Vaissade, Florent, Camille

Biographie


Né le 26 novembre 1790 (bien le 26 novembre 1790 dans son acte de baptême ; mais le 27 novembre 1790 in Archives nationales F/1dIII/38 A) à Marvejols (Lozère) (par erreur à Mardujatis en Moselle in Archives de Paris VD6 334, mais le 15 janvier 1795 sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B ; le 15 janvier 1793 sur sa feuille d’état de services militaires), de Vaissade, Louis, négociant et officier municipal de la ville de Marvejols, et de Girard, Thecle, son épouse (mais le 15 janvier 1793 à Marvejols in Archives nationales F/1dIII/39). Entré au service militaire le 12 avril 1812 au 2e régiment de lanciers de la garde comme vélite, congédié le 21 avril 1815, il fut blessé à Brienne, le 1er février 1814, et avait participé à la campagne de France. Employé ou courtier, ou commissionnaire en vins en 1830. Il fut blessé d’un coup de crosse à la poitrine et d’une blessure à la phalange du pouce droit, le 28 juillet à la porte Saint-Denis. Un témoignage de sa conduite était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, nous faisons un devoir de déclarer que dans les journées des 28 et 29 juillet 1830, le sieur Camille Vaissade, ancien militaire de l’ex-garde impériale a rendu les plus grands services, en combattant pour la cause de la liberté contre les troupes royales et principalement les gendarmes, dont plusieurs lui rendirent les armes, écoutant ses bons avis. Nous l’avons vu, au milieu des plus grands dangers, exciter le peuple à se porter en avant, se mettre à leur tête à la porte Saint-Denis par exemple, lorsque les cuirassiers firent feu sur le peuple, soutenus par l’infanterie. Il leur fit à notre tête une vive résistance. Mais l’acharnement ayant augmenté et la confusion dans laquelle on était nous l’ayant fait perdre de vue, nous le vîmes revenir conduit par plusieurs individus, ne pouvant se soutenir des coups qu’il avait reçus en voulant désarmer des soldats, et une main ensanglantée. » Signé, le 18 août 1830 : Lafargue (voir ce nom), ancien vélite de la garde impériale, officier de cavalerie, demeurant 3 bis, impasse de la Fidélité ; Rougé, invalide ; baron Picot de Belloc (voir ce nom), demeurant 19, rue Richer ; Henry (voir ce nom), dessinateur, caporal de la Ve légion de la garde nationale, demeurant faubourg Saint-Denis ; Hirn (voir ce nom), employé de l’octroi ; Miller, Thomas (voir ce nom). Le docteur Goyon, demeurant 10, rue Saint-Roch-Poissonnière, en date du 24 novembre 1830, attesta ainsi de la visite qu’il lui rendit à son domicile : « Je, soussigné, chirurgien membre de la Société de médecine pratique de Paris, je certifie avoir été appelé pour donner mes soins à M. Camille Vaissade, ancien militaire, au passage de la Fidélité n° 3 bis, au premier. Je l’ai trouvé au lit avec la fièvre, crachant du sang. Après l’avoir examiné, j’ai trouvé une forte contusion sur le sternum, dans son milieu d’environ un pouce et demi de circonférence. La douleur était vive après la saignée, les douleurs et les crachements ont continué. Il avait, de plus, une blessure à la partie externe de la première phalange du pouce de la main droite. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe (vérifié in AN) arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 28 mai 1831, la conclusion suivante : « S’est plaint d’avoir reçu des contusions par suite de coups de crosse de fusil à la poitrine, contusions qui, selon lui, auraient déterminé des crachements de sang ; circonstance qui, s’il elle est constatée, lui donne droit à être placée dans la seconde classe des blessés avec une indemnité pendant deux ans. » Il fut admis auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement dans la 2e classe des blessés et reçut une indemnité de six cents francs versés sur deux ans. Il reçut (sous le nom de Vaissade, Florent, Camille), à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Vaissade sollicita la décoration de la Légion d’honneur pour les services qu’il avait rendus le 24 septembre 1830, contre l’émeute provoquée par le rassemblement de quelque deux mille ouvriers. Il fournit le témoignage suivant, signé de plusieurs habitants de La Villette et du faubourg Saint-Martin : « Il est juste que l’on récompense ceux qui ont versé leur sang pour la cause de la liberté