Verheye, François
Biographie
Né vers 1790 à Gand (Pays-Bas). Tailleur. Il fut blessé d’une plaie à la poitrine le 28 juillet à la Grève, fut transporté le 29 à La Pitié et y mourut le 31 juillet. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIIe arrondissement. Il laissait une concubine, Peill, Adélaïde, Etienne, femme Darmas, née le 30 avril 1788 à Paris, avec laquelle il avait vécu environ quinze ans, avait eu trois enfants dont seul restait un enfant âgé d’environ six ans et demi et infirme de la main droite depuis un abcès scrofuleux. L’enfant était déclaré sous le nom de Darmas, François, Marie. La concubine était elle-même infirme depuis une descente de matrice et son ex-mari lui fit un certificat comme quoi ils ne vivaient plus ensemble depuis longtemps et que l’enfant ne pouvait pas être de lui. Ce certificat était ainsi rédigé : « Je certifie que Adélaïde, Etienne Peille (sic), femme Darmas, ne reste plus avec moi depuis quinze ans par les différences de caractère et que nous ne pouvons accorder ensemble. Je certifie de plus et puis prouver que l’enfant n’est pas de moi et puis certifie que c’est bien le fils de François Vreille (sic), tué aux affaires mémorables du 27 juillet 1830, place de l’Hôtel-de-Ville à Paris. » Signé : Darmas, demeurant chez Delamarche, 20, rue du Colombier. Suivait l’apostille suivante : « Victoire Moreau certifie avoir accouché madame Darmas le 9 mars 1824 d’un enfant nommé François et le père nommé François Vreille (sic), tailleur, m’a attesté que l’enfant lui appartenait et qu’il ne le reconnaissait pas vu qu’il y avait empêchement à ce qu’il le fît. » Signé : Moreau, Victoire, demeurant 42, rue du Faubourg-Saint-Denis. Cette apostille était appuyée du certificat antérieur suivant : « Victoire Moreau, sage-femme rue Saint-Denis n° 299, certifie avoir accouché madame Darmas d’un enfant du sexe masculin. Elle est affectée depuis plusieurs années d’une descente de matrice ; elle est dans la plus grande peine ; elle réclame de votre bonté un pessaire en ivoire et une seringue pour injections. » Signé, le 7 février 1828 : Moreau, Victoire, demeurant 299, rue Saint-Denis. Elle fournit les certificats médicaux suivants : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, demeurant rue du Caire n° 5, certifie avoir donné des soins à la dame Darmas, affectée d’un relâchement des ligaments utérins, qui donne lieu à une descente de matrice telle que le col dépasse constamment les grandes lèvres lorsqu’elle ne porte pas de pessaire. Elle a fait usage d’un pessaire de caoutchouc ovale mais les mouvements de la marche l’empêchent de rester fixé ; le pessaire en ivoire convient, seul, mais la dame Darmas se trouve dans l’impossibilité d’en faire l’acquisition. » Signé, le 7 février 1828 : Méray, médecin, demeurant 5, rue du Caire. « Je, soussigné, docteur en médecine, demeurant rue Notre-Dame-de-Nazareth n° 20, certifie que le fils de la dame Darmas, âgé de six ans, porte à la main droite un abcès scrofuleux qui le mettra longtemps dans l’impossibilité de s’exercer à aucun travail manuel ; que cet enfant est à ma connaissance fils du sieur Verheye, mort des suites d’une blessure reçue le 28 juillet en combattant pour nos libertés et de la dame Darmas, qui en reste seule chargée et qui par-là se recommande à la générosité nationale. » Signé, le 1er octobre 1830 : Méray, médecin, demeurant 20, rue Notre-Dame-de-Nazareth. Elle fournit aussi les deux certificats suivants. