Toussard, Pierre, Julien
Biographie
Né le 23 octobre 1802 à Paris, fils de Toussard, Nicolas et de Lemonton, Marie, Jeanne. Entré au service au 43e régiment de ligne comme remplaçant le 5 mai 1823, caporal le 7 novembre 1824, congédié le 3 août 1827. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 7 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Il fut au désarmement du poste de l’Hôtel-Dieu et combattit à la Grève. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 7 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, trois voix pour la médaille et trois voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs auprès de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il incorpora, le 2 septembre 1830, la 4e compagnie du 1er bataillon de la garde municipale à pied, caserné rue de Tournon. Il quitta la garde municipale le 4 septembre 1834, après avoir « servi avec honneur […] et versé plusieurs fois son sang pour le maintien des lois et de l’ordre public », et avoir été blessé le 13 avril 1834 par une plaie contuse à la hanche droite, suite d’un coup de feu qui lui brisa son fusil dans les mains, rue Beaubourg, alors qu’il combattait les insurgés. En 1836, journalier, père d’une nombreuse famille, depuis longtemps sans ouvrage et « réduit à un état pénible, manquant parfois des secours les plus nécessaires à la vie », il sollicita des secours. A cette occasion, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et il a trois enfants. […] Il exerce la profession de blanchisseur. Sa position paraît gênée. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1836, un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1847, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié et père de six enfants, dont cinq à sa charge, est établi blanchisseur rue du Pot-au-Lait, n° 10 à la Glacière, commune de Gentilly. Cet individu, qui jouit d’une bonne réputation, subvient avec peine à l’existence de sa nombreuse famille. Il a été condamné à un an de prison par jugement du 29 novembre 1821 pour vol. » Il reçut un secours de quarante francs en janvier 1848. En juin 1848, il fut blessé en aidant « à sauver un détachement de gardes municipaux qui, assaillis par un grand nombre d’insurgés, avaient abandonné leur poste qui était au ministère de l’Intérieur ». En 1849, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] On a obtenu les renseignements les plus favorables sur sa conduite et sa moralité. Sa position, eu égard à sa nombreuse famille, est peu heureuse. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet, un secours de soixante-quinze francs en 1851. En 1852, père d’une famille de cinq enfants en bas âge, paralysé de ses membres, se trouvant dans l’impossibilité de travailler, « dans la situation la plus malheureuse », il sollicita un secours. La préfecture de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Le sieur Toussard, Pierre, Julien, quarante ans (sic), blanchisseur, boulevard Montparnasse, n° 147, a, dit-on, rendu de grands services aux affaires de juin 1848. Il est atteint de paralysie et est dans toute impossibilité de faire aucun travail. Il a cinq enfants, dont trois sont encore à sa charge. Toussard est en tout point digne de la bienveillance du gouvernement. » Il reçut un secours de soixante-quinze francs en 1851, un secours de soixante francs en 1852. Il mourut en 1853. Sa veuve, Laurenbert, Virginie, Marie, Jacqueline, qu’il avait épousée le 16 février 1828, reçut un secours de cinquante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854. En 1855, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Madame veuve Toussard habite depuis un an un logement de quatre-vingt-dix francs par an. Elle est veuve depuis deux ans. Cette femme est âgée de quarante-cinq à quarante-huit ans, exerce l’état de blanchisseuse. Elle a deux enfants avec elle. L’aînée est âgée de quinze ans. Elle travaille avec sa mère. Elles peuvent gagner quinze francs par semaine. L’autre enfant est âgé de six ans, il est toujours malade. Cette femme a un fils sous les drapeaux dans le 59e de ligne, actuellement à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Il y a deux ans qu’il est au service. Avant de rentrer dans l’armée, il était ouvrier ciseleur. Il soutenait sa mère. Depuis cette époque, cette femme a beaucoup de peine à faire face à ses affaires. Dans la maison qu’elle habite elle est bien considérée et passe pour une bonne mère de famille, n’étant pas heureuse, ayant beaucoup de mal pour élever ses enfants. Dans ce moment, elle ne doit rien à son propriétaire. L’intérieur du logement de la dame Toussard est très simple, c’est celui d’une ouvrière peu aisée. Cette femme reçoit de Son Excellence le ministre de l’Intérieur, depuis la mort de son mari, une somme de cinquante francs par an. » Elle reçut un secours de cinquante francs en 1855, un secours de cinquante francs en 1856, un secours de cinquante francs en 1857, un secours de cinquante francs en 1858, un secours de cinquante francs en 1859, un secours de cinquante francs en 1860, un secours de cinquante francs en 1861. Il demeurait 309, rue Saint-Jacques en 1831 ; 65 à la Glacière, commune de Gentilly en 1836 ; 10, rue du Pot-au-Lait à la Glacière, commune de Gentilly en 1842-1849 ; 147, bd du Montparnasse en 1851-1852 ; sa veuve, 20, bd d’Enfer en 1854-1855 ; 3, rue Campagne-Première en 1857-1859 ; 120, bd du Montparnasse en 1860 ; 61, rue de Lyon en 1861. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont reçu de la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VD6 682 n° 3 ; Archives de Paris VK3 18, liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VK3 19, Liste nominative des blessés de la 1re classe qui ont touché à la douzième mairie le secours définitif de cent vingt francs provenant de la répartition de la souscription nationale (sous le nom de Toussard, Pierre, Jean) ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 7 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 1re classe ; Archives nationales F/15/3796-3797 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Proposition, en date du 27 novembre 1851, d’accorder à 165 décorés, médaillés, blessés, veuves, ascendants, orphelins, combattants et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 9.610 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 202-204, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.