Tridon, Jules, Joseph
Biographie
Né le 23 germinal an IX à Paris, fils naturel reconnu de Tridon, Jean-Baptiste, limonadier, et de Begrand, Jeanne, Marie. Imprimeur lithographe au dépôt de la Guerre, aux appointements annuels de mille huit cents francs. Il fut tué, le 28 juillet rue Saint-Honoré, d’un coup de biscayen reçu dans le bas-ventre. Son corps, emporté à la morgue, fut reconnu par sa mère. Le Constitutionnel, en date du 7 août 1830, avait fait paraître l’avis suivant : « Le jeune Tridon (Jules, Joseph) n’a pas paru chez sa mère depuis le mercredi 28 juillet. Ses vêtements étaient un habit noir, un gilet piqué blanc, avec une petite chenille couleur rouille, un pantalon de coutil blanc, une cravate foulard à grands carreaux de diverses couleurs, une chemise marquée J. T., des bas blancs, des souliers en daim noir, un chapeau en soie. Sa demeure était chez sa mère, rue Saint-Honoré, n° 400. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Le certificat suivant constatait sa disparition : « Je, soussigné, propriétaire d’une maison sise rue Saint-Honoré n° 400, dans laquelle Mme Tridon et son fils habitent comme locataires, certifie que M. Tridon, Jules, Joseph, qui était le soutien de sa mère, est absent du domicile de sa mère depuis le mercredi 28 juillet dernier et que depuis ce jour on est sans nouvelle de lui. » Signé, le 6 août 1830 : Galice, bijoutier, demeurant 370, rue Saint-Honoré et propriétaire de la maison 400, rue Saint-Honoré. Suivaient les signatures de : Linzelet, bijoutier, demeurant 398, rue Saint-Honoré ; Hébert, limonadier, demeurant 17, rue Saint-Florentin ; Morabec, demeurant 400, rue Saint-Honoré ; Lesieur, mercier, demeurant 402, rue Saint-Honoré ; Guérin, demeurant 400, rue Saint-Honoré ; Cappé, demeurant 377, rue Saint-Honoré ; Lelièvre, demeurant 16, rue Saint-Florentin. En légalisant les signatures, le commissaire de police du quartier de la place Vendôme, ajoutait que cette « calamité affreuse » que la probable mort de son unique fils plaçait la mère « dans le dénuement le plus absolu et dans une situation affreuse ». Il laissait sa mère : Begrand, Jeanne, Marie née le 6 septembre 1773 à Ameuville (Vosges), fille de Begrand, Nicolas, laboureur, et de Bernard, Catherine, son épouse, baptisée le 7 septembre 1773 en l’église d’Ameuvelle. Elle reçut un secours de cinquante francs, le 28 août (mais un secours de cinquante francs, le 18 août in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3 et liasse 8) , (mais un total de deux cent vingt francs in Archives de Paris VK3 28) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. En date du 9 mars 1831, le maire du (ancien) Ier arrondissement lui délivra un certificat attestant qu’elle était dans un état nécessiteux. Le 10 mars 1826, le docteur Hernu, docteur en chirurgie, lui avait délivré un certificat pour attester qu’elle souffrait « d’une hernie ombilicale, qui nécessite l’usage habituel d’un bandage herniaire et l’empêche de se livrer à des travaux pénibles » ; un autre certificat attestait qu’elle souffrait d’un « catarrhe pulmonaire plus ou moins grave, qui lui laisse de l’oppression ». Le 22 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Cruzel, Maxime, Gabriel, lithographe au ministère de la Guerre, demeurant 51, rue du Bac ; Larousse, Gabriel, Louis, Joseph, marchand de vin, demeurant 1, rue de Miromesnil ; Fraty, Jacques, Edme, cordonnier, demeurant 400, rue Saint-Honoré. Ils attestèrent que Tridon, Jules, Joseph avait « été tué le 28 juillet dernier d’un coup de biscayen dans le bas-ventre et que tous ses vêtements ont été reconnus à la morgue par lesdits sieurs Cruze, Larousse et Fraty ». Elle pensionnée de deux cents francs et il lui fut accordé (sous le nom de Begrant, Marie, Jeanne) par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. Le nom de Tridon (J.-J. Tridon) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Tridon demeurait depuis dix-huit ans 400, rue Saint-Honoré, avec sa mère. Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des ascendants auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 93 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 10 (sous le nom de Begrand, Jeanne, Marie) ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon, idem liste des ascendants, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux ascendants des victimes de Juillet, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1831, idem Etat des secours accordés pour le mois de septembre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur les fonds de 2 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 1er août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (on retrouve une liste similaire aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 7 et aussi liasse 7 liste des secours aux ascendants, idem liasse 8 ; Archives de Paris VK3 18, mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 2 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831, idem un certificat de baptême ; Archives de Paris VK3 25 (ancien) Ier arrondissement, liste de citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure et état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, ascendants, idem même référence un registre de pensionnés (ascendants) ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives de Paris VK3 56 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/77 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 85, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.