Thourel, André, Albin, François, Bruno

Biographie


Né le 6 octobre 1800 à Montpellier (Hérault). Avocat depuis 1823, fils du président de la cour royale de Nîmes en 1830, officier de la Légion d’honneur, et frère d’un autre magistrat membre de la Légion d’honneur. Il établit une ambulance dans la cour et les remises de son domicile, 8, rue de Chartres, dans laquelle soixante personnes furent soignées. Denis Thiébaut écrivait de lui : « Ce digne citoyen, qui a sacrifié une partie de son avoir, n’a pas assez fait pour fixer l’attention de cette commission, qui a prévariqué ». Dans Le Constitutionnel du 2 août 1830 et Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, (repris dans la Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9, p. 28) la conduite de Thourel est ainsi rapportée : « La rue de Chartres, par sa position, s’est trouvée, dans la journée du 29, devenir le théâtre d’un combat long et meurtrier, entre les citoyens qui venaient de s’emparer du Louvre et les troupes royales stationnées sur la place du Carrousel et sur celle du Palais-Royal. Au moment où le feu le plus terrible jonchait cette rue de morts et de blessés, M. Thourel, avocat, demeurant n° 8, maison qui fait face au château, de concert avec le sieur Monet, portier, ont ouvert la porte cochère et fait de la cour et de la remise une ambulance provisoire. Parmi les combattants, il s’est rencontré trois élèves en médecine qui ont déposé leurs armes pour secourir et panser les blessés que d’autres citoyens enlevaient ensuite. Près de cinquante défenseurs du peuple, relevés de la rue au milieu d’une pluie de balles, ont été ainsi recueillis et ont reçu les premiers soins. Tous les voisins s’associant à cette œuvre de courage et d’humanité, jetaient par les croisées du linge et de la charpie. Quinze ou seize gardes royaux ont même été épargnés et sauvés, et le capitaine du 6e qui commandait sur la place du Palais-Royal, blessé assez grièvement, a été pansé dans la même maison, avec le même soin que les nôtres. » La Gazette des tribunaux du 2 et 3 août 1830 relate aussi à son sujet : « M. Prosper (rue de la Verrerie, n° 63) et un élève de l’Ecole de médecine portèrent chez Me Thouret, avocat, un Suisse blessé, qu’ils avaient eu bien de la peine à soustraire à l’indignation de leurs camarades ; et, comme ils demandaient s’il serait en sûreté, Me Thouret répondit : “Notre maison est ouverte à tous les blessés ; et, sans nous informer dans quels rangs ils ont combattu, nous leur donnons tous les soins que réclame leur malheureuse position. Je vous réponds d’ailleurs personnellement de celui-là.” » Dans une lettre adressée à la Commission des récompenses nationales, Thourel donnait le récit suivant de sa participation aux combats : « Le 29 juillet, au milieu de la fusillade la plus meurtrière, j’ai fait ouvrir les portes de la maison que j’habite, rue de Chartres, n° 8, en face des Tuileries. Secondé par le sieur Monnet, portier, je ramassais ou fis ramasser près de soixante blessés, qui reçurent chez moi les premiers soins des mains du docteur Fitz, Patrick (voir ce nom), demeurant même rue n° 13 et de deux élèves en médecine. De là, quand le feu devenait moins vif, nous les faisions transporter à la Charité. J’eus aussi le bonheur d’arracher à une mort presque certaine quinze gardes royaux désarmés, que je fis cacher dans une écurie. Je leur fis ensuite raser leurs moustaches et, revêtus de mes propres habits, ils purent sortir sans danger. Cinq d’entre eux m’avaient été amenés par le nommé Thiébaut, marchand de meubles, rue de Cotte, n° 8. M. de Conchy, capitaine au 6e de la garde, frappé d’une balle à la jambe, fut ainsi recueilli chez moi. Reconnu pour avoir commandé, un instant auparavant, le poste de la place du Palais-Royal, sa vie était compromise mais je le fis sur-le-champ porter sur mon propre lit, dont il n’est sorti que le lendemain pour être transporté chez lui, rue Neuve-Saint-Augustin, n° 59. Ces faits rapportés dans le Constitutionnel (à retrouver) et National du 2 août peuvent être attestés par MM. Dupin aîné et Persil, députés, et par tous les locataires de la maison. » Chappellier, Jean-François, Vincent (voir ce nom), étudiant en médecine, lui délivra, le 31 août 1830, le certificat suivant : « Je certifie que M. Thourel, avocat, demeurant rue de Chartres, n° 8, a, le premier, établi une ambulance provisoire dans sa maison et a prodigué tous les secours et les soins les plus empressés aux blessés, qu’il allait lui-même chercher au milieu du feu. J’atteste en outre qu’il a sauvé une vingtaine de soldats de l’ex-garde royale, parmi lesquels se trouvait le capitaine Deconchy, qui fut recueilli et pansé plusieurs fois dans les appartements mêmes dudit sieur Thourel. A diverses reprises, la maison fut assaillie par le peuple, sur le soupçon qu’il s’y trouvait des gardes royaux. M. Thourel sut résister avec un courage exemplaire à l’exaspération des assaillants ; plusieurs fois même, il risqua sa vie. Je fus témoin qu’une baïonnette qui lui fut mise sur la poitrine ne le fit point reculer ni avouer qu’il avait dans sa remise et sa cour des soldats de la garde. MM. Dupin aîné et Persil, députés, qui se sont trouvés là au moment du plus grand trouble, pourraient affirmer avec moi les faits que je me plais à retracer. » Un autre certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, locataires habitant la maison du 8 de la rue de Chartres, certifions comme étant à notre connaissance personnelle les faits suivants. Le 29 juillet dernier, pendant que l’on se battait dans les rues de Chartres, de Rohan, etc. le sieur Mollet (sic), portier de la maison, et le sieur Thourel, avocat, locataire, ouvrirent la porte cochère et, ayant organisé dans la basse-cour une ambulance provisoire, ils y firent donner les premiers soins à une cinquantaine de blessés bourgeois, qu’ils allaient recueillir au milieu du feu le plus meurtrier. Seize gardes royaux faits prisonniers et dont la vie était en péril, furent cachés par leurs soins dans une écurie. Le soir, après leur avoir fait raser les moustaches et les avoir vêtus de manière à ce qu’ils ne pussent être reconnus, il les firent successivement sortir et tous furent sauvés. Le sieur Deconchy, capitaine au 6e de la garde royale, blessé à la jambe, recevait les mêmes soins que les blessés bourgeois mais, sa présence excitant quelques murmures, il fut porté dans l’appartement même du sieur Thourel. Le lendemain, on le transféra chez lui, rue Neuve-Saint-Augustin, n° 59. C’est au sang-froid du sieur Thourel que cet officier doit la vie. Les sieurs Mollet et Thourel ont fourni pour le service des blessés, vin, linge, bouillon, etc., et pour les gardes royaux différents vêtements ; et nous nous sommes tous associés à leur dévouement, quant à ces fournitures et aux soins à donner aux blessés. » Signé août 1830 : Letellier ; Lefaivre ; Torriani ; Huilliot, T., L. ; Huilliot, homme de loi, tous demeurant 8, rue de Chartres. Enfin, Thiébaut, Denis (voir ce nom), demeurant 8, rue de Cotte, lui délivra, le 28 août 1830, le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie que le 29 juillet dernier, me trouvant engagé dans la rue de Chartres, dans laquelle le feu ne discontinuait pas, je vis M. Thourel, avocat, qui recueillait les blessés et s’exposait, avec le plus honorable dévouement. Comme j’eus le bonheur d’arracher successivement à la mort cinq gardes royaux, je crus ne pouvoir mieux les confier qu’à M. Thourel, qui, après les avoir mis sous sa responsabilité, les cacha, les couvrit de ses vêtements et les sauva ainsi. J’ai appris que ce citoyen en avait sauvé seize et j’ai moi-même vu chez lui une ambulance provisoire, où les blessés qu’il recueillait recevaient les soins les plus généreux. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Son dossier est annoté de l’observation suivante : « La conduite de Thourel est louable. Il doit être recommandé non pour la croix d’honneur mais pour la médaille nationale. » Puis cet ajout malveillant : « Les faits énoncés par M. Thourel sont connus par tous les habitants de sa maison. La médaille nationale ne paraît pas être due cependant puisqu’elle est la récompense des combattants (et depuis quand, quand même la croix ne récompense pas que des combattants ?, N.D.A.) et que l’humanité de M. Thourel ne peut avoir de plus belle récompense que l’estime de ses concitoyens. » Il reçut la médaille de Juillet (sous le nom de Tourel, Alain, sur les listes de la mairie in Archives de Paris VD6 3, sur celles du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main ; sous le nom de Thourel, André, Albin, François, Bruno in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe mais du nom de Thourel, Albin). Il reçut sa médaille le 1er juillet 1831, et son brevet le 22 août de la même année. Il participa à une assemblée générale des décorés de Juillet, au Wauxhall, le 12 juillet 1831, dont le but était de préparer une pétition adressée aux membres de la Chambre des députés, pour faire cesser la distinction faite entre ceux qui avaient été décorés de la Croix de Juillet et ceux qui n’avaient reçu que la médaille de Juillet. Le procès-verbal de cette réunion était ainsi rédigée : « La première partie de la séance est consacrée au rapport des travaux de la commission des réclamants de Juillet. A cette occasion, Me Floriot prononce un discours dicté par les sentiments du plus pur patriotisme, et plein d’une sage modération. Son intention était d’obtenir l’adhésion des décorés de la croix spéciale à d’équitables représentations. M. Capot de Feuillade parle dans le même sens. M. Thourel, prenant aussi la parole, invite tous les hommes de Juillet à établir entre eux des rapports plus intimes, et à ne former qu’une même famille, comme aux jours du danger. Il propose de signer une pétition qui sera présentée à la Chambre des députés. Toute distinction, dit-il, doit cesser entre ceux dont le péril fut le même. Ses intentions pures et patriotiques, bien comprises de l’assemblée, produisent la plus profonde sensation, et excitent les plus vives sympathies. Il se livre ensuite à quelques observations pleines d’intérêt sur le programme public des fêtes des 27, 28 et 29 juillet et sur l’avis affiché par la commission des blessés de Juillet.

