Vernon de, Napoléon, Gustave
Biographie
Né le 7 janvier 1805 à Bohars (Finistère). Gilliard, Charles et Bernard, Alphonse, Hippolyte, dans leur lettre qu’ils écrivirent à la Commission des récompenses nationales pour faire valoir leur propres droits, donnent les indications suivantes sur la participation des frères de Vernon aux combats de Juillet : « Ils (eux-mêmes, N.D.A) ont fait partie de la compagnie qui dans la matinée du 29 juillet, s’étant formée au manège de la rue Cadet, s’est portée à la rue Saint-Honoré par la rue de Richelieu, où, en soutenant pendant quatre heures le feu des Suisses et des gardes royaux, elle les a successivement débusqués du Théâtre-Français et de toutes les maisons formant les encoignures des rues de Richelieu, Saint-Honoré, de Rohan, de l’Echelle, Traversière, du Rempart et autres. Ils ont non seulement, dans cette circonstance, payé leur dette à la patrie mais encore à l’humanité. Gilliard, qui avait vu tomber ses voisins de droite et de gauche, pansa lui-même l’officier qui le commandait, M. Edouard de Vernon, atteint d’une balle à la hanche. Bernard, au moment de la prise du Théâtre-Français, empêcha un de ses frères d’armes de tirer sur les Suisses et les gardes royaux qui fuyaient après avoir rendu leurs armes. Tous deux ont reconduit chez eux M. Edouard de Vernon, pour le remettre entre les mains de sa mère. » On trouve dans le dossier Vaillant, Saint Etienne, un démenti de la participation de ce dernier aux combats, ainsi rédigé et qui éclaire sur la participation des frères de Vernon ; ce démenti était ainsi rédigé : « M. Vaillant n’assistait pas à la prise des Tuileries puisque la colonne de M. Vernon, Gustave, Napoléon, dans laquelle servaient les deux frères de M. Vernon, n’est arrivé dans la rue de Richelieu que fort tard et qu’elle ne pouvait traverser la rue Rohan ou Saint-Nicaise pour se porter aux Tuileries. D’ailleurs M. Vaillant, quoique de la colonne de M. Vernon, ne prouve pas par cela seul s’être distingué. » Les trois frères de Vernon témoignèrent en faveur de ces deux hommes auprès de cette même Commission. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le 19 décembre 1830, sur le rapport de la Commission des récompenses nationales, il fut compris dans la liste des cent neuf citoyens nommés au grade de sous-lieutenant (dans la proportion de deux par régiment), pour s’être « particulièrement distingués dans les journées de juillet ». Il fut affecté au 6e régiment de hussards. Il prêta, le 25 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet (sous le nom de De Vernon, Gustave, Napoléon), nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il fit partie des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, choisis pour composer la délégation de décorés présente à la cérémonie d’inauguration de la colonne de la Bastille. Il demeurait 2, rue Sainte-Hyacinthe-Saint-Germain en 1831. Le Moniteur universel, 20 décembre 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1 (sous le nom de Vernon, Gustave, Napoléon), idem liste des décorés de la Croix de Juillet dans le (ancien) XIe arrondissement qui ont prêté le serment prescrit par l’ordonnance, députation de la Bastille, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Gilliard, Charles ; Archives de Paris VK3 54, idem in dossier Vaillant, Saint Etienne ; Archives nationales F/1dIII/33 état des sous-lieutenants nommés sur la présentation de la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Devernon, Gustave) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement. Si c’est bien le même : Rumigny, aide de camp du duc d’Orléans, notait dans son carnet, le 2 août 1830 : « Je viens de faire venir au Palais [-Royal], pour le garder, une troupe d’ouvriers commandés par deux frères : MM. De Vernon. Je trouve qu’ils ont l’air de brigands ; leurs gens sont en haillons. Ils étaient à la Bourse pendant le combat des trois jours. Ils s’en sont emparés. Je les ai demandés à Carbonel, aide de camp du général Lafayette, dans une visite que je lui ai faite ce matin. Avec des ouvriers mal armés et qui effraient par leur tournure passablement horrible, je vais faire une police plus sévère qu’avec les meilleurs soldats du monde. Ce sont les vainqueurs du jour ! J’ai fait arrêter un misérable qui voulait proclamer la république. Mes chers ouvriers lui ont donné une raclée de coups de poing conditionnées. S’il avait fait résistance ils l’auraient mis en pièces sans pitié. » Et le 5 août : « Hier nous avons eu des péroreurs dans la cour du Palais. Un jeune homme parlait avec une rage incroyable contre la royauté, lorsque des ouvriers armés qui gardaient le Palais-Royal s’en sont approchés et l’ont tiré par la jambe. L’orateur est tombé du haut de sa borne sur le pavé ; il s’est à peu près brisé le crâne. Je l’ai fait enlever et porter à l’hôpital où il est mort en arrivant. Personne que moi ne s’est ému de l’accident, j’ai entendu dire en riant dans les groupes : “Encore un bavard de moins !” » Souvenirs du général comte de Rumigny, aide de camp du roi Louis-Philippe (1789-1860), Paris, Frères éditeurs, 1921, p. 240-241.