Thorot, François

Biographie


Né vers 1797 à Chamesson (Côte-d’Or). Ancien lieutenant de la jeune garde, devenu avocat. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Le 22 juillet 1831, il adressait la lettre suivante à cette Commission : « Je n’ai que la médaille et pourtant je crois mériter davantage. A ma conduite des 28 et 29, il faut ajouter mes services au camp de La Villette. Il paraît que la commission du gouvernement n’y a eu aucun égard. Une pièce importante a été perdue dans les bureaux ; mais il m’en reste assez pour justifier mes droits à la croix. Je les confie, messieurs, à toute votre sollicitude, persuadé que vous saurez les faire valoir. Ci-joint copie de ces pièces. Si les originaux vous sont utiles, veuillez me le faire connaître, je m’empresserai de vous les soumettre. » Le premier certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. François Thorot, ex-lieutenant, s’est trouvé avec moi, à la tête des braves citoyens qui combattaient le mercredi 28 juillet à la place de Grève ; qu’il les animait de son courage et de son exemple ; qu’il ne m’a quitté que pour prendre un instant de repos ; que le lendemain 29 il est venu me rejoindre à la place de la Bourse et s’est mis comme simple volontaire sous mon commandement lors de la prise des Tuileries ; que de plus je l’ai rencontré seul et armé d’un fusil à l’expédition de Rambouillet. » Signé, le 4 août 1830 : Lacroix (voir peut-être Lacroix, Joseph ?, même arrondissement en tout cas), étudiant en droit. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine commandant le camp de La Villette, certifie que M. Thorot, ancien lieutenant, a été employé en cette même qualité audit camp pendant toute sa durée ; qu’il a servi avec zèle et activité. Je ne fais que lui rendre justice en le recommandant aux autorités civiles et militaires. Je lui ai délivré le présent pour lui servir et valoir ce que de droit. » Signé, au camp de La Villette, le 19 août 1830 : Thiéry. Suivaient deux apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « Je me joins au capitaine Thiéry pour attester que les faits ci-dessus sont exacts et que cet officier mérite l’estime et la confiance des autorités auxquelles il se recommande. » Signé : Hirne (voir Hirne, Jean, Protais, Théodore), ex-colonel provisoire, faisant maintenant les fonctions de major de la Ve légion. La seconde apostille, ainsi rédigée : « Je, soussigné, chef de bataillon retraité, adjudant-major de la Ve légion de la garde nationale de Paris, déclare avoir parfaitement connu M. Thorot, ancien lieutenant d’infanterie, pour avoir fait partie du bataillon de la colonne mobile qui faisait le service dans les postes du nord de la ville de Paris et qu’il y a parfaitement rempli ses fonctions ; qu’il s’y est fait remarquer par son zèle et son intelligence, au point de se concilier l’estime, l’amitié non seulement de ses subordonnés mais encore de ses chefs ordinaires et supérieurs. En foi de quoi si le présent peut lui valoir pour ses droits à la reconnaissance nationale, je le lui accorde de bon cœur et d’après ma conscience. » Signé, le 9 octobre 1830 : Boissel, adjudant-major. Le troisième certificat était ainsi rédigé : « Nous, Jean, Clisa, Fleurus Noël, commissaire de police de la ville de Paris, attaché à la préfecture, chargé des délégations judiciaires, auxiliaire de M. le procureur du roi, certifions que, délégué par M. le conseiller d’Etat préfet de police, à l’effet de constater l’état des casernes qui servaient au logement de l’ex-gendarmerie de Paris et de recueillir tous effets abandonnés et nous étant à cet effet transporté le 16 août dernier dans l’ancienne caserne dite de la Rotonde de La Villette. Nous y avons trouvé avec M. le capitaine Thiéry, commandant les gardes nationaux mobiles qui gardaient cette caserne, incendiée en partie, M. Thorot, François, âgé de trente-quatre ans, demeurant passage Brady, escalier N, lieutenant de ladite caserne, qu’il a contribué avec M. Thiéry et avec plusieurs gardes nationaux mobiles que nous avons secondés à sauver la vie au nommé Drouault, ex-gendarme, qui était poursuivi par la foule à la barrière de La Villette et dont on demandait la délivrance pour le fusiller, en prétendant qu’il avait trié sur le peuple ; que cet officier a fait preuve de zèle et de dévouement à l’ordre public. » Signé, le 18 septembre 1830 : Noël. Le quatrième certificat était ainsi rédigé : « En marge d’une pétition au préfet de police, je recommande à tout l’intérêt de M. le préfet de police la demande de M. Thorot, ancien lieutenant dans la jeune garde impériale. Son dévouement pendant les journées de Juillet et à la suite des événements mérite qu’il soit distingué. Je verrais avec bien de a satisfaction que les services qu’il a rendus à cette mémorable époque fussent récompensés par le grade qu’il désire avoir dans la garde municipale. » Signé, le 28 janvier 1831 : Bourgeois, G., maire du (ancien) Ve arrondissement. Le cinquième certificat était ainsi rédigé : « M. le préfet, j’ai l’honneur de vous prier de recevoir avec bienveillance M. Thorot, ancien lieutenant de la jeune garde. Ses moindres titre sont d’avoir fait partie de ce corps en 1815 mais il s’est distingué dans les journées de Juillet. Il est porteur des attestations les plus honorables et qui non seulement font connaître sa conduite pendant les événements mais encore celle qu’il a tenue ensuite en commandant divers détachements de la garde mobile. M. Thorot m’a fait part de la demande qu’il avait à vous adresser, je verrais avec satisfaction qu’elle pût être accueillie. » Signé, le 31 janvier 1831 : Bourgeois, G., maire du (ancien) Ve arrondissement. Le sixième certificat était ainsi rédigé : « Nous, maire de la ville de Troyes, chevalier de l’ordre royal de la Légion d’honneur, sur l’attestation de M. Huguenin, propriétaire, Dubourg, Michaux, Laperrière, tous deux officiers de santé, Larjot, Bridard, tous quatre propriétaires domiciliés en cette ville, certifions que M. François Thorot, ancien officier d’infanterie et avocat, demeurant à Paris, passage Brady, né à Chamesson-sur-Seine (Côte-d’Or), dont les parents sont domiciliés à Troyes, où ils jouissent de la meilleure réputation, a toujours tenu une conduite très régulière et que depuis son départ de cette ville on a toujours eu ses renseignements très avantageux sur sa conduite. » Signé, le 29 novembre 1830 : Huguenin ; Dubourg ; Michau Lapérierre ; Larjot ; Mgr J., L., D., évêque de Troyes. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il reçut un secours de soixante francs en 1853, au titre de médaillé de Juillet Il demeurait dans le passage Brady en 1830-1831 ; 7, rue Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle en 1831 ; 5, petite-rue de l’Eglise aux Batignolles en 1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853 (sous le nom de Thorot, Arthur, François) ; Archives de la préfecture de police AA 415;.

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