»M. Bonnellier prend ensuite la parole pour le même objet. Pendant son improvisation, M. Thourel a rédigé la pétition dont il avait précédemment parlé. Cette pétition, lue dans le plus grand calme, est accueillie par d’unanimes applaudissements ; on la dépose sur le bureau du président, où elle est à l’instant couverte de nombreuses signatures.

»Me Floriot fait la proposition d’offrir une épée d’honneur aux généraux Dubourg et Dufour. L’assemblée vote par acclamation, et l’on arrête qu’à dater de ce jour des listes de souscription sont ouvertes dans les bureaux de la commission des réclamants de Juillet et dans ceux des journaux La Tribune et La Révolution.

»Avant de se séparer, un membre de l’assemblée donne communication du programme des fêtes qu’on se proposait de célébrer le 14 juillet pour l’anniversaire de la prise de la Bastille. Après lecture faite de ce programme, on se sépare dans le plus grand ordre, et en entonnant l’hymne patriotique la Marseillaise. » Le texte de la pétition que la réunion voulait adresser à la Chambre était ainsi conçu : « Lorsque la France s’est levée comme un seul homme pour élever l’étendard de la liberté sur les débris d’un trône, les citoyens n’ont établi entre eux aucune distinction ; tous, ils ont couru aux armes, le même héroïsme les animait, et la même tombe recouvre quatre mille d’entre eux ; et cependant au jour des récompenses, des catégories sont établies, les titres sont égaux, et nous, que l’on voudrait placer sur la première ligne de ceux avec lesquels nous étions confondus dans le danger, nous venons hautement protester contre une telle distinction, et réclamer les honneurs militaires et l’étoile le Juillet pour nos frères jugés dignes de la médaille, et ceux dont les droits auraient été méconnus. Une commission a été établie dans le sein de l’assemblée de ces braves ; nous venons appuyer auprès de la Chambre une réclamation aussi juste, de toute l’autorité des droits qu’on nous a déjà reconnus. Suivent les signatures des décorés de Juillet. » Il demeurait 8, rue de Chartres et 11, place Ventadour (j’ai les deux adresses in Archives de Paris VK3 24 dans le registre qu’il signe) en 1831 Le National, 2 août 1830 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830, pp. 144-145 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 89-90, 115 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 277 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, cinquième édition, Paris, Audot libraire, 1830, p. 175-176 ; La Liberté reconquise ou histoire complète et détaillée de la révolution de Paris en juillet 1830, J.-B. Ambs, troisième édition revue et corrigée, Paris, Terry jeune, libraire, Palais-Royal, galerie de Valois, n° 185, 1830, p. 93-94 ; La Quinzaine mémorable. Evénements arrivés à Paris du 26 juillet au 9 août 1830, avec la nouvelle charte constitutionnelle adoptée le 7 août ; ouvrage dans lequel on trouvera de nombreux faits avérés mais peu connus, Simon Blocquel, Paris, Delarue, s.d. p 86-87 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Album des décorés de Juillet, contenant les noms des décorés de Juillet, Paris, chez Mie, Prevot et Levavasseur, 1831 ; Les Enfans de Paris ou les Petits Patriotes, scènes de courage, de présence d’esprit, de magnanimité, de grandeur d’âme et de désintéressement de la jeunesse parisienne pendant les journées des 27, 28, 29 juillet 1830, A. de Saintes, chez Nepveu libraire, et Eymery, Fruger et Cie, libraires, Paris, 1831, p. 65-66 ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Prüé, Fleury (où Prospert, Victor déclare avoir conduit chez Thourel un Suisse qui avait été blessé) ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thiébaut, Denis.

Thouret, Vincent, Antoine.

Né vers 1808 à Tarragone de parents français. Gérant de la Révolution de 1830 en 1831. Il fut l’un des inculpés (avec Bonnias, Henri ; Chaigneau, Jean-Marie ; Blanqui, Auguste ; Delaunay, Victor ; Gervais, François, Guillaume ; Hubert, Jean-Louis ; Juchault, Alexandre ; Plagniol, Eugène ; Préot ; Raspail, François, Vincent ; Rilheux, Norbert, ou Rillieux ; Rivail ; Trélat, Ulysse) du procès, en janvier 1832, contre les membres les plus influents de la Société des Amis du peuple, pour complot ayant pour but d’instaurer la république, et qui furent tous acquittés par le jury ; certains cependant, dont Thouret, furent l’objet de peines accessoires, prononcées par les seuls magistrats et pour leur attitude pendant le cours du procès : pour outrages à magistrats, Thouret fut condamné à six mois de prison et cent francs d’amende. A l’issue du verdict, il s’écria : « Nous avons encore des balles dans nos cartouches. » Il était, comme la plupart des autres inculpés, un combattant de Juillet. Le 2 décembre 1831, il sollicita, dans ces termes la décoration de Juillet, depuis la section politique de la prison de Sainte-Pélagie et auprès de la préfecture du Nord : « Conformément aux dispositions de M. le préfet, qui fixent au 10 courant le terme fatal pour la réception des pièces concernant les récompenses nationales, je m’empresse de vous faire passer les pièces que je crois suffisantes pour obtenir la décoration de Juillet ; c’est du moins l’avis unanime des membres de l’ancienne Commission des récompenses nationales de Paris. La pièce provenant des habitants principaux de la ville de Douai a été seule légalisée. Je me suis cru dispensé, à cause du peu de temps qui me reste, de faire légaliser celles du général Lafayette, qui m’a invité lui-même à réclamer la décoration de Juillet, parce que son écriture est extrêmement connue et que l’une de ces pièces, écrite d’ailleurs toute de sa main, porte le timbre de la Chambre des députés. Si Monsieur le secrétaire général veut bien m’en accuser réception et me dire en même temps son opinion sur l’issue de ma demande je lui en conserverai une bien vive gratitude. Je le prie en même temps de penser que je suis tout à sa disposition dans le cas où je pourrais lui être utile à Paris. Oserai-je encore le prier de présenter à M. le baron Méchin l’hommage de ma considération, que je prie en même temps, monsieur le secrétaire général d’accepter pour lui-même. » Le 12 décembre 1831, la Commission nommée par le préfet du Nord, à l’effet de distribuer des récompenses honorifiques pour des faits passés pendant la révolution de Juillet dans la commune de Lille prit, à l’unanimité, la résolution suivante : « Considérant qu’une résistance généreuse a été organisée par un très grand nombre de citoyens, qu’il ne s’y est pas passé de faits tels qu’il y ait eu un danger immédiat de la vie pour aucun d’eux ni assez saillant pour justifier une exception, la Commission déclare qu’il serait impossible d’accorder des récompenses nationales à quelque citoyen, sans blesser les autre, qui ont aussi des droits à la bienveillance du gouvernement. » Ayant examiné particulièrement les droits de Touret, Antoine (sic) à une récompense honorifique, elle ne jugea pas ses droits suffisants. En 1832, il adressa une nouvelle lettre à la Commission des récompenses nationales instituée pour le département du Nord : « J’ai envoyé, en temps utile, à la préfecture du Nord des pièces qui semblent constater mes droits à la décoration de Juillet pour les départements. J’ai fait cette démarche d’après l’avis de presque tous les membres de l’ancienne Commission des récompenses nationales, qui ont regretté que je ne me sois pas présenté pour la décoration de Paris. J’ai donc lieu de m’étonner de recevoir dernièrement de la préfecture du Nord le refus non motivé de m’accorder cette décoration. On me dit, en même temps que mes pièces sont renvoyées au ministère de l’Intérieur. C’est pour en appeler de cette décision qui me semble énormément injuste ainsi qu’à M. le général Lafayette, qui a signé un des certificats, que j’ai l’honneur de vous écrire. J’espère que vous ferez droit à ma réclamation en ordonnant la révision de ces pièces. Si je n’étais pas plus heureux, ce que je ne puis penser, je demanderais que l’on voulût bien me renvoyer mes pièces à la maison de santé où je suis retenu pour délit politique. Si vous étiez assez bon pour me faire accuser réception de cette lettre, je vous en conserverais une véritable gratitude. » Il demeurait à la maison de santé, 26, rue Pigalle en 1832. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Nord (sous le nom d’Antony-Thouret) ; Procès des quinze, publié par la Société des Amis du peuple, Paris, Auguste Mie, 1832.

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