Terrier, Joseph, Jean, Marie
Biographie
Né en 1813 à Beaulieu (Corrèze). Etudiant en médecine (par erreur parfois en droit ; mais dans son dossier individuel j’ai bien en droit). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. On trouve, dans son dossier, la note suivante : « S’est trouvé le 27 juillet dans la rue Neuve-du-Luxembourg au moment où la gendarmerie chargea ; le 28, dans la rue des Prouvaires en tirailleur contre le 15e léger ; le 29, à l’attaque de Babylone et est allé ensuite à Rambouillet. Témoins MM. Outin, négociant (voir Outin, Jean-Pierre), Lemagne, Cordez et Saulnier. » Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il fut arrêté dans l’affaire de l’insurrection d’avril 1834. Un rapport écrit à son sujet : « Le dimanche 13 avril, vers six heures du soir, la police fut prévenue qu’une réunion de quelques sections de la société des Droits de l’homme, appartenant au onzième arrondissement, s’était formée au café des Sept Billards, rue des Mathurins-Saint-Jacques ; que des distributions d’armes et de cartouches y étaient faites, et qu’on y organisait le mouvement général qui devait avoir lieu dans le quartier, mouvement déjà commencé par les sections du douzième arrondissement aux barricades des rues Sainte-Hyacinthe et d’Enfer. Un mandat d’amener collectif fut immédiatement décerné pour arrêter toutes les personnes qui se trouvaient dans ce café. Soixante-deux individus y furent arrêtés. Cinquante-sept ont été successivement remis en liberté. Cinq, dont l’affiliation à la société des Droits de l’homme a paru certaine, sont encore détenus : […] Ruaud, membre de la section Carnot du douzième arrondissement ; Terrier, membre de la section des Thermopyles, du même arrondissement. […]. L’instruction a prouvé, depuis, que, parmi les individus arrêtés dans ce café et rendus à la liberté, dix-sept autres appartenaient à la société des Droits de l’homme ; il paraîtrait donc que vingt-deux membres de la société des Droits de l’homme se trouvaient dans cette réunion, remarquable tout à la fois par les circonstances, qui l’ont accompagnée, par le moment et le lieu, où elle se tenait, et par les personnes qui la composaient. Lorsque la force armée pénétra dans le café, on y saisit les objets suivants : quatre pistolets, douze cannes, un habit de garde national, quatorze paquets de cartouches, un paquet d’une demi-livre de poudre, cent quinze cartouches, douze pierres à fusil, une tabatière renfermant des capsules, un couteau-poignard, des papiers propres à la confection des cartouches ; rien ne fut trouvé d’ailleurs sur les individus arrêtés. […] Le sergent de ville Simon, qui a arrêté Terrier, a trouvé sous un tabouret, à côté de cet individu, un pistolet d’arçon et un autre pistolet à balle forcée. […] Tous ces individus prétendent ne s’être trouvés au café des Sept-Billards que parce qu’ils y vont habituellement ou qu’ils y sont entrés par hasard. Terrier et Ruaud soutiennent que les imputations qui leur sont particulièrement adressées proviennent de méprises. […] Tous affirment qu’ils n’ont pris aucune part à l’attentat du 13 avril. » Il fut renvoyé de l’accusation par la Cour des pairs. A peine libéré, il fut de nouveau arrêté, le 25 décembre 1834, pour avoir chanté une chanson séditieuse, dont le refrain était Louis-Philippe aura la tête tranchée, dans le cabaret de Rouleau, hôtel de Picardie, au 23, rue Pierre-Lescot. Il fut arrêté en compagnie de : Groslier, Martin, né vers 1813 à Issoire (Puy-de-Dôme), étudiant en droit, demeurant 34, rue des Fossés-Monsieur-le-Prince ; Rigot, Auguste, né vers 1812 à Corne (Sarthe), étudiant en médecine, demeurant 6, place Cambrai ; Fabre, Barthélemy, né vers 1811 à au Puy (Haute-Loire), étudiant en droit, demeurant 1, rue des Quatre-Vents ; Champ, Joseph, né vers 1810 à Beaulieu (Corrèze), garçon épicier, demeurant 57, rue Dauphine ; Rabaté, Pierre, Athanase, né vers 1800 à Puiseaux (Loiret), tailleur, demeurant 13, rue Tirechappe. L’arrestation fut l’objet du procès-verbal, en date du 27 décembre 1834 « Le sieur Picot, marchand [Picot, Stanislas, employé dans un autre procès-verbal], demeurant rue de la Mortellerie n° 29, déclare que l’avant-dernière nuit vers 3 heures du matin, étant entré dans la maison n° 23, rue Pierre-Lescot, et s’étant mis à boire à une table avec trois de ses amis il entendit les inculpés qui étaient également en partie de plaisir chanter une chanson dont le refrain était Louis-Philippe aura la tête tranchée. Le sieur Picot s’empressa d’aller prévenir le poste de la garde municipale et l’arrestation de ces jeunes gens eut lieu. Le Sieur Amiel [ou ailleurs Germain, N.D.A.], boulanger, demeurant rue de la Mortellerie n° 29 et qui se trouvait en compagnie du sieur Picot dépose dans le même sens que ce dernier. Les inculpés avouent qu’effectivement ils ont chanté mais seulement des refrains bachiques ou joyeux et non celui qu’on leur impute. Rabatté ayant été reconnu étranger à la société des inculpés, a été laissé libre, après avoir justifié de ses papiers. » Il fit partie des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, choisis pour composer la délégation de décorés présente à la cérémonie d’inauguration de la colonne de la Bastille (sous le nom de Ferrier, Joseph, Jean-Marie). Il demeurait 15, rue des Cordiers en 1831 ; 16, rue Saint-Dominique-d’Enfer en 1834. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1 (sous le nom de Ferrier, Joseph, Jean-Marie) ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des décorés de la Croix de Juillet dans le (ancien) XIe arrondissement qui ont prêté le serment prescrit par l’ordonnance, députation de la Bastille (sous le nom de Ferrier, Joseph, Jean-Marie) ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, Etat des citoyens décorés de la Croix de Juillet, dont la décoration n’a pas encore été retirée (sous la mention étudiant en médecine), idem son dossier individuel (sous la mention étudiant en médecine), liste des décorés qui n’ont pas retiré leurs croix ; Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Cour des pairs, Affaire du mois d’avril 1834, rapport fait à la cour par M. Girod de l’Ain, tome 3, faits particuliers, Paris, Imprimerie royale, 1834, p. 178-179 ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers collectifs 3 février-27 décembre 1834 (549 à 793.