Verhiepe, Jean-Jacques, Joseph
Biographie
Fils de Verhiepe, Jacques, Philippe, aubergiste, et de Bellynck, Dorothée, Pélagie. Graveur. Il fut blessé le 29 juillet dans la construction d’une barricade, à la barrière des Sergents, au coin des rues Saint-Honoré et Croix-des-Petits-Champs. Il était le subrogé-tuteur de Gœusse, Marie, Thérèse, Sophie, fille de Deconinck, épouse Gœusse, Isabelle, Caroline (voir ce nom), décédée le 28 juillet boulevard du Temple d’un coup de feu reçu dans la poitrine. En 1835, quand, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, la Ville de Paris voulut doter et marier seize jeunes filles, choisies parmi les familles les plus méritantes (douze pour la Ville de Paris et quatre pour les arrondissements ruraux), Marie, Amélie Kesteloot, la sœur aînée de Marie, Thérèse, Sophie, devenue depuis la maîtresse de Verhiepe, était l’une d’elles. L’oncle de Marie, Amélie donna sur le compte du jeune homme les renseignements suivants : « Très bien établi, graveur sur bois de son état ; il occupe dans son atelier douze à quinze ouvriers. Il est porteur de certificats des premiers fabricants de papiers peints et d’indiennes de Paris, il a été lui-même blessé en juillet 1830 mais sa positon aisée en travaillant l’a mis hors de besoin ; il a laissé l’indemnité qu’il pouvait espérer à ceux qui en avait besoin. » La candidature ne fut pas retenue, sans doute à cause des renseignements controversés obtenus par la mairie sur Marie, Amélie : « Les renseignements recueillis sur la demoiselle Kesteloot, rue Bichat 17 bis et rue Notre-Dame-de-Nazareth n° 10, la représentent comme étant d’une bonne moralité. Dans cette dernière rue, elle avait prévenu qu’on viendrait prendre des informations sur son compte. Il paraît certain, néanmoins, que cette demoiselle qui habitait en premier lieu la rue Saint-Louis au Marais, y a eu des relations d’intimité assez publiques avec un nommé Benjamin, ouvrier ébéniste en pianos, des œuvres duquel elle est accouchée d’un enfant mâle, rue Meslay n° 48, quelques mois avant la révolution [le 8 novembre 1829, acte de naissance de Benjamin, déclaré par Foupault, Victoire, Eugénie, femme Gueron, sage-femme, demeurant 1, rue Saint-Claude ; témoins Blanquet, fruitier, demeurant 46, rue Meslay, et Perrotin, concierge, demeurant 48, rue Meslay, N.D.A.]. Sa mère, guidée par le portier de cette maison, a porté cet enfant à l’hospice de la Bourbe. Très peu de temps après la mort de sa mère, la demoiselle Kesteloot recevait d’une manière trop ostensible deux militaires, qu’elle faisait passer pour ses cousins. Elle avait aussi des intimités avec un graveur sur bois pour les planches des teinturiers. On prétend qu’en quittant la rue Meslay, elle est allée vivre maritalement avec lui rue de la Roquette. Elle en a eu deux enfants, dont un est mort. Elle portait, dit-on, le nom de ce graveur. » Ces renseignements furent, en tout cas, la cause de la lettre suivante, adressée au maire du (ancien) VIe arrondissement par Verhiepe, le 29 juin 1835 : « Monsieur le maire, J’ai appris par M. Léger les renseignements que vous avez eus sur le compte de Mlle Kesteloot. Je ne m’en suis pas tenu à ce que M. Léger m’a dit, mon honneur se trouve trop compromis. J’ai été moi-même chez plusieurs de ses ancienne connaissances. Je savais en effet que Mlle Kesteloot avait eu un enfant mais je ne savais pas que cet enfant a été placé, elle non plus ne le savait pas j’en ai la certitude. Le malheur est très grand sans doute mais une demoiselle jeune à Paris sans expérience, il est facile d’en abuser. Si c’est, monsieur le maire, le motif pour lequel nous ne puissions pas être mariés sur mon honneur je veux qu’il soit réparé de suite en retirant cet enfant d’où il est. Je paierai tout ce qu’il faudra et le reconnaîtrai pour le mien. Voilà ce que ma conscience dit de faire pour Mlle Kesteloot. A présent, monsieur le maire, si vous savez qu’elle a commis une autre faute qu’avec moi, je l’abandonnerai complétement non pas sans un profond chagrin, je sous l’assure. Mais pour vous faire voir que je ne veux pas son malheur je vous joints cinq cents francs, dont trois cents francs en argent et deux cents francs en effets de commerce, le tout pour les grands soins que Mlle Kesteloot m’a prodigués pendant ma longue maladie du choléra que je fis dans la rue de la Roquette. Voici les noms de mes plus proches parents : M. Bellynck, commissaire-priseur, M. Bellynck, rentier à Bergues et à Dunkerque, M. Biron, adjudant de place à Dunkerque. Jugez, monsieur le maire, si, avec de tels parents, je puis (illisible) une femme de mauvaise conduite. » Il demeurait 53, rue de la Roquette en 1831 ; 6, rue Neuve-Sanson en 1835. Archives de Paris VD6 352 n° 1, 1835, candidats qui se présentent pour être dotés à l’occasion des fêtes de Juillet.