Vicaire, Michel
Biographie
Ancien lieutenant au 7e léger. Il planta le drapeau tricolore au palais des Tuileries, le 29 juillet vers 13 h 30 et ordonna de sonner le tocsin, selon un certificat de notoriété délivré en faveur de Notin, Pierre. La France nouvelle, nouveau journal de Paris du 9 août 1830, relatant la participation d’Ollive Dubrœil à la révolution, nous renseigne que ce dernier fut « l’un des premiers, […] avec le nommé Vicaire, ancien officier au 7e léger, à enfoncer la porte de communication de la galerie des tableaux dans l’intérieur des Tuileries ». Il était le beau-frère de Masse, François, Marie, Joseph et le récit des circonstances dans lesquelles Masse devint fou après les événements de Juillet laisse quelques indications sur Vicaire lui-même. Ce récit était ainsi rédigé : « […] Le jeudi, ce fut lui le premier qui fit les barricades dans sa rue ; dans l’après-midi, une fausse alerte eut lieu ; alors il sortit comme un furieux, criant de toutes ses forces Montez des pavés dans les maisons et il rentra de suite en disant Nous sommes tous perdus. Quelque temps après, le capitaine Vicaire, son beau-frère, rentra ; il venait de poser le drapeau aux Tuileries. Il lui dit qu’il avait traversé le feu avec huit autres, dévoués comme lui ; qu’ils trouvèrent en entrant un gardien, décoré de la Légion d’honneur, qui, s’adressant à lui, le pria de ne pas lui faire de mal ; auquel il répondit Soyez tranquille mon brave, vous n’êtes pas avec des assassins mais avec des amis, des Français qui défendent leurs droits. Ils lui demandèrent le chemin du dôme et il les fit passer par la salle des Maréchaux ; ils y arrivèrent, mais la porte était fermée. Un d’eux la frappa de toutes ses forces sans pouvoir l’ouvrir. Le capitaine Vicaire lui demanda la hache et voulant faire aigre, il cassa le manche. Voyant cela il se coucha sur le dos et frappa des pieds, avec tant de force que la serrure sauta sur les cloches. Ils montèrent alors et posèrent l’étendard de la liberté. Il demanda à ceux qui étaient avec lui de se donner les noms, les adresses mutuellement mais soit crainte de se compromettre soit qu’ils ne réfléchirent que ce pouvait être utile ils ne voulurent pas le faire. Il prit alors une pièce de monnaie et écrivit son nom sur le plomb du dôme. Il dit encore qu’il avait maintenu l’ordre autant qu’il avait pu et qu’il avait fait remettre en place des glands dont un individu s’était fait une ceinture. Nous ne sommes pas venus ici pour voler, dit-il à ceux qui l’entouraient. Tout ce qu’il y a au château appartient à la France et nous devons le respecter. Après ce récit, M. Masse manifesta le plaisir d’y aller ; le frère, ne connaissant pas sa position, l’y mena ; il monta vers le drapeau. Dans ce moment, les troupes qui étaient aux Champs-Elysées firent un mouvement. Il crut qu’elles revenaient charger sur le château. Bon père de famille, sa femme, ses enfants se présentèrent à son imagination. Croyant sa mort certaine, il se frappa et rentra quelque temps après totalement aliéné. Tels sont les faits qui l’ont amené dans la situation déplorable où il se trouve, laissant une femme, trois enfants dans une position bien critique, et sa boutique livrée entre les mains des garçons. » La France nouvelle, nouveau journal de Paris, 9, 10 août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/66 in dossier Masse, François, Marie, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/69, in dossier Notin, Pierre. Voir sans doute idem que le suivant ?