Vieux, Jean-François
Biographie
Né le 9 mai 1786 à Versailles (Yvelines), de Vieux, Dominique, fruitier, et d’Adnet, Marie, Claude, Cécile, son épouse. Ancien militaire pensionné de cent francs annuels. Serrurier en voitures. Il fut blessé d’un coup de feu à la poitrine, le 28 juillet alors qu’il combattait contre la garde royale dans le faubourg Saint-Denis près de la rue Saint-Jean. Il mourut des suites de sa blessure le 4 août suivant à l’hospice Dubois, rue du Faubourg-Saint-Denis, où il avait été transporté. Il fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Saint-Denis. Le 4 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIe arrondissement, comparurent : Letuirot, Jean, Prosper illisible, marchand de vin, demeurant 80, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Deshaye, Pierre, cardeur de matelas, demeurant 88, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Albespeyres, apothicaire, demeurant 84, rue du Faubourg-Saint-Denis. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Vieux, Jean-François et savoir qu’il avait « été atteint d’un coup de feu vers 5 heures du soir, le jeudi 28 juillet dernier en combattant contre la garde royale pour la cause de la liberté, rue du Faubourg-Saint-Denis près la rue Saint-Jean ; qu’il a été transporté par les soins de M. Albespeyres, pharmacien, à l’hospice de M. Dubois et qu’il est mort le 4 août suivant des suites de ce coup de feu ». Il laissait une veuve, Delle, Suzanne, Alexandrine, née le 23 août 1781 à Orléans (Loiret), qu’il avait épousée le 17 mai 1817 à la mairie du (ancien) Ve arrondissement de Paris ; sur l’acte de mariage, Vieux, Jean-François est indiqué comme le fils de feu Vieux, Dominique, décédé le 17 ventôse an IV à Paris (ancien) IXe arrondissement, et de Adnet, Marie, Claude, Cécile, remariée à Dehayes, Pierre (sic), cardeur de matelas ; Delle, Suzanne, Alexandrine est indiquée la fille de feu Delle, Pierre, François décédé le 25 vendémiaire an VI à Orléans, époux de Menard, Marie, Catherine, et de feue Badier, Suzanne décédée le 14 février 1791 à Orléans, comme sans profession, comme demeurant 88, rue du Faubourg-Saint-Denis. Le mariage légitima la filiation de deux enfants : Jean-Baptiste, né le 21 février 1814 et Victoire, Mathurine, née le 13 novembre 1815. La veuve reçut un secours de cent quarante francs en août, un autre de la même somme et un dernier de cent vingt francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait quatre enfants, qui furent pensionnés et il lui fut aussi accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : tous nés à Paris, Jean-Baptiste, le 21 février 1814 (par erreur le 22 février 1814 in Archives nationales F/1dIII/38 B), Victoire, Mathurine, le 13 novembre 1815 (par erreur le 14 novembre 1815 in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 B), Charles, Augustin, le 2 juin 1817, Joseph, Alphonse, le 9 mars 1820 (par erreur le 10 mars 1820 in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 B). Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Delacroix, François, fabricant de jouets d’enfant, subrogé-tuteur, demeurant 15, rue Greneta en 1831. En 1831, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Victoire, Mathurine : « Les moyens de cette famille ont permis que cette orpheline reçoive une éducation convenable à sa position. » Elle se destinait à l’état d’ouvrière en dentelles. Charles, Augustin était apprenti arquebusier en 1831, et, en 1832 , son bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son égard qu’il était docile, ajoutant : « Ce jeune homme est fort aimé de son maître d’apprentissage ; il est excellent sujet et fera un bon ouvrier, il apprend son état avec zèle. » Puis : « Ce jeune homme a de l’intelligence et de la bonne volonté. Il est un peu lent, cependant son travail est toujours assez bien soutenu, il travaille la lecture et l’écriture. » En 1832, Victoire, Mathurine avait été mariée et dotée par le roi à l’occasion de la princesse Louise avec le roi des Belges. En 1832, Joseph, Alphonse était jugé intelligent, studieux et obéissant dans son bulletin individuel de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet, qui précisait : « Il appartient à une famille pauvre mais honnête. » La même année la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Joseph, Alphonse : « La commission s’est préalablement assurée que cet orphelin était placé par sa famille dans une bonne pension et qu’il ne pourrait être mieux sous tout autre surveillance que celle de sa mère. » En 1838, Joseph, Alphonse était destiné au commerce et placé chez son frère, limonadier. Le 24 juillet 1840, les restes de Vieux furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Vieux demeurait 88, rue du Faubourg-Saint-Denis, avec sa mère et son beau-père, en 1817 ; 81, rue de Chabrol-de-Volvic à La Chapelle-Saint-Denis ; sa veuve, même adresse en 1831 ; 398, rue Saint-Denis ou carré Saint-Denis près de la rue Sainte-Apolline en 1831. Le nom de Vieux (J.-F. Vieux) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 47 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 52 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 42 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 42-43 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Saint-Denis, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) XIIIe arrondissement, orphelines du (ancien) XIIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, arrondissement de Saint-Denis, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 arrondissement de Saint-Denis ; année 1839 arrondissement de Saint-Denis), F/1dIII/78 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 86, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.