Tricot, Jean

Biographie


Né le 18 décembre 1777 à Saint-Symphorien (par erreur à Bernay, même département in Archives de Paris VD6 3, mais dans une lettre Tricot lui-même dit être né à Saint-Symphorien et avoir dit par erreur à Bernay) (Sarthe). Ancien militaire, ayant quatorze années de service, participé à sept campagnes et reçu sept blessures, il s’établit cordonnier en chambre. Il fut grièvement blessé en allant à Rambouillet, par une voiture, blessure qui occasionna un crachement de sang continuel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « Le pétitionnaire paraît ne pas avoir assisté aux événements auxquels il prétend cependant avoir pris part. Les renseignements qu’il donne ne se rapportent presque en rien à ceux des témoins oculaires. Du reste, il paraît aisé et ne pas avoir besoin de la place [de concierge ou de portier, N.D.A] qu’il sollicite. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin, et son brevet le 10 août 1831. Il signa, le 2 mars 1831, le certificat suivant en faveur de Grange, André quand celui-ci tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé André Grange, ancien maréchal des logis 21e chasseurs ancienne armée, s’est comporté sous nos yeux d’une manière digne des plus grands éloges, que partout où le danger fut le plus pressant il s’y transporta avec nous, notamment cour Batave, rue Saint-Honoré et à la place de Grève et que son zèle, son dévouement, son sang-froid, sa bravoure et son patriotisme pendant les journées des 27, 28 juillet où il fut blessé le 28 place de la Grève d’une balle à la jambe gauche (sic). » Il signa, 15 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Busquet, Jean-François : « Nous, soussignés, certifions avoir vu, le 28 juillet vers midi 1 heure, le nommé Busquet, Jean-François, dans les rues Mandar, Montmartre et Piliers-des-Halles (il était armé d’un fusil) et au camp de Rambouillet. » En 1830, il était le père d’un fils, au service militaire. En 1834, portier, 7, rue Française, père de trois enfants, il sollicita des secours ; il appuyait sa demande de l’assurance qu’il avait « toujours fait son service avec zèle, et notamment sa conduite courageuse lors des affaires des 5 et 6 juin, dont il a les certificats les plus honorables », et le major de sa légion affirmait qu’il avait, en effet, participé « à la répression de toutes les émeutes, il est un des citoyens sages qui se sont distingués parmi les décorés de Juillet par la modération de leur conduite et leur dévouement au roi des Français ». Sa demande était ainsi apostillée par Rougeot, Claude (voir ce nom), major de la IVe légion de la garde nationale : « J’ai toujours vu M. Tricot, voltigeur du 3e bataillon, ancien militaire, participer à la répression de toutes les émeutes. Il est un des citoyens sages qui se sont distingués parmi les décorés de Juillet par la modération de leur conduite et leur dévouement au roi des Français. » Le préfet de la Seine affirmait à son sujet qu’il était garde national depuis dix-neuf ans et ajoutait : « C’est un très brave homme, très malheureux. Sa vue est très affaiblie par le travail ; il a à sa charge sa femme et trois enfants, il paraît digne de la confiance du gouvernement. » Le préfet de police, quant à lui, rapportait qu’il était cordonnier en chambre et ajoutait : « On ne lui connaît point d’autres ressources que le produit de son travail. Dans les journées de Juillet, il a reçu plusieurs blessures. Sa conduite est fort régulière et on fait l’éloge de sa moralité. » Il reçut un secours de cent francs. En 1835, n’ayant « pour toutes ressources que le produit de son travail pour faire exister sa famille et que le gain d’un homme de cinquante-huit ans dont la vue est extrêmement affaiblie est loin de pouvoir suffire à la nourriture et à l’entretien de quatre personnes », sans ouvrage depuis deux mois il sollicita un nouveau secours. Le préfet de police rapporta sur son compte qu’il n’était « pas heureux » et qu’on disait du bien de lui « sous tous les rapports ». Il reçut, cette année-là, un secours de trente francs. En mars 1836, le préfet de police rapportait sur compte : « […] Marié et a trois enfants dont un est encore à sa charge. Il exerce la profession de cordonnier en chambre ; son travail est son unique ressource et il a beaucoup de peine à subvenir aux besoins de son ménage. Sa conduite est régulière. » Et en août 1836, il renseignnait par contre que Tricot était « […] marié, n’a plus d’enfant à charge ; qu’il a une échoppe de cordonnier dans le passage du Vigan et qu’il ne paraît point manquer d’ouvrage ; qu’il paye exactement le loyer du logement qu’il occupe rue du Cadran n° 40 ; qu’enfin il n’est pas dans une position nécessiteuse. On fait toujours l’éloge de sa conduite et de sa moralité ». Il reçut un secours de soixante francs en 1836. En 1837, le préfet de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Veuf, père de deux enfants, qjui ne sont pas à sa charge. A sa place de portier de la maison qu’il habite et qui lui vaut cent francs par an, il joint la profession de cordonnier, qui le met à l’abri du besoin. Il mène une bonne conduite. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839, un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, empêché de travailler pendant un mois par suite d’une grave maladie, « plongé dans la plus affreuse misère », il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1842, les renseignements de police le présentaient comme « digne d’intérêt ». Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs et un secours de quarante francs en 1844. Il fit partie d’une délégation de décorés de Juillet (vers 1846), qui se plaignirent que, quoique pauvres, ils n’avaient reçu aucun don à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. Cette délégation fit parvenir au roi la lettre suivante (dont nous avons tenté de rétablir le sens et l’orthographe défaillants, N.D.A.)

