Tessier
Biographie
Né vers 1809 à Lorient (Morbihan). Bijoutier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 19 mars 1848, il adressait en effet la lettre suivante à la Commission : « […] Me trouvant sans travaux depuis longtemps, je prends aujourd’hui la décision de vous informer où j’étais en 1830 ou en 1848. Après les trois jours de Juillet, je suis parti à Rambouillet. Sur la place de Versailles, un citoyen me remit un drapeau, je le conduisis jusqu’à Rambouillet et le lendemain à l’Hôtel de ville, où je me suis retiré sans penser à me faire inscrire. En février, le mercredi je me trouvais à la barricade Transnonain. On fit feu sur nous et nous répondîmes de même. Nous envoyâmes deux parlementaires, qu’on voulut garder. Nous les forçâmes de nous les rendre, ce qui fut exécuté. Après cela les troupes rentrèrent dans la rue Chapon. Le jeudi, la garde nationale vint dans nos barricades. On voulut tirer dessus à bout portant. Je criais Attendez qu’ils commencent et nous vîmes bientôt qu’ils étaient pour nous. A midi, la garde nationale vint nous chercher pour les Tuileries. Nous partîmes et lorsque nous arrivâmes tout était en feu au Palais-Royal. A 4 heures, les pompiers sont venus pour chercher la pompe qui se trouvait au Louvre. Nous les suivîmes et les aidâmes jusqu’à la nuit. » Derome, fabricant de bijoux, demeurant 18, rue des Fontaines-du-Temple, apostillait sa demande, et certifiait que « faisant partie d’un fort détachement de gardes nationaux qui allait fraterniser avec les citoyens des barricades, j’ai vu à celle de la rue Transnonain le nommé Texier, que je connaissais depuis longtemps comme ouvrier bijoutier […] et aussi le 24 à 10 heures du matin je l’ai rencontré de nouveau, faisant partie […] des gardes nationaux et des citoyens se dirigeant sur les Tuileries. En disant ceci, je ne fais que rendre hommage à la vérité et cela ne serait qu’être juste en récompensant ce brave et digne garçon, et je serai, chers concitoyens, heureux et content que ma déclaration lui soit utile ». Sa demande fut rejetée par la Commission, ne s’étant pas présenté aux convocations de la Commission, la dernière en date du 3 octobre 1848. Il demeurait 75, rue Saint-Maur en 1848. Archives de la préfecture de police AA 415.