Thiel, Frédéric
Biographie
Ancien maître bottier des lanciers de la garde impériale, devenu maître bottier à Paris, mais, ayant éprouvé de pertes, contraint d’accepter une place de régisseur d’un maître cordonnier à Vaugirard. Le 18 août 1830, par l’intermédiaire de Benjamin Constant, il fit remettre une pétition, afin de solliciter un emploi, et dans laquelle il expliquait la participation qu’il avait prise aux combats : « […] Aussitôt qu’il apprit les massacres qui se commettaient sur les habitants de Paris par les satellites du pouvoir tyrannique, qui heureusement vient de cesser sans retour, il prit les armes et revêtit son ancien uniforme de garde national et qu’ainsi armé il alla de maison en maison engager les habitants de sa commune à le suivre. On choisit pour point de ralliement la plaine de Grenelle et c’est là que, le 29 au matin, ils ont arrêté l’archevêque de Besançon et le conduisirent à la mairie de sa commune. Immédiatement après cette arrestation et se trouvant seul en uniforme, il se mit à la tête d’un détachement de sa commune, assista à la prise des Tuileries et à la caserne de Babylone et ne prit de repos que quand Paris et la France pouvaient se flatter d’avoir reconquis nos libertés. Mon général si le sieur Thiel n’a point plus tôt adressé ses prétentions comme devant avoir droit d’être indemnisé c’est que sa modeste place de régisseur lui restait encore ; mais, depuis, son patriotisme ayant déplu au sieur Tautin (de qui il tenait cette place), il fut congédié. Maintenant qu’il est réduit, lui et sa femme, à un état voisin de la misère, il ose prendre la liberté de s’adresser à vous pour qu’il soit admis sur la liste de ceux qui doivent avoir part à quelconque indemnité à raison de leur belle conduite dans les mémorables journées de juillet 1830. Il a eu l’honneur de remettre au ministre de l’Intérieur trois certificats, dont deux attestent sa moralité et sa bonne conduite dans l’ancienne garde nationale et le troisième dont suit la copie prouve aussi sa conduite dans les derniers événements. Le voici : “Nous, soussigné, maire de la commune de Vaugirard, certifions que le sieur Thiel, Frédéric, s’est conduit pendant les événements qui viennent d’avoir lieu avec beaucoup de zèle et de patriotisme, qu’il s’est présenté un des premiers à la mairie, sous les armes et en uniforme et qu’il s’est distingué par son dévouement et son courage. Nous attestons en outre que le sieur Thiel faisait partie de la compagnie de la garde nationale de Paris, dont nous avions l’honneur d’être le capitaine jusqu’à l’époque du licenciement de cette garde, en 1827, et qu’il n’a cessé de jouir de l’estime générale. » Signé, le 6 août, Dubus, maire de Vaugirard. Le 17 novembre 1830, il s’enquérait de savoir où en étaient les démarches qu’il avait commencées ; il précisa qu’il savait parfaitement l’allemand et pouvait remplir toute fonction qui nécessitait la connaissance de cette langue ; il sollicita la restitution des certificats qu’il avait fournis. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il était célibataire en 1830. Il demeurait 131, rue de Vaugirard en 1830. Archives de Paris VK3 53 ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 20 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales.