Vathier, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1802. Ancien militaire, devenu serrurier. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, reproduite ici dans son expression et sa syntaxe approximatives mais authentiques : « Le 28, je me mis, dès le matin, à dépaver pour faire des barricades et aussitôt je partis avec mon fusil et j’arrivai à la cour des Fontaines et je me mis en tirailleur. Mais moi et beaucoup d’autres nous nous sommes rassemblés pour aller rue Saint-Honoré et de là je continuai le feu jusqu’au soir et je revins à la maison manger un morceau. Ensuite je repartis rejoindre mes confrères. En arrivant, on me plaça en faction à une barricade et j’y restai une heure d’horloge. A 2 heures et demie je me fis cependant relever et je m’en fus à la maison jusqu’au lendemain matin, qui était le 29 et toujours à la même direction et je ne fis que tirer et charger et jusqu’à midi. Alors nous avançâmes jusqu’à la place du Palais-Royal, d’après un faux signal que les gardes royaux nous avait fait mais nous nous retirâmes quelques minutes en continuant le feu et ensuite ils nous firent un autre signe d’avancer. Alors nous avançâmes courageusement jusqu’aux grilles et ils nous demandèrent une relation illisible mais nous répondirent toutes que non (sic). Une couple de minutes se passe et ils font feu sur nous mais nous fûmes contraints de nous retirer un peu et en continuant le feu. Mais cependant les officiers paraissent à la grille en faisant signe de leur épée de ne plus faire feu, en nous disant qu’ils attendaient les ordres pour se rendre. Ensuite, je m’en fus au poste de la place du Palais. En outre j’ai aperçu M. Duclos (voir Duclos-Blerzy, Pierre, Louis, Joseph, Etienne) de la rue Montesquieu, n° 8 qui était à faire ses explications au chef du poste. Il n’y en avait que deux ou trois avec M. Duclos quand je suis rentré. Alors je ne fis aucune explication ; je commençai à désarmer cinq gendarmes et je les donnai à ceux qui n’étaient pas armés. Je retournai une seconde fois et je pris à quatre gardes royaux leurs armes et munitions. Ensuite, je passai dans les cachots, je trouvai encore un fusil et qui était le dernier du poste et le garde royal à qui il appartenait se refusait à le laisser prendre. Je lui dis : Retire-toi ou je te traverse de ma baïonnette. Ensuite je courus donner la main pour enlever la pièce de canon qui se trouvait dans la rue Saint-Honoré, en face de la rue des Boucheries. Ensuite je laissai emmener la pièce de canon par mes camarades et je revins sur mes pas. Et nous entrâmes dans une maison de la rue Saint-Honoré chez un marchand de draps et a même fait mettre sur illisible du 2 ou 3 que les gardes royaux avaient monté dans sa maison par force et que nous avions tout cassé et brisé. Cela n’est pas faux mais lorsque je rentrai dans la maison j’ai su que c’était le propriétaire, l’on me dit c’est au second. Je frappai à la porte ; voyant que la porte ne s’ouvrait pas j’allais l’enfoncer à coups de crosse, la porte s’ouvre et je demandai à celle-ci s’il n’y avait personne ; elle me dit non, j’aperçus une petite porte, je lui demandai de l’ouvrir et elle me dit qu’elle ne l’avait pas mais voyant que j’allai la défoncer Attendez me dit-elle je vais l’ouvrir. Quelle est ma surprise de voir huit bonnets à poil sur un comptoir. Avancez, m’écriai-je. A ces mots, ces huit gardes royaux se livrent en demandant pardon mais rien ne leur fut fait. C’est de là que j’ai dit Ne prenez rien mais cassez tout. Ensuite je fus aux Tuileries et au Louvre et même au Champs-Elysées. J’ai tenu jusqu’au dernier moment. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « Le recommander au capitaine de recrutement. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il délivra le certificat suivant en faveur de Paparan, Pierre : « Le 29 juillet, le sieur Paparan, qui combattait dans les rangs du peuple, informé que le colonel de la garde royale, commandant le régiment qui occupait la cour du palais du duc d’Orléans, demandait quartier, s’avança presque seul au devant de lui, une casquette d’officier de marine au bout de son fusil. Après avoir entendu les propositions du colonel, il fit rendre les armes au poste de gendarmes de la place du Palais-Royal, se porta ensuite dans la rue Saint-Honoré, parvint à travers une grêle de balles au premier poste des troupes royales échelonnées dans cette rue et donna aux officiers communication des ordres de leur colonel, qui demandait la cessation des hostilités. A Paparan seul il fut permis de passer outre pour faire plus loin la même communication. Mais, arrivé dans la rue de l’Echelle, les gardes royaux postés à l’entresol le sommèrent de mettre bas les armes. Le sieur Paparan, préférant une mort certaine au déshonneur, refusant de se rendre, en répondant à leurs cris de Vive le roi ! par ceux de Vive la charte ! Alors se fit sur lui, après trois sommations, une décharge terrible, à bout portant, décharge à laquelle il échappa par un bonheur inouï. Le sieur Paparan revient, demi-heure après, monta dans la maison à la tête de dix hommes mais elle était déjà évacuée et enfin ne se retira que lorsque toutes les positions de la rue Saint-Honoré et autres rues adjacentes et du Palais-Royal furent abandonnées. » Il demeurait 1, rue de Montesquieu, chez Paquier, en 1830 ; 8, rue du Plâtre-Saint-Jacques en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278, idem in dossier Paparan, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement.