Turpin, Louis, Victor
Biographie
Né le 2 août 1791 à Rouen (Seine-Maritime). Fileur de coton. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « N’a pu trouver des armes que le 28. Il s’est battu à la Grève. Le 29, au désarmement de l’Estrapade. Il est l’un de ceux qui au Louvre montèrent courageusement à l’assaut des colonnes. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 5 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie, si ce n’est d’avoir été le 27 jusqu’à la rue Saint-Honoré en cherchant à s’armer. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 5 janvier 1831, à six voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1836, père de quatre enfants en bas âge, ne gagnant presque rien, devant trois termes à son propriétaire, ses effets au mont-de-piété, il sollicita un secours. Il reçut un secours de cinquante francs en 1836. En 1836, la préfedcture de police donnait les renseignements suivants sur son compte : « […] Marié, père de quatre enfants encore jeune et travaille dans une filature de coton, rue d’Ul. Sa femme fait des ménages. Leurs gains sont très modiques et ils sont dans une position extrêmement gênée. On fait l’éloge de leur conduite et de leur moralité. » Et en 1837 : « […] Ce combattant de Juillet est marié, père de quatre enfants, dont deux seulement sont à sa charge. Sa femme et lui exerce l’état de fileur de coton ; depuis quatre mois, ils sont sans ouvrage. […] Il mène une assez bonne conduite. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838. En janvier 1839, sans ouvrage depuis deux mois, sa femme toujours malade, refusé de pain par son boulanger, sans feu au milieu de l’hiver, il sollicita des secours et reçut vingt francs. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840, un secours de vingt-cinq francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, la préfecture de police renseignait sur son compte : « […] Marié et séparé d’avec sa femme, n’a à sa charge qu’un seul de ses enfants. Cet individu gagne un faible salaire, aussi est-il dans une position malheureuse. On n’a pas recueilli de mauvais renseignements sur son compte. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de vingt-cinq francs en 1844, un secours de vingt-cinq francs en 1845, un secours de vingt-cinq francs en 1846, un secours de vingt-cinq francs en 1847. En novembre 1848, sans ouvrage depuis la Révolution de Février, ne sachant plus « comment faire pour exister », il sollicita des secours. Il reçut un secours de quarante francs en 1849. En 1850, la vue trop faible pour pouvoir travailler, manquant de tout, ne pouvant payer son loyer, obligé de coucher dans une étable, il sollicita un secours. Cette année-là, la police donnait comme renseignement à son sujet : « […] Il doit deux termes à son propriétaire, qui lui a donné congé, avec quittance. Cet individu, qui est assure-t-on dans une affreuse misère, est presque inconnu à son domicile, où on ne le voit que rarement. Il n’est point porté sur les listes électorales de sa commune et on n’a pu connaître ses moyens d’existence. » Il fut désigné pour recevoir un secours de cinquante francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet mais devait mourir le 3 juillet 1850 à l’Hôtel-Dieu ; sa veuve reçut ce dernier secours de cinquante francs. Elle mourut le 14 février 1851, laissant une fille Louise, Catherine. En 1853, Louise, Catherine tenta d’obtenir la réversibilité sur elle de la pension dont jouissait son père (laquelle ?), n’ayant « pour ressources que le travail insuffisant et un salaire si minime qu’il ne peut être compté comme une ressource ». Il s’était marié à Poirier, Joséphine le 16 août 1826. Il demeurait 354 rue Saint-Jacques en 1826-1831 ; 10, rue des Amandiers-Saint-Jacques en 1836-1837 ; 11, rue des Sept-Voies en 1837 ; 4, rue des Ursulines en 1839 ; 191, rue du Faubourg-Saint-Denis en 1848 ; 23, rue Constantine, un logement au loyer annuel de soixante francs en 1850 ; sa veuve, 1, rue des Propriétaires, chez M. Michel, à La Chapelle en 1850 ; sa fille, 116, rue Vieille-du-Temple, chez Mme Prévost, en 1853. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Turpin, Louis, Constant) ; Archives de Paris VK3 33 Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 5 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques ; états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/4240 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem 19 juin 1850, lettre en date du 22 octobre 1850, minute 119, idem rapport du 18 juin 1850 et suivants, minutes 120-126, idem Avis de faire toucher à trois veuves et à une sœur de décorés de Juillet décédés les allocations qui leur étaient destinées, courrier en date du 23 octobre 1850, minute 135.