et qui, non contents des sacrifices qu’ils faisaient de leur vie dans ces grandes journées, ont continué après ces combats d’affronter les plus grands périls pour mettre le bon ordre. Voici ce dont il s’agit. Le vendredi 24 septembre, une foule d’ouvriers terrassiers, carriers et autres garnissait la grande rue de La Villette et toute la place de la Rotonde, armés de pioches et de piques. Leur attitude était on ne peut plus menaçante. Savoir ce qu’ils voulaient était difficile dans un moment aussi turbulent. […] Ce qu’il y a de bien certain c’est que cette bande considérable proférait des cris menaçants et que leur attitude semblait rappeler les horribles scènes de 93 et présageait les plus fortes atteintes à la tranquillité publique. Enfin toute la matinée dudit jour fut employé par ces ouvriers à s’organiser entre eux et à délibérer sur le parti qu’ils devaient prendre lorsque, enfin, sur l’heure de midi, après avoir arraché le drapeau de la rotonde, ils forcent la barrière et se dirigent sur Paris. C’est quelques minutes après que nous apercevons un grand jeune homme vêtu d’une redingote verte, d’un pantalon grisâtre qu’on nous dit se nommer Camille Vaissade, ancien militaire, qui se lance sur l’attroupement, leur oppose résistance et, après s’être battu pendant longtemps avec ces ouvriers, leur avoir fait des harangues énergiques et leur exposant les causes dangereuses qui s’ensuivraient de leur inconduite et le mal que leur attroupement occasionnerait dans Paris, parvint à les faire rentrer dans La Villette et à en dissiper une partie. Deux fois cet attroupement veut sortir des barrières et toujours le susdit parvient à les faire rentrer, par ses observations. Une troisième fois cependant, il n’est pas aussi heureux. Repoussé par ces forcenés armés, ils s’attroupent en plus grand nombre et, le drapeau en tête, ils se décident d’avancer dans le cœur de Paris. […] Combien l’épouvante fut grande lorsqu’on apprit leur approche, d’autant plus qu’ils criaient assez haut pour que tout le monde pût l’entendre, que les ouvriers serruriers devaient se joindre à eux ; heureusement ils ne purent parvenir qu’au tiers du faubourg Saint-Martin. Grâce à ce jeune homme que nous voyons plus décidé que jamais, courir à la tête de la bande, leur opposer encore résistance et indigné de la manière avec laquelle on le recevait, se précipite sur celui qui portait le drapeau, le lui arrache et malgré les menaces qu’on lui faisait de le tuer, les harangue avec tant d’énergie qu’il parvint malgré leurs efforts à […] arrêter leur marche. C’est donc à ce jeune homme que Paris doit le désattroupement des bandes armées. Qu’on se représente en effet un homme seul s’opposant à plus de deux mille hommes dont les pioches sont posées sur sa tête et prêtes à l’immoler, montrant le plus grand calme, que lui faisait conserver son obstination à vouloir rétablir le bon ordre, se battant contre tous avec courage, la plus grande crainte s’emparant des habitants de tout le faubourg à leur approche, les boutiques se fermant partout. […] C’était avec la plus vive satisfaction que nous voyons ce jeune homme malgré les plus grands dangers réussir dans son projet ; enfin ses efforts couronnés du plus grand succès. Mais notre joie fut bien courte et nous fûmes bien attristés lorsque nous vîmes deux bataillons de la garde nationale arrivant du centre de Paris, qui, baïonnettes croisées, menaçant de faire feu, se précipitèrent sur ledit Camille Vaissade qui avançait à eux avec confiance à travers leurs fusils, les suppliant de ne point faire feu, de ne point répandre du sang, que ces hommes armés étaient rentrés dans l’ordre par ses soins et qu’ils se retiraient. Ces paroles ne furent point écoutées. Il fut arrêté et traité ignominieusement par les gardes nationaux, qui le conduisirent au poste de La Villette, croyant tenir le chef de la conspiration ; l’on doit bien penser avec quel plaisir tout le monde proclamait son innocence. Ce fut en vain. Ces messieurs gardes nationaux n’écoutèrent personne et ils ne furent désabusés que lorsque M. le Maire et l’adjoint de La Villette leur eurent assuré qu’il était réellement vrai que le susdit Vaissade s’était exposé de la manière la plus ferme, pour faire effectuer le désatroupement et que c’était à son courage à qui on le