« A Sa Majesté, le roi des Français,

»Sire,

»Messieurs les décorés de Juillet se font l’honneur de déposer aux pieds de Votre Auguste Personne leurs hommages et leurs souvenirs. Dans ce jour louable où nos bras et nos cœurs ont fait triompher la sainte cause populaire, nous venons de nouveau déposer dans le sein de Votre Auguste Personne et Famille notre honneur et nos serments. Nous, Sire, qui tant de souvenirs de Votre Auguste Personne ont de longtemps versé dans la coupe du malheur et de l’infortune le ruisseau du bienfait, nous venons déposer dans le cœur du père de la patrie, nos souffrances, nos privations et nos manques de travaux. Car si juillet est un jour de gloire, serait-il pour nous un jour de souffrance et de misère de plus ? non, Sire, votre âme et votre cœur généreux ne pourront souffrir que les triomphateurs d’une cause si belle et si juste soient à la poignée (sic) de la misère et de la souffrance. Sire, le trône de Juillet sur lequel sont placés Votre Personne Auguste et vos généreux enfants est l’arche sainte du peuple français, sur lequel l’âme et le cœur du roi brillent de la douceur et du feu de la liberté. Mal à qui y pense et malheur à qui y touche. Sire, ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire, seraient-il oubliés par vous. Laisserait-on ces généreux enfants mourir de misère et de faim. Votre âme est trop belle pour nous priver de notre belle patrie. Car la patrie à l’ouvrier laisse le travail, c’est là son honneur ! Nous qui sommes des hommes de famille, nous qui sommes les héros de Juillet et le soutien de la monarchie présente et à venir, nous sommes pauvres, nous n’avons pu faire aucune économie cet été, par le manque de travaux, les substances chères, les loyers d’une cherté colossale et sans remise. Voilà la misère de ces héros, dont tant de fois on chanta la gloire. Sire, nous avons l’espérance que nos cris de détresse seront entendus par Votre Auguste Personne et généreux enfants et que le père de la patrie n’oubliera pas les héros de Juillet, que notre recommandation et supplique ne sera pas oubliée, que votre faveur y fera droit et justice. Vive le roi et la sainte cause de notre liberté. » (Voir la liste des signataires à Blanchard, Charles). Il reçut un secours de quarante francs en 1846, un secours de quarante francs en 1847. En 1848, sans ouvrage depuis longtemps, « plongé dans la plus grande misère », il sollicita un secours. En 1849, sans travail depuis six mois, il sollicita un secours et reçut quarante francs. En 1850, la police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Né le 18 novembre 1777 (sic) à Saint-Symphorien (Sarthe), marié et père de trois enfants non à sa charge, demeure depuis six ans rue des Filles-Dieu n° 6, où sa femme est concierge. Il n’a d’autres ressources que le produit de son travail. Sa position est précaire. On ne recueille que de bons renseignements sur son compte. » En 1850, le bureau de bienfaisance du (ancien) Ier arrondissement le fit admettre à l’hospice de vieillards de Bicêtre, où il resta cinquante-six jours à l’infirmerie. Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet un secours de soixante francs en 1851. En 1852, la police renseignait sur son compte : « Le nommé Tricot tient une échoppe de cordonnier, rue du Faubourg-Saint-Honoré n° 30. […] Sa femme est concierge rue des Filles-Dieu n° 6. Il jouit d’une bonne réputation. » Il reçut un secours de soixante francs en 1852. En 1853, il fit une nouvelle demande de secours. Il disait être né le 8 septembre 1777, sa femme être âgée de soixante-dix ans, percluse de douleurs et complètement aveugle, lui-même ayant la vue très faible. Il reçut un secours de soixante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de quarante francs en 1856, deux secours de quarante francs en 1857, un secours de cinquante francs en 1858, un secours de cinquante francs en 1859, un secours de cinquante francs en 1860, un secours de cinquante francs en 1861. En 1862, il était âgé de quatre-vingt-cinq ans, infirme et hors d’état de travailler. En 1863, la police rapportait sur son compte : « […] Réduit à l’incapacité de travail par suite de son âge avancé et de ses infirmités. Il est entièrement à la charge de son fils, père de famille lui-même, et dont les ressources ne consistent que dans les gages qu’il reçoit comme concierge de la maison sise à Paris, rue Miromesnil n° 43. On s’accorde à les représenter tous deux favorablement sous tous les rapports. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1863. Il était voltigeur au 3e bataillon de la IVe légion de la garde nationale. Il était médaillé de Sainte-Hélène. Il demeurait 15, rue Bethisy en 1830 ; 21, rue de la Poterie, maison du restaurant, en 1831 (mais 2, rue de la Poterie in Archives nationales F/1dIII/39) ; 7, rue Française puis 42, rue Montorgueil en 1834 ; 17, rue des Prêcheurs en 1835 ; 40, rue du Cadran, où il était portier, en 1836-1842 ; 21, rue du Cadran vers 1846 ; 6, rue des Filles-Dieu en 1844-1852 (mais 6, rue des Filles-du-Calvaire en 1849 in Archives de la préfecture de police AA 369, minute 74 et minute 86 mais 6, rue des Filles-Dieu dans la même source mais minute 104 et minutes 110-116 aussi minutes 194-199) ; 30, rue du Faubourg-Saint-Honoré, chez son fils, ou à Bicêtre, salle Sainte-Martine, en 1853 ; 23, rue de Miromesnil en 1856-1863 ; . Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Yves ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 74, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 86, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Busquet, Jean-François ; Archives de la préfecture de police AA 390 in dossier Grange, André.

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