Trembley fils, Auguste, Adolphe

Biographie


Né le 27 mai 1803 à Paris. Compositeur d’imprimerie chez l’imprimeur Duverger (voir Duverger, Louis, Camille, Eugène). Il participa sous ses ordres à l’attaque de l’hôtel de ville. Il reçut un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Tremblé sur les listes de la mairie et sur les listes du Bulletin des lois et du Moniteur universel et sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39 mais sous le nom de Trembley, sur le récépissé, qu’il signe, de remise de ses médaille et brevet). Il signa, le 5 décembre 1830, le certificat suivant en faveur de Maugeret, Louis, Charles, autre ouvrier de l’imprimeur : « Nous, soussignés, certifions que Louis, Charles Maugeret, compositeur employé dans les ateliers de M. Duverger à l’époque des affaires de Juillet, a pris une part au désarmement de plusieurs postes du quartier Saint-Germain, notamment de celui de l’Abbaye et qu’ensuite il a participé à l’affaire de la place de Grève avec les soussignés, ayant à leur tête M. Duverger. Depuis ce jour, il a constamment fait le service de garde national, jusqu’au 24 août, époque de son engagement. » Duverger, en certifiant les signatures de l’attestation, les présentait comme celles de personnes qui « ont participé chacun ainsi qu’il est dit ci-dessus à la totalité ou à la plupart des actes mentionnés ». Il signa (il semble signer Tremblez), le 1er septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Possien, Edouard, François et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je certifie le nommé Edouard, François Possien s’est trouvé en armes et s’est battu en brave à la caserne de Babylone, où il a coopéré activement à la prise de ladite caserne. J’atteste en outre que ce jeune homme est de bonne vie et mœurs et que ses sentiments sont de nature à mériter l’estime de ses concitoyens. » Sa médaille lui fut délivrée le 27 juin 1831 et son brevet le 16 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Tremblé), auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En août 1831, Girard, Jacques lui donna procuration pour pour recevoir en son nom sa médaille, le brevet qui l’accompagnait ainsi que les vingt-cinq francs accordés à chaque décoré à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. En 1840, ses parents sollicitèrent ainsi un secours : « […] Nous venons de perdre notre fils aîné et sa sœur, tous deux d’une forte constitution et jouissant d’une bonne santé. Ils sont morts en peu de jours de la fièvre cérébrale et à quelques mois l’un de l’autre. Il ne nous reste donc que ce fils, notre seul appui dans notre vieillesse. C’est une grande charge pour un seul, son bon cœur n’en murmure point, mais le prix de ses journées est si peu rétribué qu’il suffit à peine à se suffire. » En février 1841, lui-même sollicitait un secours auprès du ministre de l’Intérieur : « La crise qui, en ce moment, pèse sur la librairie, a considérablement diminué la valeur et la quantité de ce travail, et je me trouve dans l’impossibilité de subvenir plus longtemps à leurs besoins [de mes parents âgés, N.D.A.]. […] Etant toujours resté étranger aux factions qui, trop souvent, ont agité et tourmenté mon pays et apporté dans les affaires une perturbation dont moi, homme de travail et de paix, j’ai longtemps souffert, je crois avoir, par la moralité de mes mœurs et de mes antécédents, des droits à la bienveillance du gouvernement. » En septembre 1841, il sollicitait dans ces termes un secours, auprès du duc d’Aumale : « Je m’adresse avec confiance à Votre Altesse Royale, espérant que vous voudrez bien prendre en considération la demande que j’ai l’honneur de vous adresser. Je suis ouvrier, j’habite avec mes père et mère, âgés tous deux de plus de soixante-huit ans ; je les soutiens du produit de mon travail. Ce travail n’étant pas aussi abondant que je le désirerais, il en résulte pour notre position un état de gêne très grand. Décoré de juillet 1830, j’avais ignoré jusqu’à présent qu’une allocation de vingt-cinq francs était accordée depuis onze ans par M. le ministre de l’Intérieur à chaque décoré. Je me suis présenté le 28 juillet dernier au bureau des récompenses nationales, siégeant au ministère de l’Intérieur, où j’ai touché l’allocation de cette année ; et, sur ma demande de toucher les deux cent vingt-cinq francs d’arriéré de ce qui m’est dû, le chef de ce bureau m’a répondu que je toucherai peut-être plus tard. Dans cette circonstance, la bienveillante intervention de Votre Altesse Royale pourrait hâter le paiement d’un argent qui m’est dû et adoucir la position dans laquelle mes parents et moi nous nous trouvons. En même temps, je prendrai la liberté de vous rappeler, Monseigneur, que, en août 1834, je fus assez heureux pour vous rendre un léger service, lorsque je tentai sur le quai Voltaire, d’arrêter les chevaux de votre voiture, qui, en s’emportant, brisèrent son essieu et se renversèrent sur le pavé. Je possède encore les deux