahison de l’ennemi. Il a renversé d’un coup de fusil le chef infâme qui venait d’ordonner de faire feu sur lui ; il pénétra au milieu des rangs et s’empara de sa croix de la Légion d’honneur ». Signé, le 3 septembre 1830 : ...rquinet de Grenoble. Ce coup de feu, reçu soit rue de Richelieu soit à l’attaque des Tuileries, l’atteignit à l’épaule gauche. Il reçut un secours de soixante-dix francs et un autre de trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, certifie que le citoyen François, Clude Tacherat, âgé de vingt-sept ans, restant barrière des Martyrs, avenue du Théâtre n 1, a été cruellement blessé à l’affaire des Tuileries (29 juillet 1830). Cette blessure est à la partie supérieure de l’épaule gauche ; elle a été faite par une balle qui a traversé du haut en bas la totalité de la partie supérieure externe et interne. D’après la gravité de ce coup de feu, on devait craindre un désordre très grand soit dans la capsule osseuse soit la fracture de l’omoplate, de la clavicule et même de l’humérus, ce qui aurait nécessité l’amputation du bras à l’épaule. Une gangrène partielle a paru mais elle n’a duré que quelques jours et a cédé aux moyens que l’art indique. Après avoir pansé ce malade avec tous les soins possibles, aujourd’hui seulement j’espère le guérir. » Signé, le 3 septembre 1830 : Matthalin Lefranc, médecin du bureau de bienfaisance, chirurgien juré de la mairie de Montmartre. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. En date du 16 février 1831, le maire de Montmartre certifiait que Tacherat « ouvrier journalier, ayant sa mère à charge [… et que] sa blessure le met dans le cas de ne pouvoir plus travailler, n’ayant maintenant d’autre ressource que la munificence du gouvernement pour lequel il a combattu ». Le 11 avril 1831, devant le maire de Montmartre, comparurent : Olin, Jean, Auguste (voir ce nom), maître serrurier et propriétaire, demeurant 11, rue des Accacias à Montmartre ; Quentin, Jean-François, maître vitrier, demeurant 11, rue des Accacias à Montmartre. Ils attestèrent bien connaître Tacherat, François, Claude et « savoir qu’il a été blessé d’une balle qui lui a traversé l’épaule dans les glorieuses journées de Juillet ». Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de de l’arrondissement de Saint-Denis. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 31 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à l’épaule gauche, de sa partie postérieure immédiatement au-dessous de l’acremion vers sa partie antérieure et interne, en traversant la tête de l’humérus ; blessure guérie cicatrisée mais qui a produit et entretiendra pour toujours une ankylose de l’articulation scapulo-humérale, circonstance qui doit le faire ranger dans la cinquième classe des blessés. » Il fut admis dans la 5e classe des blessés et pensionné de six cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 17 mai 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 24 juin 1831. Il reçut un habillement complet de garde national. Il demeurait 1, rue du Théâtre, barrière des Martyrs à Montmartre en 1830 ; 19, chemin du Théâtre en 1831 ; sa mère (ou peut-être lui), 21, rue des Acacias (village d’Orsel) en 1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 162-163 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis (pour son habillement complet de garde national) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, blessés de la 5e classe.