Turge, Juste, Nicolas

Biographie


Né vers 1809. Il était porteur de trois certificats. Le premier certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie avoir rencontré, le 28 juillet 1830, le nommé Juste, Nicolas Turge fils […], rue Saint-Honoré, au coin de la rue des Prouvaires et l’avoir vu mêlé aux groupes des citoyens qui défendaient la liberté, essuyer le feu du 15e de ligne posté au coin de la rue du Roule. Le lendemain 29, nous nous sommes trouvés ensemble à l’assaut du Palais-Royal. Il y est resté jusqu’à la fin et j’atteste que dans ces deux rencontres, je l’ai toujours vu se battre avec beaucoup de courage. » Signé, le 21 février 1831 : Ripault, E. (voir ce nom), essayeur, demeurant 7, passage de la Réunion. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Je certifie que le nommé Juste, Nicolas Turge […], après s’être battu, la matinée du 29 juillet lors de la prise du Palais-Royal, a fait partie des jeunes gens armés entrés dans les appartements du Palais-Royal pour y maintenir le bon ordre et a été placé en faction, rue de Valois n° 3, sous le vestibule de l’escalier de pierre. » Signé le 21 janvier 1831 : Gonet, ex-portier dudit escalier dans ce moment, maintenant inspecteur. Le troisième certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Juste, Nicolas Turge fils, […] a combattu le 28 juillet à l’affaire de la rue des Prouvaires et le 29 à l’affaire du Palais-Royal et qu’il a même été de garde dans les appartements du Palais-Royal, pour empêcher les malfaiteurs de faire aucun dégât et que, le lendemain, sous le commandement du capitaine Bacheville, il a parcouru les différents quartiers de Paris pour assurer la tranquillité publique. » Signé, le 21 janvier 1831 : Southonase, fabricant de peignes, demeurant 69, rue Sainte-Avoye ; Vacquerie, opticien, demeurant 69, rue Sainte-Avoye ; Prévost, bijoutier, demeurant 69, rue Sainte-Avoye ; Godard, horloger, lieutenant de voltigeurs au 2e bataillon de la 7e illisible, demeurant 69, rue Sainte-Avoye. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, il sollicitait une place de sous-officier. Il fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales et affecté au 27e de ligne. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En août 1848, père de famille depuis cinq mois, sans emploi, réduit « à la dernière extrémité », n’ayant jamais rien sollicité, il demanda à participer à la distribution de secours attribués aux décorés de Juillet. En janvier 1850, les renseignements de police rapportaient à son sujet : « Occupe depuis près de sept mois une place de commis bijoutier, aux appointements de six cents francs par an. Avant la Révolution de Février, il gagnait deux mille huit cents francs par an. Il a un enfant de sept ans à sa charge. Son loyer, rue Boucher n° 4, est de trois cents francs par an. Il doit deux termes. On ne dit rien sur sa conduite. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet. En 1851, ayant été privé de place durant quatorze mois après la Révolution de Février, sans ressource, il sollicita un secours. Il reçut, cette année-là, un secours de cinquante francs. En 1854, courtier en bijouterie depuis janvier 1854, mais sans emploi tant par la pénurie des affaires que par maladie, sa femme gravement malade depuis trois mois, il sollicita un secours et obtint cinquante francs. Il demeurait 44, rue du Mont-Blanc, chez M. Peyret, instituteur, (mais 24, rue du Mont-Blanc in Archives nationales F/1dIII/33) en 1830-1831 ; 4, rue Boucher, un logement au loyer annuel de trois cents francs, en 1848-1854. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom de Turge, Nicolas, Juste) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/4240; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 86 (sous le nom de Turge, Nicolas), idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99 (sous le nom de Turge, Nicolas), idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199 (sous le nom de Turge, Juste, Nicolas).

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