Thierry, Jean-François, Edouard
Biographie
Né le 18 juin 1806 à Caen (Calvados). Sellier-carrossier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet, le 16 mars 1848, la lettre suivante à cette Commission : « Après les journées de 1830, dans lesquelles je me conduisis en bon citoyen, je fis la demande pour obtenir une place de dépotage des esprits à l’entrepôt ou une autre. Ma demande fut accueillie et l’on me fit la promesse d’accéder à mes désirs. Le règne déchu s’est écoulé sans que l’on ait songé à réaliser cette promesse. Mais les journées de février 1848 sont venues m’offrir un nouveau moyen pour mettre mon courage à l’épreuve et je ne l’ai pas laissé échapper. Je pourrais vous citer plusieurs passages où je me suis trouvé mais je veux être laconique autant que possible. Je me contenterai de vous communiquer ce dernier : le jeudi 24 février une bande effrénée criait Allons à la caserne des gardes municipaux allée des Veuves, il faut piller et mettre le feu. Effectivement, l’on força l’entrée ; il n’y eut aucune résistance, attendu que les gardes l’avaient abandonnée mais ce dont je puis me flatter et donner des preuves c’est d’avoir évité que l’on mette le feu et que l’on ne prenne autre chose que les armes. Lorsque les gardes nationaux ont vu que j’employais toute ma force et mon énergie pour rétablir l’ordre et éviter la dévastation et le pillage, ils se sont joins à moi et nous avons pu les réprimer et les expulser petit à petit. Néanmoins ai-je toujours maintenu cette cohorte seul pendant plus d’une demi-heure dans cette circonstance je n’ai fait que mon devoir d’un bon citoyen, des témoins partie du manuscrit brûlée pour vous garantir l’authenticité des faits que j’avance. Or donc, si ce que j’ai fait pour le bien est de quelque peu de valeur et appréciable, je viens, messieurs, près de vous solliciter n’importe quelle place, où je puisse gagner ma vie car mon état (sellier) est dans la plus grande défaveur. Je suis sans travaux ayant à ma charge ma mère âgée de soixante-neuf ans et ma belle-mère âgée de soixante-dix-neuf ans […]. » Il signait sa lettre comme délégué des selliers-carrossiers. Sa lettre était apostillée des signatures de : Desouche Touchard, carrossier, demeurant 42, avenue des Champs-Elysées ; Keller, propriétaire, demeurant 95, allée des Veuves ; Ley, Charles, médecin, brigadier dans la légion de la cavalerie de la garde nationale, demeurant 41, allée des Veuves, qui précisait : « J’atteste que le nommé Thierry m’a prêté un concours énergique par son influence sur les individus qui se sont présentés pour incendier la caserne de la garde municipale et qu’il a empêché que des dégâts plus considérables n’aient été faits. » Barbe, demeurant 22, rue Bayard et Crouzat fils, carrossier, demeurant 60, allée des Veuves, attestaient aussi la véracité des faits avancés par Thierry. Il fut recommandé par la Commission pour une mention honorable à paraître dans le Moniteur. Il était marié et avait deux nièces à sa charge en 1848. Il demeurait 4, rond-point de l’Etoile puis 9, rue Fontaine-Saint-Georges en 1848. Archives de la préfecture de police AA 415.