Vacquelin, Pierre, Hubert
Biographie
Originaire de Plessis-Belleville. Ancien soldat volontaire au 2e bataillon de Paris, première formation au camp de Grenelle, le 20 juillet 1791, il s’habilla et s’équipa à ses frais, fut présent aux batailles de Valmy, de Jemmapes, au siège de Liège, au siège de Maastricht, au combat de la montagne de Fer au déblocus de Maubeuge, puis fit partie de l’armée de l’Ouest jusqu’à sa pacification ; caporal le 11 décembre 1792, fourrier le 10 octobre 1793, sergent le 12 octobre 1794 à la 67e demi-brigade, il fut blessé d’un coup de feu à la jambe droite. En 1830, il était propriétaire et commandant la garde nationale de Clichy-la-Garenne depuis 1800. Il sollicita, le 30 septembre 1830, la décoration de la Légion d’honneur pour sa participation à la révolution de Juillet, décoration qui lui avait déjà été promise, précisait-il, « pendant des Cent-Jours par le prince Joseph, frère de l’Empereur ». Le 19 janvier 1831, il renouvelait sa demande, dans ces termes : « […] Je fus le premier dans les journées de Juillet qui ait pris les armes et mon habit d’uniforme, qui ait porté le drapeau tricolore et je l’ai mis à ma croisée, où il flotte toujours ; qui ait arrêté les grenadiers de la garde, composée de six cents hommes et vingt-quatre pièces d’artillerie, dont l’avant-garde chargeait sur nous sabres nus à la main, et pour éviter l’effusion de sang et conserver mes hommes et peut-être le pillage de la commune, je me suis transporté seul au-devant d’elle ; je me suis entendu avec l’officier qui la commandait ; nous sommes restés sous les armes en attendant que toute la colonne soit illisible ; nous sommes rentrés dans la commune avec les honneurs de la guerre ; le fait que je dis est rapporté chez M. Plougoulm, rue du Sentier n° 1 à Paris, qui est chargé par la Commission relativement à ce qui a été fait dans les journées de juillet dernier […]. » Le préfet de la Seine, en date du 23 février 1831, donnait sur les mérites de Vacquelin à recevoir cette décoration les renseignements suivants : « […] M. Vacquelin jouit d’une bonne réputation sous le rapport de la conduite et de la moralité. Il est connu pour un bon citoyen, ami de l’ordre et sincèrement attaché au gouvernement et à ses institutions. Quant aux services qu’il a pu rendre soit avant soit depuis notre glorieuse révolution, M. le sous-préfet de Saint-Denis pense qu’ils ne sont pas suffisants pour lui avoir acquis des droits particuliers à l’honorable distinction qu’il sollicite. » Détail pittoresque, la mention qui est faite de la demeure de Vacqulin, à Clichy-la-Garenne, dans l’ouvrage Itinéraire de la vallée de Montmorency, Flamand-Grétry, chez l’auteur, Paris, 1835, pp. 85-86, et ainsi rédigée : « Ce château qui, en 636, ainsi qu’on l’a vu plus haut, servait de palais à Dagobert, où il s’est tenu un concile sous son règne, et où le roi Jean créa l’ordre de l’Etoile en 1351, existait encore en 1812. A cette époque, M. Vacquelin, blanchisseur, maintenant adjoint au maire de la commune, en ayant fait l’acquisition, le fit démolir en grande partie à l’effet de faire élever sur son emplacement une habitation pour lui. En faisant des fouilles à ce sujet, on découvrit à quinze pieds de profondeur du sol une grande cave, séparée, par un mur très solide de deux pieds d’épaisseur, d’un petit cachot dont la voûte était écroulée, mais où il a dû exister une trappe pour y pénétrer, attendu qu’il n’y avait point été pratiqué d’escalier pour y descendre. Le petit cachot ne pouvait seulement contenir qu’un seul homme dans toute sa largeur. En enlevant les décombres, on y trouva des ossemens humains et une forte clé de prison ; séjour affreux où sûrement des victimes étaient englouties toutes vives. On voit encore des vieux piliers qui soutenaient les voûtes. M. Vacquelin, a fait de la cave et du cachot des caves pour l’utilité de sa maison qui est construite au-dessus. Il existe encore, sur ce même emplacement, un vieux bâtiment qui date de six siècles environ. Ce bâtiment et les piliers de la porte d’entrée paraissent avoir été ajoutés plus tard au vieux château ; quelques murs de clôture sont élevés sous les anciennes fondations de ce château. On y aperçoit des pierres qui en proviennent, d’après les sculptures qu’on y remarque. » Vacquelin demeurait 21, rue de Paris à Clichy-la-Garenne en 1830-1831. Archives nationales F/1dIV/V/1 Récompenses honorifiques ; Les Volontaires nationaux pendant la Révolution, Collection de documents relatifs à l’histoire de Paris pendant la Révolution française, publiée sous le patronage du conseil municipal, Chassin et Hennet, tome I.