devait, monsieur l’adjoint pouvant en parler avec certitude ayant été témoin oculaire. Son innocence reconnue, n’étant donc point chef de cette bande comme on le croyait, le sieur Vaissade étant un ancien militaire et portant sur son corps des marques de sa bravoure, nous nous sommes fait un devoir, plusieurs témoins réunis, pour déclarer que le sieur Camille Vaissade a mérité de la patrie et qu’il s’est rendu digne par son dévouement de l’attention du gouvernement et de la récompense nationale. Nous espérons qu’on se fera un devoir de la lui accorder. » Signé, le 27 septembre 1830 : Beaumier, employé de l’octroi, barrière de Pantin, demeurant 69, Petite-Villette ; Lacroix, marchand boucher, demeurant 21, Petite-Villette ; Ferrier, maître charpentier, demeurant 20, rue de Nancy à La Villette ; Gaunion, maître serrurier, demeurant 46, Petite-Villette ; Gentil, garçon de caisse, demeurant 30, Petite-Villette ; Beaudouen (sic), marchand de vin à la Petite-Villette ; Biron, marchand de vin à la Petite-Villette ; Husson, caporal de la garde nationale, qui ajoutait : « J’atteste que le sieur Camille Vaissade a voulu faire le bien ; il fut arrêté mais mis de suite en liberté, reconnu honnête homme et pour avoir montré le plus grand courage dans ces dangers » ; Mignot, tailleur, caporal de la garde nationale, demeurant 244, rue du Faubourg-Saint-Martin près la fontaine du Chaudron, qui attestait « avoir vu le sieur Camille Vaissade arracher le drapeau de celui qui le portait et s’opposer malgré les dangers à leur marche » ; Duru, maître carrier, demeurant 69, Petite-Villette ; Sauvage, marchand de tabac à la Petite-Villette ; Porcheret, aubergiste à la Petite-Villette ; Adrien, propriétaire, demeurant rue du Combat à la barrière du Combat ; Durgané veuve, marchande mercière à la Mère de famille, 235, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Hochet, négociant, sergent-major, demeurant 27, rue Montmartre ; Vergne, marchand de draps, tailleur, brigadier des canonniers de la garde nationale, demeurant 47, rue Neuve-des-Petits-Champs ; Malher, négociant, demeurant 140, rue du Faubourg-Saint-Martin. Sa demande fut appuyée par le maire de La Villette ; le sous-préfet de Saint-Denis, le préfet de police et le ministère de l’Intérieur semblèrent disposés à lui faire obtenir un signe de reconnaissance de la part des autorités mais cela n’eut, semble-t-il, aucune suite (il n’est pas dans la base Leonore de la Légion d’honneur). En 1832, Foelix, avocat, demeurant 336, rue Saint-Honoré, demandait au secrétariat à l’Intérieur s’il était exact que Vaissade, Florent, Camille, demeurant rue Croix-de-la-Bretonnerie puis à Pantin, s’était distingué dans les journées de Juillet, avait été décoré et placé dans un régiment en qualité d’officier, et sollicitait de la même manière qu’on lui fît connaître l’adresse actuelle de Vaissade. Il apostilla, après la Révolution de Février et comme « décoré de Juillet, demeurant 64, rue de la Cité », les certificats délivrés en faveur de Migeon, Nicolas, comme quoi il avait participé à l’insurrection des 5 et 6 juin 1832 et à la Révolution de Février, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits à une pension auprès de la Commission des récompenses nationales. Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 3 bis, impasse de la Fidélité dans le faubourg Saint-Denis, au 1er étage, en juillet 1830 (et peut-être plus longtemps selon Archives de Paris VD6 334, Archives nationales F/1dIII/39, Archives nationales F/1dIII/35 B et Archives nationales F/1dIII/38 A) ; 69, Petite-Villette en août 1830 ; 64, rue de la Cité en 1848 ; 46, rue de la Cité en 1851-1852. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Ve arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 74 (sous le nom de Vaissade, Camille, Florent ) ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre 1831 comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ve arrondissement, blessés de 2e classe 2e catégorie (sous le nom de Vaissade, Camille, Florent ) ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Vaissade, Camille), idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Vaissade, Camille) ; Archives de la préfecture de police AA 403 in dossier Migeon, Nicolas.

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