Thory, Louis, Adolphe
Biographie
Né le 15 novembre 1812 à Paris. Ciseleur, bon ouvrier gagnant quatre francs par jour. Il fut tué d’un coup de feu, le 29 juillet à l’attaque du Louvre. Son corps, trouvé près du Louvre, fut envoyé à la morgue, où il fut reconnu Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 14 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Moreau, François, marchand de vin, demeurant 27, rue de Jouy ; Dor, Auguste, Joseph, marchand de vin, demeurant 3, rue de Jouy ; Lemé, François, perruquier, demeurant 18, rue de Jouy ; Vasseur, Jean-Pierre, serrurier, demeurant 38, rue Geoffroy-Lasnier. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Thory, Louis, Adolphe et « qu’ils savent que le 28 juillet dernier, entre 8 et 9 heures du matin, ils l’ont vu dans la susdite rue de Jouy, partant pour aller à son travail ; qu’il n’est plus reparu, ni dans son voisinage ni dans son quartier ; que quelques jours après ils ont appris qu’au lieu d’aller à son travail il avait été entraîné par d’autres jeunes gens et conduit au Louvre, où on leur a dit qu’il s’était battu ; mais que ne reparaissant plus ils présument qu’il avait été tué ». Il laissait des parents, Thory, Jacques, Louis, né le 18 février 1784 à Paris, ouvrier ébéniste en piano, et Ponty, Joséphine (mais Deponty, Marguerite, Joséphine in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B), née le 5 avril 1784 à Paris. Le 14 février 1831, devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Devaux, Victor, Charles, Auguste (voir ce nom), marchand boucher et propriétaire de la maison 25, rue de Jouy ; Lemée, François, perruquier, demeurant 18, rue de Jouy ; Moro, François, marchand de vin, demeurant 27, rue de Jouy. Ils attestèrent que Thory, Jacques, Louis était « dans un état très nécessiteux, surtout depuis la perte qu’il a faite le 28 juillet dernier de son fils […] et qui avant sa mort soutenait sa famille du produit de son état de ciseleur ». Le père était en février 1831 arriéré de deux termes de son loyer. Ils présentèrent un certificat médical, signé en date du 19 février 1831, par les docteurs Dubois (voir Dubois, Alexis, Hippolyte) et Girot (voir Girot, Joseph, Marie) pour attester que le père était affecté d’une hernie inguinale du côté droit, que la mère souffrait « depuis très longtemps d’une surdité très prononcée » et que leur fils, Benjamin, Clément portait une jambe de bois par suite de l’amputation de la cuisse, pratiquée vers sa septième année et souffrait d’une vue faible. Les parents furent pensionnés et il leur fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; ils étaient les parents d’un autre garçon, Benjamin, Clément, né vers 1810, amputé à la cuisse depuis l’âge de sept ans et à la vue très faible, et de deux autres garçons, dont Pierre, Eugène (voir Thory, Pierre, Eugène), qui combattit aussi en juillet 1830, puis en avril 1834 et à la Révolution de Février. Il demeurait 25, rue de Jouy, chez ses parents, un petit appartement de deux pièces au quatrième étage. Le nom de Thory (L.-A. Thory) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IXe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.