Tessier, Eugène, Célestin
Biographie
Né vers 1802 à Angerville (Seine-et-Oise). Licencié en droit, principal clerc d’avoué. Il était porteur de plusieurs attestations. « Je, soussigné, certifie que M. Eugène Tessier, m’est personnellement connu par ses principes patriotiques ; que dès le premier jour de notre glorieuse révolution, il a pris les armes pour la défense de nos droits attaqués, que je l’ai vu à la tête d’un des pelotons commandés par des élèves de l’Ecole polytechnique, se dirigeant à l’attaque du Louvre. J’atteste également qu’il est allé jusqu’à Rambouillet et qu’il est capable par son intelligence et son énergie de rendre tous les services possibles à la cause constitutionnelle. » Signé le 1er septembre 1830 : L’Heureux, ancien libraire, demeurant 39, quai des Augustins. « Je me joins de cœur à la déclaration faite ci-dessus en faveur du citoyen Tessier. Il est du nombre de ces braves jeunes gens qui m’ont apporté leur carte sitôt les ordonnances parues pour se mettre à ma disposition et pour se porter aux postes périlleux où la patrie réclamait le bras des vigoureux patriotes. Il s’est comporté en vrai Français et avec un dévouement rare. » Signé Caquelard Laforge (voir Caquelard, Hyacinthe ?), électeur, patriote, demeurant 9, rue Grénetat, lieutenant et porte-drapeau. « Je, soussigné, certifie qu’il est à ma connaissance personnelle que M. Eugène Tessier s’est conduit avec courage et patriotisme les mercredi et jeudi 28 et 29 juillet, qu’il a été un des premiers à prendre les armes et que je l’ai rencontré à l’attaque du Louvre, où il s’est conduit avec valeur. » Signé, le 13 septembre 1830 : Goudchaux (voir Goudchaux, Michel ?), électeur, banquier, demeurant 9, rue de Vendôme. « Je déclare avoir remarqué au nombre des combattants qui attaquèrent le Louvre à côté du pont des Arts, le sieur Eugène Tessier dans la journée du 29 juillet et que là il s’est conduit avec une intrépidité et un courage dignes de toute éloge. » Signé, le 4 septembre 1830 : Pontecoulant, demeurant 8, bd Saint-Denis, actuellement en Belgique, colonel de la légion belge parisienne. « Je, soussigné, avoir vu M. Tessier à la première réunion des gardes nationales qui a eu lieu rue Saint-Martin le 28 juillet 1830 et il m’a paru rempli de zèle pour la cause nationale. » Signé : Remenier, A., électeur du grand collège, demeurant 153, rue Saint-Martin. « Je, soussigné, déclare avoir rencontré M. E. Tessier dans la rue des Prouvaires au moment où le 15e léger a commencé le feu et qu’il a beaucoup contribué à lui faire quitter le champ de bataille. » Signé : Moutte, Aimable, Adolphe (voir ce nom), étudiant en droit, demeurant 10, rue de la Monnaie. « Je, soussigné, déclare que le mercredi 28 juillet sur les 11 heures du matin, j’ai rencontré M. Eugène Tessier, en armes, sur la place de la Bourse, se disposant à marcher au premier signal ; que, de là, il s’est dirigé avec la colonne partie de la place de la Bourse vers la rue du Roule par celle des Prouvaires, où nous avons été arrêtés par le 15e d’infanterie légère, dont nous avons essuyé le feu pendant plusieurs heures. Je puis attester, de plus, que M. Tessier est un homme fort capable, plein de cœur et digne des faveurs du gouvernement. » Signé : Laissac, Gustave (voir ce nom), sous-préfet à Château-Chinon (Nièvre). « Je certifie que le 28 juillet 1830, étant en armes sur la place de la Bourse, le sieur Tessier, Eugène s’est joint au corps de la garde nationale dont je faisais partie, qu’il s’est rendu avec nous par les rues Montmartre, du Cadran, Montorgueil, Traînée, à la rue des Prouvaires, qu’étant arrivé en face le 15e léger, nos officiers ont été pour fraterniser avec ledit régiment, les officiers commandant le régiment n’ont pas voulu fraterniser et ont fait engager une vive fusillade à laquelle le sieur Tessier a rigoureusement riposté ; qu’obligé de se retrancher dans la rue de la Tonnellerie, il n’a pas cessé de faire le coup de feu contre les Suisses ; que là j’ai été obligé de me retirer, ayant reçu une blessure à la jambe, que dès ce moment j’ai perdu le sieur Tessier de vue. » Signé, le 15 octobre 1830 : Crampel, opticien, demeurant 1, rue du Roule. Un reçu était joint : « Etat-major de la Bourse. Reçu de M. Tessier, volontaire une lettre du colonel d’état-major de la garde nationale de Paris, constatant que plusieurs gardes nationaux et ledit volontaire ont amené à l’Hôtel de ville un facteur de la poste aux lettres [convaincu ? illisible] de trahison. » Signé : Novince, Pierre (voir ce nom). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il sollicita une fonction du gouvernement, telle que directeur ou inspecteur des postes ou sous-préfet, puis abandonna toute demande, se contentant d’une distinction honorifique. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin 1831. Il demeurait 57, rue Mazarine en 1830 ; 11, rue Guillon en 1831 in Archives de Paris Vbis1K4 2 ; 5, rue des Fossés-Montmartre en 1831 in Archives de Paris VD6 3 et in Archives nationales F/1dIII/39. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis. ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement, idem VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.