Tranchant, François
Biographie
Né le 7 février 1782 aux Riceys (Aube), fils de Tranchant, Nicolas, tisserand, et de Philippot, Elizabeth, son épouse. Voiturier. Il combattit le 28 juillet place de Grève, avant d’être atteint d’une balle qui lui traversa le bras gauche. Il fut signalé, dès le 30 août 1830, par le maire de la commune de Charonne comme gravement blessé, ne pouvant plus travailler et désormais privé de moyens d’existence. Père de six enfants, il reçut un secours de quatre-vingts francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un total de deux cent cinquante francs de secours auprès de la sous-préfecture de Saint-Denis. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Beucher, Louis, Arsène, né vers 1803, facteur à la poste, demeurant 16, rue Copeau ; Ledru, Maxime, Louis, Auguste, né vers 1799, facteur à la poste, demeurant 39, rue Copeau ; Quéant, Aimable, né vers 1791, commissionnaire en mercerie, demeurant 39, rue Copeau ; Dubreuil, Simon, Eloi, né vers vers 1792, maître maçon, demeurant 16, rue Copeau. Ils attestèrent parfaitement connaître Tranchant, François et « bien savoir que le 28 juillet dernier il a combattu à la place de Grève et qu’il y a été blessé par une balle qui lui a traversé le haut du bras gauche ». Il produisit un certificat d’indigence et un certificat de vie de six enfants auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un secours de seize francs, le 4 février 1831, un secours de seize francs, le 11 février 1831, un secours de quinze francs, le 25 février 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 16 mars 1831, un secours de douze francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 30 avril 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, en date du 5 février 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, ayant peut-être envie de combattre, fut blessé dans la rue en face de l’église Saint-Gervais, à 3 heures et demie. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 5 février 1831, à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et deux voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 12 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au bras gauche, de sa partie antérieure et supérieure vers sa partie externe, en contournant l’humérus, à travers les chairs seulement ; guérie avec quelques difficultés dans les mouvements du bras. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut, à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il appartint à la XIIe légion de la garde nationale. Il fut assassiné le 9 août 1834 à Bercy par un homme à qui il avait accordé l’hospitalité. Sa veuve, mariée depuis peu avec lui était entrée dans la communauté avec son ménage, ses effets, ses meubles, le peu d’argent qu’elle avait et sans avoir eu connaissance des nombreuses dettes qu’avait contractées Tranchant et de l’impossibilité dans laquelle il était de les payer. Tranchant avait eu deux enfants d’un précédent mariage, l’un âgé d’environ vingt-quatre ans en 1834, marié, et le second de dix ans ; ce dernier, à la mort de son père, venait d’être admis à l’école mutuelle gratuite et une demande fut faite pour qu’il entre à l’école de Charonne comme orphelin d’un décoré de Juillet. Les deux enfants renoncèrent à la succession. Tous les effets et le mobilier de Tranchant furent vendus, pour payer les créanciers. La vente comprit aussi les effets de la veuve, qui ne parvint à en récupérer une partie qu’à grand-peine et à l’aide du produit d’une quête faite en sa faveur dans la commune. Elle obtint un secours de quarante francs de la part de la reine, un autre de cent francs ; la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Quoique la veuve Tranchant n’ait pas à sa charge les fils de son mari, elle n’en est pas moins malheureuse, n’ayant aucune ressource pour continuer son état de voiturière puisque les chevaux et voitures ont été vendus. » Elle entra comme employée à l’hospice de la rue de Picpus. Le 29 mai 1831, il avait retiré de son dossier les actes de naissance et les certificats d’existence de ses enfants. Tranchant demeurait à Charonne depuis 1823 jusqu’en 1830 (Excepté le temps qu’il a été à Sainte-Pélagie section de la dette par suite de revers de fortune et trois [mois ?] dans la rue Copeau, selon une attestation de la mairie en septembre 1830) ; 29, rue Copeau en août 1830 sur les listes du Constitutionnel ; 50, rue Saint-Germain à Charonne en 1830-1831 (mais 39, rue Copeau in Archives de Paris VK3 34 et chaque fois in Archives de Paris VK3 22, deux fois in Archives de Paris VK3 33, in Archives de Paris VK3 35, in Archives de Paris VD6 682 n° 3, sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 19, rue Copeau en 1831 in Archives nationales F/1dIII/37). 46, route de Bercy, au port, hors barrière en 1834. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 46 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 51 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des médaillés, pièces produites par les blessés ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris VK3 14, une pièce du jury médical en date du 12 mars 1831 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 5 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement ; Archives de Paris VK3 41 ; Archives de Paris VK3 53 (voir dossier Barrault, Benjamin) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Notin ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe.