Tridon, Théodore

Biographie


Né le 3 août 1787 à Auteuil (devenu Paris). Ancien militaire, devenu propriétaire et maître maçon. Il se trouvait dans le petit groupe de sept personnes qui, dans la matinée du 29 juillet au pont d’Iéna, voulait repousser les troupes royales qui se dirigeaient vers Chaillot, mais qui dut s’enfuir, à la première charge de la cavalerie, qui s’était réunie en assez grand nombre. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de de l’arrondissement de Saint-Denis (sous le nom de Trindon, Théodore sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Il signa, le 5 avril 1831 le certificat suivant en faveur de Lucas, Louis : « Je, soussigné, Théodore Tridon, entrepreneur de bâtiment et propriétaire à Passy, atteste que le sieur Louis Lucas, restant audit Passy, s’est battu courageusement pendant les journées de Juillet contre les troupes du roi déchu, quoique n’étant armé que d’un sabre et de deux pistolets d’arçon, dont l’un lui est crevé dans la main. Je déclare de plus qu’il exhortait les habitants de Chaillot à suivre son exemple, ce que j’affirme sincère et véritable. » Il signa, le 25 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Chastelus, Claude, Marin, pour attester sa participation aux combats et la blessure qu’il avait reçue : « Les soussignés, habitants de Chaillot et de la commune de Passy, certifient à qui il appartiendra, pour rendre hommage à la vérité, que le sieur Claude Marin Chastelus, […] s’est distingué d’une manière toute particulière dans les mémorables journées des 27, 28 et 29 juillet dernier, pendant lesquelles il n’a pas quitté les armes et qu’il s’est posté où il y avait le plus grand danger, principalement à la tête du pont d’Iéna où il a été blessé grièvement. » Il comparut, le 19 avril 1831, devant un adjoint au maire de Passy, pour attester « que le 29 juillet dernier dans la matinée, se trouvant tous les deux avec plusieurs autres habitants sur le pont d’Iéna, le sieur Jean Cayrol, carrier, natif de Pierrefort (Cantal), demeurant à Passy, étant ainsi que les comparants armé d’un fusil, s’est joint à eux pour repousser les troupes qui voulaient se diriger sur Chaillot et que n’étant que sept personnes ils avaient été obligés de se retirer lorsque la cavalerie s’étant réunie en assez grand nombre était venue charger sur eux ; qu’alors le sieur Cayrol s’étant replié du côté de Chaillot, il s’était embarrassé les pieds dans une barricade qui existait en deçà du pont d’Iéna sur le quai de Billy, que cette barricade l’avait fait tomber, qu’il s’était blessé au pied et n’avait cessé de garder le lit ou la chambre depuis cette époque jusqu’au jour de son décès, arrivé par suite de cette blessure ». Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 24 mai 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 24 juin 1831. En 1832, père d’une nombreuse famille, extrêmement pauvre, il reçut un secours de deux cents francs en 1832. Il maria une de ses filles le 28 juillet 1832. Il se serait « distingué » en juin 1832, selon le ministère de l’Intérieur. En 1835, « décoré de la Croix de Juillet (sous quel nom dans les journaux ?), ayant rendu des servies signalés au gouvernement, père de famille de quatre enfants, étant dans une position très pénible et faisant partie de la garde nationale depuis 1815 », il sollicita un secours. Sa demande était apostillée par le maire de Passy, qui certifiait que Tridon était dans une position malheureuse et qu’il méritait qu’on s’intéressât à lui. Son chef de bataillon et son commandant de la compagnie de la garde nationale, auxquels il appartenait certifiaient qu’il s’était « toujours conduit en bon citoyen », qu’il était « digne d’intérêt » et méritait « la bienveillance du gouvernement ». Le préfet de la Seine donna comme renseignement sur son compte que sa position paraissait « d’autant plus malheureuse qu’il est à la veille de perdre un œil, par suite d’un accident » et que les informations recueillies sur son compte lui étaient favorables. Le préfet de police ajoutait, quant à lui : « Le sieur Tridon […] est propriétaire de la maison qu’il habite rue du Bel-Air, n° 1, à Passy. Il a acheté cette maison huit mille francs, dont quatre mille francs ont été payés comptant ; les quatre autres mille francs sont payables incessamment, mais le sieur Tridon se trouve dans l’impossibilité de se les procurer, la maison dont il s’agit étant déjà grevée d’hypothèques. Il tenait un établissement de marchand de vins, qu’il a été obligé de vendre ; il a travaillé depuis comme maçon et il perdu l’œil gauche d’un éclat de pierre. Sa position est aujourd’hui des plus malheureuses ; il a quatre enfants dont deux seulement sont à sa charge. Sa conduite et sa moralité sont exemptes de reproches. » Il reçut un secours de cent cinquante francs. Il reçut un secours de soixante francs en 1849, en 1850, en 1851 et en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait à Passy en 1831 ; à Passy en 1832 ; 1, rue du Bel-Air près du télégraphe à Passy en 1835 ; 3, rue du Bel-Air à Passy en 1849-1850 ; 13, rue du Bel-Air en 1851-1852. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis (sous le nom de Trindon, Théodore) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cayrol, Jean ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chastelus, Claude, Marin ; Archives nationales F/1dIII/64 in dossier Lucas, Louis ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet, 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 86, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852. Voir Migon.

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