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, habitants de la rue Poissonnière certifient qu’il est à leur connaissance que le nommé Verheye, François, tailleur, demeurant rue Poissonnière n° 27, a été blessé le mercredi 28 juillet dernier à la Grève et qu’il est mort le surlendemain à l’hospice de la Pitié près le Jardin des plantes ; qu’il laisse une femme et un enfant âgé de six ans et demi et infirme de la main droite et dont il était le seul soutien ; que quoiqu’il ne leur fut pas prouvé qu’il était le mari de la nommé Adélaïde, Etienne Peill, ils savent qu’il était avec elle depuis quinze ans et qu’il en a eu trois enfants dont deux sont décédés. Ils certifient en coutre que la conduite de ladite Peill a toujours été régulière. » Signé, le 4 août 1830 (pour les noms lisibles) : propriétaire, demeurant 28, rue Poissonnière ; Lengliné ; Briottet, demeurant 27, rue Poissonnière ; Bernier, propriétaire, demeurant 28, rue Poissonnière ; Peltier, propriétaire, demeurant 26, rue Poissonnière ; Fauchat, bottier, demeurant 21, rue Poissonnière ; Duris, épicier, demeurant 25, rue Poissonnière ; Prevel, demeurant 19, rue Poissonnière ; Cochet, demeurant 21, rue Poissonnière ; Grimprelle, demeurant 21, rue Poissonnière ; Leroy, propriétaire, demeurant 24, rue Poissonnière ; Rauch, demeurant 23, rue Poissonnière. Le second certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, habitants du quartier Poissonnière, certifions que la nommée Adélaïde, Etienne Peill a vécu maritalement pendant quinze ans consécutifs avec le nommé François Verheye, tailleur, mort par suite de blessures qu’il avait reçues le 28 juillet dernier sur la place de Grève, en défendant comme tous les autres citoyens les droits de la liberté. Certifions encore que pendant leur union ils ont eu trois enfants, dont deux sont morts et l’autre restant est infirme de la main droite, lequel enfant n’avait pour seul soutien que défunt son pauvre père. Certifions en outre que la veuve Verheye est elle-même infirme et qu’ils était tous deux inscrits sur les registres du bureau de bienfaisance. » Signé, le 7 août 1830 : Paillard, propriétaire, demeurant 27, rue Poissonnière ; Bernier, propriétaire, demeurant 28, rue Poissonnière ; Cerceau, marchand de vin, demeurant 340, rue Saint-Denis ; Carmel illisible, épicier, demeurant 332, rue Saint-Denis ; Méray, médecin, demeurant 20, rue Notre-Dame-de-Nazareth ; ...eynien, demeurant 319, rue Saint-Denis ; Peltier, propriétaire, demeurant 26, rue Poissonnière ; Dummi..., demeurant 47, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Trotrot, marchand tailleur, demeurant 38, rue Notre-Dame-des-Victoires, qui ajoutait : « Je certifie que M. Verheye a travaillé chez moi pendant plusieurs années, qu’il s’y est comporté comme un galant homme et dont je n’ai eu qu’à me louer. » Briottet, demeurant 27, rue Poissonnière ; Donnaut, électeur, demeurant 33, rue Poissonnière ; Huteau, demeurant 29, rue Poissonnière ; Leroy, propriétaire, demeurant 24, rue Poissonnière ; Fauchat, bottier, demeurant 21, rue Poissonnière ; Duris, demeurant 25, rue Poissonnière. Elle reçut (sous le nom de veuve Verhye) un secours de quatre-vingt-cinq francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle reçut (sous le nom de veuve Darmas) un secours de deux cents francs, le 3 août 1830 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. L’observation suivante était inscrite en face de son nom, sur le registre de la mairie : « Son mari tué ; trois enfants. » Sa demande de pension fut rejetée « la Commission ayant reconnu l’inconduite de cette femme ». Il lui fut accordé à l’enfant, à titre de cas exceptionnel d’orphelin, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Verheye demeurait 27, rue Poissonnière en 1830 ; la concubine à la même adresse en 1831. Le nom de Verheye (F. Verheye) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 47 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 52 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels d’orphelins, auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement, p. 97, liste nominative du IIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 (sous le nom de Darmas, François, Marie) ; Archives de Paris VD3 1-2, état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des cas exceptionnels auxquels il a été alloué des indemnités définitives, (ancien) IIIe arrondissement et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels d’orphelins (où il est cité deux fois, sans doute par erreur, la deuxième fois sous le seul nom de Darmas) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.