lettres que M. Cuvillier-Fleury, précepteur alors de Votre Altesse Royale, m’écrivit par vos ordres à ce sujet [ces deux lettres sont dans son dossier, N.D.A.] ; la première pour me transmettre vos remerciements et me dire que Votre Altesse Royale eût désiré me les adresser de vive voix ; la seconde pour me proposer d’accepter une gratification de cinquante francs. (A partir d’ici et jusqu’à la fin de la lettre, le texte est souligné en rouge par le destinataire de la lettre et apostillé de la mention Remarquable, N.D.A) Prince, quel que soit le résultat de la demande que j’ai l’honneur de vous adresser, permettez à ma faible voix de se joindre aussi à tout ce qui, dans ce pays, conserve encore les saines traditions de l’honneur et de la raison pour flétrir l’attentat dont vous avez failli être victime. Ouvrier, ces théories insensées de communauté égalitaire ne m’ont point séduit ; j’ai combattu et combattrai encore, selon la mesure de mon intelligence, cette propagande acharnée, incessante, qui s’adresse sans cesse à la classe à laquelle j’appartiens, heureux si je puis arracher à la fascination de ces dangereuses illusions quelque organisation plutôt grossière que pervertie. » En octobre 1841, c’était au ministre de l’Intérieur qu’il adressait la même demande et se plaignit de n’avoir touché l’indemnité de vingt-cinq francs qu’à l’occasion du dernier anniversaire (juillet 1841), ajoutant : « J’avais ignoré jusqu’alors qu’il existât aucune allocation à ce sujet, car, simple ouvrier, j’eusse accepté avec reconnaissance ce que la munificence du gouvernement m’accordait. Maintenant, monsieur le ministre, ma position est plus gênée qu’il y a dix ans ; mes père et mère avec lesquels j’habite, âgés tous deux de soixante-huit ans n’ont plus que moi pour subvenir à leurs besoins et l’état que j’exerce étant en baisse depuis plusieurs années me donne à peine un salaire nécessaire à notre existence à tous trois. L’hiver dans lequel nous entrons augmente encore les difficultés de notre situation. Dans ces circonstances, j’ai donc l’honneur de prier Votre Excellence, monsieur le ministre, de vouloir bien donner des ordres pour que le paiement des allocations arriérées qui me sont dues me soit fait intégralement. Aujourd’hui que des factions implacables, non contentes d’attenter aux jours du roi, viennent d’attenter aussi aux jours des princes ses fils, je prendrai la liberté de mettre sous les yeux de Votre Excellence les deux billets qui me furent écrits par ordre de Mgr le duc d’Aumale, à l’occasion d’un léger service que je fus assez heureux de lui rendre en août 1834. Le propriétaire de la maison que nous habitons depuis plus de douze ans est prêt à certifier de la moralité de mes mœurs ainsi que le maître de l’imprimerie dans laquelle je suis employé depuis dix ans. » En 1840, la police rapportait sur son compte : « Marié, séparé de sa femme, ouvrier compositeur d’imprimerie, gagnant de trois à quatre francs par jour, demeure depuis treize ans avec des parents très âgés, qu’il soutient. Cette famille, représentée sous les rapports les plus favorables, se trouve dans la gêne. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1841, deux secours de la même somme en 1842, un secours de cinquante francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1846, et un secours de quarante francs en 1847. En 1849, la mairie l’occupait à la distribution des secours versés aux travailleurs inoccupés et le payait cinquante francs par mois. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849, à titre de médaillé de Juillet. En 1850, il avait retrouvé son emploi de compositeur d’imprimerie et travaillait au 4, rue de Verneuil (il y a beaucoup de décorés à cette adresse, c’est l’adresse de l’imprimeur Duverger…) pour un salaire de trois francs cinquante par jour ; il soutenait toujours ses parents, maintenant octogénaires et paralysés, et la police concluait à son sujet : « Il jouit d’une excellente réputation et mérite l’intérêt du gouvernement. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850. Il demeurait 4, rue de Verneuil en 1830 (adresse de l’imprimeur Duverger) ; 14, rue de l’Hôtel-Colbert, près de la place Maubert, un loyer de cent trente-cinq francs par an, de 1830 à 1850. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement, idem Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement); Archives de Paris VD6 633 n° 1, prestations de serment et autorisations de retirer des brevets, reçus de brevets in dossier Girard, Jacques ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Maugeret, Maugeret, Louis, Charles ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, lettre en date du 7 mars 1849, idem lettre en date du 9 mars 1849, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 86, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 ; Archives de la préfecture de police AA 408 in dossier Possien, Edouard, François.

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