Vernon de, Edouard

Biographie


Né le 6 février 1810 au château de Cheffontaines (Finistère). Gilliard, Charles et Bernard, Alphonse, Hippolyte, dans leur lettre qu’ils écrivirent à la Commission des récompenses nationales pour faire valoir leur propres droits, donnent les indications suivantes sur la participation de Vernon de, Edouard aux combats de Juillet : « Ils (eux-mêmes, N.D.A) ont fait partie de la compagnie qui dans la matinée du 29 juillet, s’étant formée au manège de la rue Cadet, s’est portée à la rue Saint-Honoré par la rue de Richelieu, où, en soutenant pendant quatre heures le feu des Suisses et des gardes royaux, elle les a successivement débusqués du Théâtre-Français et de toutes les maisons formant les encoignures des rues de Richelieu, Saint-Honoré, de Rohan, de l’Echelle, Traversière, du Rempart et autres. Ils ont non seulement, dans cette circonstance, payé leur dette à la patrie mais encore à l’humanité. Gilliard, qui avait vu tomber ses voisins de droite et de gauche, pansa lui-même l’officier qui le commandait, M. Edouard de Vernon, atteint d’une balle à la hanche. Bernard, au moment de la prise du Théâtre-Français, empêcha un de ses frères d’armes de tirer sur les Suisses et les gardes royaux qui fuyaient après avoir rendu leurs armes. Tous deux ont reconduit chez eux M. Edouard de Vernon, pour le remettre entre les mains de sa mère. » Les trois frères de Vernon témoignèrent en faveur de ces deux hommes auprès de cette même Commission. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Nommé sous-lieutenant officier de cavalerie au 1er régiment de hussards, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, il sollicita son indemnité de première mise en équipement. Il signa un certificat en faveur de Gérante, Antoine, Claude, pour attester que ce dernier avait servi sous ses ordres, en qualité de volontaire depuis le 27 juillet jusqu’au 19 août 1830. Il signa un certificat en faveur de Roizard, Edme, Léger, comme quoi ce dernier s’était « comporté pendant les deux jours d’une manière à acquérir l’estime de ses concitoyens par sa bravoure et son patriotisme » et qu’il méritait « sous tous les rapports, de participer aux récompenses nationales ». Il apostilla, comme « commandant des volontaires d’honneur », la demande de récompense présentée par Lejeune, Jean-Baptiste, en certifiant que ce dernier s’était toujours comporté de manière « à mériter des éloges par son courage et son patriotisme ». Il signa comme « commandant de la compagnie des volontaires d’honneur du Palais-Royal » le certificat suivant en faveur de Dagoumel, Etienne (voir ce nom) : « Je déclare que M. Etienne Dagoumel a combattu pendant les affaires des 27, 28 et 29 juillet avec un courage qui mérite le plus grand éloge et que partout où il y avait quelque danger il s’empressait d’y courir et remplissait les fonctions d’officier d’une manière distinguée. En lui continuant ce grade, on récompenserait un brave et le gouvernement s’attacherait un homme recommandable sous tous les rapports. » Il signa, en qualité d’officier dans la garde municipale, le 10 août 1830, le certificat suivant en faveur de Delaup, Vitor : « Je, soussigné, commandant de la compagnie des volontaires d’honneur (compagnie du 29 juillet), certifie que Victor Delaup a mérité par une conduite aussi brave que noble et un patriotisme à toute épreuve la bienveillance des ses concitoyens. » Il signa le certificat suivant en faveur de Gauthier, louis : « J’atteste que le nommé Gauthier, Louis, était depuis le 27 juillet dans la compagnie qui a fait le service au palais du roi jusqu’au 7 septembre 1830. » Il signa, le 9 avril 1831 et comme « commandant la compagnie », le certificat suivant en faveur de Rieu, Paul, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Rieu, Paul, s’est distingué dans les journées de Juillet et qu’il a servi avec zèle pendant tout le temps qu’il a été sous nos ordres dans la compagnie de volontaires du 29 juillet au Palais-Royal. » Dans sa lettre d’introduction en faveur de Schoen, Eugène, Benoît, auprès de la Commission des réclamants, Jeanne, Eugène, Charles, Prosper (voir ce nom) avançait le nom des frères Vernon, officiers dans la garde municipale comme des personnes auxquelles on pouvait demander des renseignements sur Schoen. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il était le frère de Théobald de Vernon. Il était caserné à la caserne Saint-Martin en 1831. Sa mère demeurait 2, rue Sainte-Hyacinthe-Saint-Michel en 1831 ; lui-même 115, rue de Richelieu en 1831 in Archives nationales F/1dIII/39. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Bernard, Alphonse, Hippolyte ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Gérante, Antoine, Claude, idem in dossier Dagoumel, Etienne ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Gilliard, Charles ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Lejeune, Jean-Baptiste ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Delaup, Victor ; Archives de Paris VK3 45 in dossier Gauthier, Louis ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/78 ; Archives nationales F/9/1156 in dossier Roizard, Edme, Léger ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Rieu, Paul ; Archives de la préfecture de police AA 413 in dossier Schoen, Eugène, Benoît. Voir peut-être Vernon de, Ed ? In Archives nationales F/1dIV/V/3 Récompenses honorifiques, de Vernon, commandant en second de l’Ecole polytechnique, peut-être est-ce le père... vérifierSi c’est bien le même : Rumigny, aide de camp du duc d’Orléans, notait dans son carnet, le 2 août 1830 : « Je viens de faire venir au Palais [-Royal], pour le garder, une troupe d’ouvriers commandés par deux frères : MM. De Vernon. Je trouve qu’ils ont l’air de brigands ; leurs gens sont en haillons. Ils étaient à la Bourse pendant le combat des trois jours. Ils s’en sont emparés. Je les ai demandés à Carbonel, aide de camp du général Lafayette, dans une visite que je lui ai faite ce matin. Avec des ouvriers mal armés et qui effraient par leur tournure passablement horrible, je vais faire une police plus sévère qu’avec les meilleurs soldats du monde. Ce sont les vainqueurs du jour ! J’ai fait arrêter un misérable qui voulait proclamer la république. Mes chers ouvriers lui ont donné une raclée de coups de poing conditionnées. S’il avait fait résistance ils l’auraient mis en pièces sans pitié. » Et le 5 août : « Hier nous avons eu des péroreurs dans la cour du Palais. Un jeune homme parlait avec une rage incroyable contre la royauté, lorsque des ouvriers armés qui gardaient le Palais-Royal s’en sont approchés et l’ont tiré par la jambe. L’orateur est tombé du haut de sa borne sur le pavé ; il s’est à peu près brisé le crâne. Je l’ai fait enlever et porter à l’hôpital où il est mort en arrivant. Personne que moi ne s’est ému de l’accident, j’ai entendu dire en riant dans les groupes : “Encore un bavard de moins !” » Souvenirs du général comte de Rumigny, aide de camp du roi Louis-Philippe (1789-1860), Paris, Frères éditeurs, 1921, p. 240-241.

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